© Jean-Marc Loos/ReutersEn visite à Urmatt, dans le Bas-Rhin, pour parler du développement de la filière bois, Nicolas Sarkozy a été hué mardi par des dizaines de manifestants. Cinquante personnes, selon les gendarmes, 80 à 100 personnes, selon les organisateurs, ont crié des slogans hostiles au président français, au gouvernement et au capitalisme au moment du passage du convoi du président qui se rendait à la salle polyvalente d'Urmatt pour faire son allocution sur la filière bois. Un autre rassemblement d'une cinquantaine de personnes, à l'appel du Snupfen-Solidaires, a par ailleurs été bloqué par des gendarmes à quelques kilomètres du lieu de la visite. Les gendarmes ont ainsi empêché toute jonction entre les deux mouvements, toute distribution de tracts et tout déploiement de banderoles.
A Urmatt, les manifestants, qui répondaient à l'appel de la CGT et de la CFDT, ont chanté l'Internationale et crié "Gens d'Urmatt, réveille-toi, Bling-Bling se fout de toi" et "Dehors l'imposteur, Sarko au zoo, Libérez les animaux". "Nous manifestons pour l'emploi, pour les salaires et contre la politique gouvernementale injuste", a déclaré Jacky Wagner, secrétaire de l'Union départementale CGT du Bas-Rhin. Auparavant, les manifestants, parmi lesquels se trouvaient des salariés de Steelcase, General Motors et Kronenbourg, avaient déployé devant la mairie une banderole proclamant : "Ce n'est pas aux salariés de payer pour la crise". Pour l'occasion, six ou sept escadrons de gendarmerie mobile et "de très nombreux gendarmes du Bas-Rhin" avaient été mobilisés, tandis qu'une compagnie de CRS était placée en réserve, a indiqué un officier de gendarmerie. Dans ce village de 1300 habitants, les établissements scolaires avaient également été fermés, mais les commerces sont restés ouverts.
100 millions d'euros
Au même moment, Nicolas Sarkozy dévoilait une série de mesures pour promouvoir l'utilisation
du bois dans la construction et l'énergie afin de mieux exploiter "cette gigantesque source de croissance durable". Il a ainsi annoncé la création d'un fonds d'investissement stratégique pour la filière bois à l'image de ceux mis en place dans les secteurs aéronautique et automobile. Doté d'une enveloppe allant jusqu'à 100 millions d'euros provenant pour l'essentiel d'opérateurs privés comme Eiffage ou le Crédit agricole mais aussi d'aides de l'Etat, son objectif sera de "faire émerger un tissu d'entreprises de taille suffisante et structurer la filière", a
déclaré le chef de l'Etat.
Ces annonces interviennent alors que les sylviculteurs du Sud-Ouest, sinistrés par la tempête Klaus de janvier, protestent contre les retards dans les aides promises par l'Etat. Le gouvernement a toutefois fait un geste en leur direction en publiant au cours du week-end les décrets relatifs à la mise en place de 600 millions d'euros de prêts bonifiés pour financer le stockage du bois abattu par la tempête.
(D'après agence)
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