© AFPIl a laissé une lettre à son épouse dans laquelle il indique sa volonté de mettre fin à ses jours. Le maire UMP de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales), Jacques Bouille, en détention provisoire depuis six mois pour corruption, s'est suicidé dans la nuit de samedi à dimanche à la prison de Perpignan.
Suicide de l'ex-maire de Saint-Cyprien: l'Etat responsable
Le tribunal administratif de Montpellier a reconnu que la responsabilité de l'Etat était engagée après le suicide, en prison, de Jacques Bouille.
Publié le 19/04/2011
L'élu, qui avait été exclu de l'UMP début 2009, s'est pendu avec la ceinture de son peignoir dans sa cellule, où son corps sans vie a été retrouvé entre deux rondes de surveillants. Le procureur de la République de Perpignan, Jean-Pierre Dréno a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire pour recherche des causes de la mort et une autopsie pour déterminer si l'élu incarcéré avait absorbé des médicaments.
Maire depuis 1989 de la cité balnéaire de Saint-Cyprien, conseiller général et ancien secrétaire départemental de l'UMP, Jacques Bouille, qui était médecin, avait été mis en examen et incarcéré en décembre 2008 pour "blanchiment, corruption par personne exerçant un mandat électoral, trafic d'influence, prise illégale d'intérêts, détournement de biens publics, entrave à la manifestation de la vérité, subornation de témoins, faux et usage de faux". Dix autres personnes, dont des responsables de la mairie, sont poursuivies dans le cadre d'une enquête sur l'achat par la commune, en 2006 et 2007, de statuettes, tableaux de maîtres et œuvres d'art, dont certains auraient disparu et dont la valeur totale s'élèverait à cinq millions d'euros.
"Il y a un équilibre à trouver"
Selon le procureur, le directeur du centre de détention de Perpignan avait rencontré l'élu vendredi et il ne l'avait pas trouvé "dans un état particulièrement déprimé, abattu". Jacques Bouille était suivi par un psychiatre et des rondes "un peu rapprochées" avaient été mises en place pour le surveiller. "On n'a pas estimé devoir prendre des mesures supplémentaires, sachant qu'il était suivi par le psychiatre de l'établissement", a-t-il ajouté.
Jacques Bouille avait été vu par la commission d'évaluation de prévention du suicide, a précisé a affirmé dimanche la Garde des Sceaux, Rachida Dati, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, ajoutant que la décision d'incarcération dans ce cas avait été confirmée par des juges du siège indépendants, malgré les recours. Elle a confirmé qu'une enquête avait été ouverte, comme c'est systématiquement le cas lorsqu'un détenu se suicide.
Réagissant à l'annonce du suicide, le 50e de l'année dans une prison selon la ministre de la Justice, le 58e de selon une association, le président départemental de l'UMP, Daniel Mach, a regretté "les détentions qui se prolongent", entraînant des drames. "La justice doit faire son travail, mais il y a un équilibre à trouver", a-t-il estimé. "On ne met pas les gens en détention pour les pousser à bout", a déclaré le procureur de la République, interrogé sur les demandes de libération présentées par Jacques Bouille. "Sa détention avait été confirmée par la chambre de l'instruction avec des motifs précis. On craignait notamment, puisqu'on l'a également mis en examen pour entrave à la manifestation de la vérité et subornation de témoins, que s'il était remis en liberté il ne cherche à influencer les participants à cette affaire, les témoins, les victimes", a expliqué le magistrat.
(D'après agence)
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