Rachida Dati, le 24 mars 2009 au grand Jury © TF1-LCI"Sarkozy, je te vois !" Cette petite phrase lancée lors d'un contrôle de police vaut à un enseignant marseillais des poursuites pour "tapage diurne" (lire notre article). Cette procédure assez inhabituelle n'a été demandée ni par l'Elysée ni par la place Vendôme, a assuré Rachida Dati dimanche soir, lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. "C'était sans doute exagéré, mais ce n'est pas une volonté du président de la République et encore moins une volonté du garde des Sceaux", a affirmé la Garde des Sceaux. "Ca a été une opportunité prise par l'officier du ministère public. Je pense que parfois, il faut savoir aussi garder un peu les proportions aux actes qu'on entreprend", a-t-elle ajouté.
L'affaire, qui a donné lieu à un procès mardi, a suscité une controverse sur la multiplication des actions de justice engagées contre ceux qui injurient, critiquent ou caricaturent le locataire l'Elysée. Un officier de police, agissant en qualité de ministère public, a requis mardi une amende de 100 euros à l'audience du tribunal de police contre l'auteur de la phrase litigieuse. Le jugement a été mis en délibéré au 3 juillet.
"Pour l'instant, on n'a pas d'élément pouvant empêcher Dieudonné"
Autre sujet abordé par la ministre de la Justice lors du grand Jury : la campagne des Européennes, qui s'est centrée ce week-end sur François Bayrou (lire notre article). Le leader du MoDem "se veut sans doute le meilleur opposant, moi je pense que c'est le meilleur des socialistes", a-t-elle lancé. "Maintenant, qu'il se débrouille avec les socialistes", qui au passage n'ont "aucune position claire" dans leur programm, a ajouté Rachida Dati.
Quant à Dieudonné, rien juridiquement ne l'empêche de présenter sa liste "anti-sioniste" pour les Européennes. "Pour l'instant, on n'a pas d'élément pouvant empêcher Dieudonné de se présenter", a dit la ministre et candidate. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui avait évoqué la possibilité de faire interdire la liste de Dieudonné, la qualifiant "d'antisémite", avait dit avoir demandé une étude en ce sens à la Chancellerie. Cependant, a précisé Rachida Dati, si Dieudonné veut tenir des propos racistes, "il est clair qu'il ne pourra pas s'exprimer".
Du "plaider coupable" aux assises, pourquoi pas
A quelques semaines de son départ de la place Vendôme pour cause d'Européennes, Rachida Dati a par ailleurs souhaité que la "diversité" soit toujours la marque du gouvernement, dans le remaniement attendu après le 7 juin. "Le gouvernement qu'a nommé le président de la République, c'est un gouvernement à l'image de la France (...) Plus jamais aucun gouvernement, qu'il soit de droite ou de gauche, ne se formera différemment de ce qu'a fait Nicolas Sarkozy", a-t-elle dit. "Il est important que cela se poursuive, c'est indispensable pour notre pays que, un petit peu en haut, ça ressemble à la France telle qu'elle est", a-t-elle ajouté.
La Garde des Sceaux est aussi revenue sur le suicide du maire UMP de Saint-Cyprien, Jacques Bouille, dans sa cellule à Perpignan, où était en détention provisoire. Jacques Bouille avait été vu par la commission d'évaluation de prévention du suicide, a-t-elle affirmé (lire notre article).
Enfin, la ministre de la Justice s'est dite favorable à l'introduction de la procédure du "plaider coupable" aux assises pour les crimes simples, mais à condition que l'audience n'évoque pas seulement la peine à infliger, mais aussi les faits, pour respecter les victimes.
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