René Monory (à droite) en juin 2006 à Roland-Garros © www.abacapress.comRené Monory, qui était depuis longtemps malade, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à Loudun, dans la Vienne, dans sa maison de famille. Il avait 86 ans. La santé de cet ancien ministre centriste et ancien président du Sénat s'était gravement détériorée depuis 2007. Il avait notamment été hospitalisé pour une occlusion intestinale, et, il y a un an, pour des graves problèmes respiratoires. Ses obsèques auront lieu jeudi matin à Loudun.
Né le 6 juin 1923 à Loudun, René Monory était entré au gouvernement en 1977 en tant que ministre de l'Industrie. Il s'est ensuite vu confier le ministère de l'Economie, de 1978 à 1981, dans les gouvernements de Raymond Barre. De 1986 à 1988, dans le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, il a été en charge l'Education nationale. Il a ensuite présidé le Sénat de 1992 à 1998. Il est par ailleurs considéré comme le "père" du Futuroscope, le parc de loisirs situé près de Poitiers.
Le "père" du Futuroscope
Nicolas Sarkozy a salué samedi la mémoire de René Monory, en soulignant que "sa carrière, à l'image de sa vie, s'était inscrite dans le respect intransigeant des valeurs humanistes". Un humanisme qui, selon le chef de l'Etat, "s'exprima non seulement dans sa conception de l'homme qu'il plaçait au coeur de l'action publique, mais également dans sa conviction de la nécessité d'offrir à ses contemporains la possibilité d'accéder au plus vaste savoir". Evoquant son parcours "d'autodidacte d'origine modeste, apprenti garagiste à 15 ans et travailleur acharné" qui "gravit un à un les échelons de la méritocratie républicaine", le chef de l'Etat a encore souligné : "Son humanisme social s'exprima dans ses fonctions ministérielles et parlementaires, notamment dans la loi toujours en vigueur qui porte son nom et qui fut la première à comporter des mesures spécifiques visant à encourager l'actionnariat salarié".
François Fillon a lui exprimé sa "très grande tristesse" et a salué "le parcours exceptionnel d'un homme d'origine modeste dont le talent et la volonté lui ont permis de servir dans de nombreux mandats électifs". Michèle Alliot-Marie a "salué en lui l'élu local profondément attaché à son département, pionnier de la décentralisation, qui a tant oeuvré pour la Vienne". Valérie Pécresse a rendu "hommage à la mémoire de l'ancien ministre de l'Education nationale, très attaché tout au long de son parcours politique aux questions d'éducation et de formation des jeunes". Le président du Sénat, Gérard Larcher, a qualifié pour sa part de "visionnaire" son prédécesseur à la présidence de la Haute assemblée, qui "insuffla" au Sénat "l'esprit de modernité qui le caractérisait et l'avait amené à faire jaillir le Futuroscope des terres agricoles de la Vienne".
François Bayrou a souligné que chez l'ancien président centriste du Sénat, "la liberté de penser se mariait avec la force de l'action". L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, chef de l'Etat lorsque René Monory détenait le portefeuille de l'Economie, a salué sur RTL la mémoire "d'un homme qui avait un très grand jugement, une très grande clarté d'esprit, qui cherchait à bien comprendre, qui avait un langage très direct". "René Monory aura, tout au long d'une brillante carrière marquée par la promotion au mérite, fait preuve d'action et d'imagination et défendu avec clairvoyance les intérêts de la France et des Français", a réagi l'ancien président Jacques Chirac.
D'après agence
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