Un mois à peine avant les élections européennes, l'UMP a levé le voile jeudi sur ses listes pour le scrutin du 7 juin au terme d'ultimes tractations au sein de la majorité qui assurent trois places éligibles au Nouveau Centre. La candidature de Luc Ferry, avancée par plusieurs médias, n'a pas été retenue. Nicolas Sarkozy aurait plaidé pour que l'ancien ministre de l'Education nationale, proche du couple présidentiel, figure en 2e place dans le Sud-Est.
Le NC d'Hervé Morin, ministre de la Défense, a obtenu que Damien Abad, président des Jeunes Centristes, hérite de cette place derrière Françoise Grossetête, députée sortante. Deux autres places éligibles lui ont été accordées par le bureau politique de l'UMP qui a validé jeudi matin à l'unanimité les listes pour les huit circonscriptions européennes. L'ancien journaliste Jean-Marie Cavada est en 3e position sur la liste UMP d'Ile-de-France conduite par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, aux côtés de la ministre de la Justice, Rachida Dati. Dans la région Centre, Sophie Auconie, conseillère municipale de Tours, est en 2e position.
La Gauche moderne de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Défense, se voit attribuer deux places "quasi éligibles" en 4e position dans le Grand-Est (Michèle Strieffler, adjointe au maire de Mulhouse) et en Ile-de-France avec Marielle Gallo, l'épouse de l'écrivain et essayiste Max Gallo. "Nous avions des demandes raisonnables et nous avons une perspective sérieuse" en Ile-de-France, a commenté Jean-Marie Bockel, qui spécule, sans le dire, sur une nomination de Michel Barnier à la Commission européenne pour promouvoir la candidature de Marielle Gallo. "On ne pas tirer des plans sur la comète, la nomination de Michel Barnier, c'est une possibilité parmi d'autres", a-t-il dit.
"Un beau symbole"
Les Progressistes du ministre de l'Immigration Eric Besson obtiennent une 13e position sur la liste Ile-de-France. "Si l'on veut rassembler les Français, il faut ressembler aux Français", a dit le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, en assurant que la majorité faisait la démonstration de son unité en ouvrant ses listes à d'autres partis. Il a toutefois reconnu que la commission nationale d'investiture avait procédé à des "ajustements" jusqu'à jeudi matin, mettant un terme à une procédure longue de trois mois. "Nous avons essayé de tenir compte des équilibres", a précisé Jean-Claude Gaudin, président de la commission nationale d'investiture, lors d'une conférence de presse. Si leurs chefs de file ont été désignés dès fin janvier, la nécessité de composer avec les susceptibilités des départements et de certains barons locaux, et celle de réserver des places d'éligibles aux alliés de l'UMP, ont constitué un casse-tête.
Une réunion s'est déroulée mercredi à l'Elysée en présence de Nicolas Sarkozy et du Premier ministre, François Fillon. Hervé Morin a affirmé s'être "beaucoup battu" jusqu'au bout pour Damien Abad, "un beau symbole". L'hypothèse Luc Ferry aura ainsi fait long feu, le sort de celui-ci ayant fait l'objet de déclarations contradictoires. "Je ne veux pas qu'on accuse l'UMP de se livrer comme le PS à des parachutages", a expliqué à Paris Match le secrétaire général de l'UMP, en référence à la tête de liste socialiste Vincent Peillon dans le Sud-Est. Luc Ferry a confirmé au Figaro que Nicolas Sarkozy l'avait approché en vue d'une candidature aux européennes, pour ajouter qu'il a lui-même décidé de la refuser après avoir mis comme condition son refus d'être parachuté en province. "Je lui ai définitivement dit non il y a dix jours, parce qu'on n'a pas besoin des 'beautiful people' de Paris pour tirer les listes en province", a-t-il dit au Figaro.
(Agence)








