Jean-Marie Le Pen au Parlement européen (25 mars 2009) © TF1/LCILe Parlement européen a adopté mercredi une réforme de son règlement intérieur qui va empêcher le leader d'extrême droite française Jean-Marie Le Pen de présider, en tant que doyen, sa session inaugurale au lendemain des élections européennes. Un amendement annulant la règle du doyen d'âge, déposé par les présidents des deux plus grands groupes politiques du Parlement, le socialiste allemand Martin Schulz et le conservateur français Joseph Daul, a été adopté mercredi à une écrasante majorité avec le soutien des Verts et des Libéraux. Jusqu'à l'élection d'un nouveau président, la session constitutive du nouveau Parlement issu des urnes sera désormais présidée, non plus (comme c'était le cas jusqu'ici) par le plus âgé des députés présents, mais par le président sortant ou, à défaut, par un vice-président sortant.
Dans l'hypothèse peu probable où ni le président sortant, ni les quatorze vice-présidents sortants ne font partie des députés réélus, ce sera le député "ayant exercé le plus long mandat" qui remplira la fonction. L'affaire a débuté en mars, lorsque Martin Schulz et le coprésident des Verts Daniel Cohn-Bendit se sont inquiétés de la probabilité de voir Jean-Marie Le Pen qui, à 80 ans, se représente aux élections européennes de juin, devenir le doyen d'âge de la prochaine assemblée. L'actuel doyen, le socialiste italien Giovanni Berlinguer, 84 ans, ne se représente pas.
Un nouveau dérapage du chef du Front national, qui a réitéré peu après en plein hémicycle que les chambres à gaz étaient un "détail" de l'Histoire - propos pour lesquels il a déjà été condamné dans son pays par la justice - avait convaincu les conservateurs et les libéraux de l'écarter en procédant à cette modification du règlement intérieur. La règle du doyen avait déjà été à l'origine d'un scandale en juillet 1989, quand l'ex-cinéaste français Claude Autant-Lara, élu sur une liste du FN, avait pu accéder au perchoir. Il avait alors prononcé un discours qui avait poussé de nombreux députés à sortir de la salle en protestation. Cet éclat avait été à l'origine d'une première modification du règlement intérieur, le doyen ayant alors été privé du droit de prononcer un discours.
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