© Regis Duvignau/ReutersAlors que les chiffres de la croissance au premier trimestre 2009, qui seront publiés vendredi, devraient marquer officiellement l'entrée de la France en récession, le Premier ministre François Fillon prévoit que le marché de l'emploi "continuera de se dégrader" en France en 2009 mais "qu'après l'été la hausse du chômage ralentira". "Je sais simplement que le marché de l'emploi continuera de se dégrader en France comme dans toutes les économies développées en 2009, mais nous n'avons aucune prévision suffisamment fiable sur le comportement des agents économiques pour savoir à quel rythme", déplore le Premier ministre dans un entretien au Figaro à paraître jeudi. "Je pense que jusqu'à l'été la pression sur les restructurations restera très forte mais qu'après l'été la hausse du chômage ralentira", poursuit-il.
Interrogé sur le climat social qui règne dans le pays, François Fillon juge "normal qu'il soit tendu dans une période aussi difficile que celle que nous traversons actuellement". "Mais je constate que le sens de la responsabilité l'emporte chez les partenaires sociaux : chacun a compris que les manifestations et les grèves ne relanceraient pas l'économie et que les séquestrations des chefs d'entreprise pouvaient avoir des effets désastreux sur l'attractivité française et pour les salariés", poursuit-il. "A part quelques extrémistes qui défendent un autre modèle de société, tout le monde s'est comporté de façon responsable", estime encore François Fillon.
Pas d'augmentation d'impôts
Concernant l'amélioration à venir de la situation économique, François Fillon estime que "nous ne sommes à l'abri de nouveaux à-coups" économiques. "En France, l'inflation est très basse, la consommation résiste bien et les banques demeurent solides. Ce sont des signaux encourageants, mais rien n'est encore gagné et nous ne sommes pas à l'abri de nouveaux à-coups", déclare le Premier ministre. Il relève également que "la situation est compliquée en Europe, qui devrait, selon les experts, enregistrer une récession moyenne de 4% avec des pays à -6% comme l'Allemagne et d'autres autour de - 3% comme la France". Récemment François Fillon avait reconnu qu'un recul de 2,5% était "aujourd'hui probable" en France.
Quant aux finances publiques de la France, François Fillon affirme que "pour l'heure nous assumons les déficits", écartant des hausses d'impôts, de CSG et de CRDS pour rétablir l'équilibre des comptes. "Si on augmente les prélèvements, dans trois ans, quand on se comparera à nos voisins, notamment les Allemands, nous serions en situation très défavorable", explique le Premier ministre. "Nous n'augmenterons pas les impôts", ajoute-t-il, car "ce serait contre-productif en période de récession" et serait "dangereux si la situation s'améliore, car cela risque(rait) de freiner la reprise".
Fillon favorable à une "amplification" de l'ouverture |
Dans la même interview, le Premier ministre se dit favorable à une "amplification" de l'ouverture de son gouvernement, estimant que "les vieux clivages politiques" avaient "volé en éclat". "L'intuition du Président était la bonne. L'idée d'associer des hommes et des femmes qui n'ont pas les mêmes convictions permet à un gouvernement et une majorité d'éviter l'enfermement et la tentation du sectarisme", estime François Fillon. Interrogé sur une éventuelle arrivée, après les européennes, de Claude Allègre, ancien ministre de l'Education nationale dans le gouvernement Jospin, il répond toutefois : "je ne donnerai pas de nom". |
(D'après agence)
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