Pendant 45 minutes, Nicolas Sarkozy a vanté son bilan à la tête de la présidence européenne et décrit l'Europe qu'il ne voulait pas. Il s'en est pris vigoureusement à "la concurrence déloyale" et a réaffirmé son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Dans un discours sur l'Union européenne prononcé au cours d'une "réunion républicaine", le chef de l'Etat a déclaré qu'à la question "qu'est-ce que l'Europe peut faire", il fallait substituer "qu'est ce que l'Europe veut faire".
Or "pour que l'Europe veuille, il faut qu'elle cesse de se diluer dans un élargissement sans fin. Il faut que l'Europe ait des frontières". "Il y a des pays comme la Turquie qui partagent avec l'Europe une part de destinée commune, qui ont vocation à construire avec l'Europe une relation privilégiée, qui ont vocation à être associés le plus étroitement possible à l'Europe mais qui n'ont pas vocation à devenir membre de l'Union européenne", a-t-il assuré. "Nous serions mieux inspirés d'engager dès maintenant avec la Turquie", un "grand pays, une grande civilisation", des "négociations pour créer un espace économique et de sécurité commun", a poursuivi le président.
"Bâtir une vraie politique de l'énergie"
Rappelant sa volonté de "moraliser le capitalisme", le président a souhaité que "l'Europe se dote d'un comité des régulateurs bancaires avec de vrais pouvoirs de sanction". . "Je veux que l'Europe soit exemplaire sur la régulation financière, sur la réglementation des fonds spéculatifs, sur les paradis fiscaux, sur les rémunérations des dirigeants et des opérateurs financiers, sur le partage de la valeur, parce que si sur ces sujets l'Europe n'est pas capable de donner l'exemple, si elle n'est pas capable de s'exprimer d'une seule voix et d'une voix forte dans les négociations internationales, alors à quoi sert-elle ?," a lancé le chef de l'Etat.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a souhaité la création d'une "centrale européenne d'achat du gaz, pour que l'Europe ait une vraie force de négociation face à ses fournisseurs", après plusieurs crises dues à des interruptions de livraisons de gaz russe. "L'Europe doit se battre pour bâtir une vraie politique de l'énergie, qui ne soit pas seulement une politique de la concurrence. Je veux porter l'idée d'une centrale européenne d'achat du gaz pour que l'Europe ait une vraie force de négociation face à ses fournisseurs", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours sur l'Europe, prononcé à Nîmes. "C'est comme cela que l'Europe peut être véritablement utile. C'est à cela que l'Europe doit servir," a-t-il ajouté.








