Image d'archives © TF1/LCICe sont quelques lignes publiées dans le Journal du Dimanche au sujet de récentes séquestrations menées par des salariés face aux plans sociaux. "Ce n'est pas agréable d'être retenu, et c'est illégal de priver quelqu'un de sa liberté de mouvement". Les mots sont ceux de Ségolène Royal, qui estime dans ces mêmes pages que "les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue : ce discours dominant qui demande aux salariés de subir, et de disparaître en se taisant, d'être licenciés sans faire d'histoire ni de bruit". Ce sont quelques lignes qui ont déclenché une volée de bois vert à l'encontre de l'ex-candidate à la présidentielle. L'UMP de l'accuser de justifier, voire d'attiser les violences sociales.
"Propos tout simplement inadmissibles", a immédiatement lancé Xavier Bertrand, le patron de l'UMP, et ancien ministre du Travail, accusant Ségolène Royal de "mettre de l'huile sur le feu". Même colère du porte-parole du parti présidentiel Frédéric Lefebvre, qui a accusé la socialiste -ainsi que François Bayrou Laurent Fabius et Martine Aubry- de vouloir "surfer sur les angoisses des gens, dans l'espoir d'en tirer profit au plan politique et sans se soucier de contribuer ainsi à excuser l'inexcusable".
Le "double amalgame"
Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a lui parlé de déclaration "proprement irresponsable", appelant "tous les partis" à condamner les actes de violence, à Strasbourg, en Corse ou en marge de la crise économique et sociale. Alors que le PS est souvent accusé de "courir derrière" l'extrême-gauche et notamment le Nouveau parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot, Ségolène Royal a répliqué en accusant notamment Bernard Accoyer de "double amalgame".
Récusant le rapprochement avec les violences à Strasbourg et Bastia, "que tout le monde ne peut que condamner", elle souligne avoir dit dans le même entretien "ne prédire ni ne souhaiter une insurrection sociale". "Ce que je critique, c'est l'absence parfois incroyable de dialogue social dans notre pays", poursuit-elle, estimant que "l'absence de respect, bref le mépris, sont bien porteurs de violences et d'actes illégaux".
Un de ses proches, l'eurodéputé socialiste Vincent Peillon, a lui aussi assuré qu'il ne s'agissait pas pour l'opposition "d'attiser" la crise sociale. "Je ne crois pas que nous attisions. Je ne crois pas que de la crise sociale sorte quelque chose de positif, souvent c'est la réaction, le conservatisme, la peur, l'ordre", a-t-il déclaré. Il a toutefois estimé que le manque de dialogue pouvait mener à "une situation où ces gens se disent 'j'utilise les choses telles qu'elles fonctionnent' et si on regarde, chaque fois qu'il y a eu dans les Landes, à la Fnac, des actions de cette nature, après les négociations commencent; donc il y a aussi un problème du côté de ceux qui sont en charge du côté des entreprises comme des pouvoirs publics de l'intérêt général".
(D'après agence)
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