Accoyer © TF1/LCILa colère de Bernard Accoyer est d'autant plus significative que le président de l'Assemblée nationale, pourtant peu habitué à taper du poing sur la table, a choisi de se faire entendre à travers un entretien accordé à Libération. "Préoccupé" par la tension rampante gauche-droite au sein de l'hémicycle, il exhorte les députés UMP et leur chef de file, Jean-François Copé, à ne pas "toucher à l'équilibre" de sa réforme du règlement du Palais-Bourbon. Et le président UMP de l'Assemblée renvoie dos à dos la majorité et l'opposition, qu'il juge co-responsables des débats actuellement "tendus, souvent agressifs et parfois violents".
Si l'opposition a "tendance à privilégier une stratégie de durcissement des débats", il s'en prend ainsi également aux députés UMP et, sans le citer, au président de leur groupe : "des loupés (...) ont créé de l'incertitude quant à la réalité du fait majoritaire. Certains ont donc eu tendance à user d'une expression plus vive". Surtout, il en appelle à des gestes d'apaisement alors que les députés entament mardi l'examen, qui s'annonce des plus houleux, de la réforme du règlement de l'Assemblée consécutive à la révision constitutionnelle de juillet 2008, censée conférer davantage de pouvoirs au Parlement.
Brice Hortefeux tancé
"Je regrette que la commission des Lois ait remis en cause la liberté de temps de parole des présidents de groupe (...) C'est une des dispositions à laquelle je suis le plus attaché et je souhaite qu'elle soit rétablie", prévient Bernard Accoyer. Cette décision de la commission a été prise via un amendement de Jean-François Copé. Les présidents de groupe "doivent, à mon sens, avoir toute latitude pour exposer la position de leur groupe et, le cas échéant, ramener le calme dans leurs rangs quand cela est nécessaire", ajoute le député de Haute-Savoie.
"De même, je trouverais regrettable que seule la majorité simple et non la majorité des 3/5e, comme je le préconise, soit retenue pour s'opposer à une commission d'enquête dans le cadre du droit de tirage accordé aux différents groupes. Si tel était le cas, cela reviendrait à donner au seul groupe majoritaire le pouvoir de décision. Toucher à l'équilibre de ma réforme est dangereux", souligne-t-il encore. Il regrette en outre que la commission des Lois ait adopté un dispositif "moins dissuasif quant à l'usage de la procédure accélérée", qui permet au gouvernement de limiter les débats sur un texte à une seule lecture par chambre. "A mon sens", ce n'est "pas compatible avec un travail législatif de qualité", insiste Bernard Accoyer.
Il rappelle également à l'ordre le ministre du Travail, Brice Hortefeux, en soulignant qu'il "ne revient pas à un ministre d'annoncer la tenue d'une session extraordinaire". Et rappelle : "C'est une prérogative exclusive du chef de l'Etat qui, en règle générale, consulte les présidents des deux assemblées". Une remarque applicable au secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, qui a lui aussi annoncé fin avril qu'il y aurait une autre session extraordinaire du Parlement, en septembre cette fois.
D'après agence
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