Bernard Kouchner © TF1/LCIFinalement, c'est bien l'UMP que Bernard Kouchner soutiendra lors des élections européennes du 7 juin. Le ministre français des Affaires étrangères a publié du siège de l'Onu, à New York, un communiqué pour clarifier sa position, après la tempête provoquée par ses propos ambigus dans Le Parisien ce week-end, où il disait attendre de voir les programmes pour se déterminer. Face à la polémique déclenchée par ces propos, il avait déjà diffusé un premier communiqué où il expliquait attendre les "propositions précises", texte encore diffusé par son cabinet une demi-heure avant le second, de New York.
"Dans mon interview au Parisien, j'ai voulu souligner l'importance des élections au Parlement européen. Cette interview a suscité des incompréhensions, que mes propos d'hier n'ont pas suffi à clarifier", écrit-il dans le second communiqué publié lundi. "Je sers la politique étrangère du président de la République, que j'estime nécessaire pour la France. C'est la conception de l'Europe que j'ai toujours défendue et dont j'espère toujours qu'elle dépassera les clivages nationaux et les logiques partisanes", poursuit-il. "C'est la conception du gouvernement auquel j'appartiens, celle dont s'inspire le programme présenté par Michel Barnier aux Français. C'est naturellement celle que je soutiens aujourd'hui et que je soutiendrai le 7 juin", dit-il.
Fillon "heureux" que des citoyens lisent les projets avant de voter
Peu avant le second communiqué, le Premier ministre François Fillon, en déplacement en Slovénie, s'était efforcé de désamorcer la controverse en expliquant aux journalistes qu'il n'avait aucune inquiétude sur le choix de Bernard Kouchner. "Je suis très heureux qu'il y ait des citoyens en France qui veulent lire les projets des partis politiques avant de se décider pour choisir celui qu'ils soutiendront", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Michel Barnier avait de son côté dit avoir transmis son programme électoral à son collègue du gouvernement pour le convaincre, précisant qu'il y retrouverait "beaucoup d'idées qui sont les siennes". Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, et les dirigeants de l'UMP expliquaient de leur côté qu'ils n'étaient pas choqués par les hésitations de Bernard Kouchner.
Juppé et Désir s'en mêlent
Voix discordante à droite, le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre Alain Juppé avait en revanche rappelé dimanche le principe de la solidarité gouvernementale et considéré que Bernard Kouchner devait évidemment voter UMP : "Je suis un esprit simple, il me semble que ça va de soi". Le PS a utilisé l'épisode pour ironiser sur le "french doctor". Harlem Désir, tête de liste aux européennes pour le PS en Ile-de-France, l'a décrit en "concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu'il vous vend". Le Parti socialiste critique depuis 2007 "l'ouverture", qu'il voit comme une politique de "débauchage" de personnalités opportunistes visant à le déstabiliser et non comme un véritable changement d'état d'esprit à droite.
Bernard Kouchner, qui aura 70 ans cette année, fut parmi les créateurs de Médecins sans frontières et plusieurs fois membre de gouvernements sous la présidence de François Mitterrand. Il est devenu la personnalité emblématique de la politique "d'ouverture" de Nicolas Sarkozy à des personnalités de gauche. Il s'est rallié au président en mai 2007 après avoir participé à la campagne de sa rivale socialiste Ségolène Royal. Cette politique défendue par Nicolas Sarkozy et qui a fait des vagues à l'UMP autant qu'au PS, sera poursuivie pour le remaniement prévu après les européennes, a promis l'Elysée.
D'après agence
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