© TF1"Il y a aujourd'hui un risque révolutionnaire en France", affirmait récemment Dominique de Villepin. Venant de la part d'un ancien chef du gouvernement, cette remarque a été abondamment commentée. Et le Journal du Dimanche est allé poser la question à Martine Aubry. Laquelle ne l'évacue pas, ne la minimise pas et prend la mesure de la "colère" ambiante... même si la situation est aujourd'hui très différente de ce qu'elle était en 1968. De risque révolutionnaire, il n'y a donc pas, affirme la Première secrétaire du Parti socialiste, "mais la colère est partout, dans les entreprises, les universités, les hôpitaux, les quartiers".
Selon elle, "nous assistons à la crise d'un système. C'est tout le modèle qu'il faut repenser". Et le malaise est largement accru, selon elle, par l'attitude du chef de l'Etat : "Le président n'écoute personne : ni l'opposition comme le fait Obama, ni les syndicats qu'il reçoit pour leur dire : j'ai raison. Quand on a l'impression d'être méprisé, d'autres formes d'expression surgissent, plus violentes. On ne peut que le regretter".
"Les salariés n'acceptent pas le deux poids, deux mesures"
Ainsi, à propos des salariés de Continental qui ont saccagé le 21 avril des bureaux de la sous-préfecture de Compiègne après le rejet par le tribunal de Sarreguemines de leur demande de suspension ou d'annulation de la fermeture de l'usine de Clairoix, Martine Aubry estime "qu'en période normale, des poursuites seraient justifiées, mais aujourd'hui, il faut comprendre cela comme un geste de désespérance et calmer le jeu". Et de mettre en garde : "Il n'y a pas d'ordre sans justice. Les salariés n'acceptent pas le deux poids, deux mesures", entre "les parachutes dorés" des uns et "les licenciements" des autres.
Pour autant, et sans évoquer de "risque révolutionnaire", même une réédition des troubles de mai 68 ne semble pas à l'ordre du jour pour la patronne du PS : "Chaque période historique est différente, on n'est pas en mai 1968. A l'époque, la colère est partie des facs, contre une société bloquée, trop autoritaire. Elle s'est ensuite étendue au mouvement social. Aujourd'hui, le mouvement part des salariés, des retraités et des agents des services publics. Une fois de plus, ils seront dans la rue le 1er mai et les socialistes seront à leurs côtés".
D'après agence
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