Sarkozy veut mettre fin à "l'angélisme"

Par , le 28 mai 2009 à 11h41 , mis à jour le 28 mai 2009 à 21h32

Fouilles des cartables, présence policière : le chef de l'Etat a validé jeudi matin la plupart des mesures présentées la veille par Xavier Darcos pour endiguer la violence en milieu scolaire.

Nicolas Sarkozy s'exprimant à l'Elysée sur les questions de sécurité (28 mai 2009)Nicolas Sarkozy s'exprimant à l'Elysée sur les questions de sécurité (28 mai 2009) © TF1/LCI
 

Violence à l'école :

Le discours
de Sarkozy

Les réactions

Nos analyses

Nicolas Sarkozy a promis jeudi matin de lutter "sans état d'âme et sans concession" contre la délinquance, dénonçant au passage "l'angélisme" qui a prévalu pendant des décennies, lors d'un discours sur la sécurité prononcé depuis l'Elysée. Particulièrement attendu sur la question des violences en milieu scolaire, le chef de l'Etat a dénoncé une "nouvelle forme de délinquance du crime voire de la barbarie".

Face à la "banalisation de la présence et de l'usage des armes en milieu scolaire", le chef de l'Etat a semblé plutôt favorable à la proposition de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale d'installer des portiques à l'entrée des établissements. "J'entends les bonnes consciences crier au scandale quand le ministre propose d'installer des portiques (...). Bien sûr qu'il est difficile d'en arriver là, mais comment agir autrement dans un tel contexte ? Faut-il attendre qu'un drame se produise ?", s'est-il interrogé... sans pour autant préciser si l'installation de ces portiques devait avoir lieu.
 
Estimant les violences envers les professeurs et les élèves "intolérables", il a annoncé une réforme de la qualification pénale des actes commis dans les écoles. Ainsi, "les intrusions dans les écoles seront désormais punies comme des délits" et "les violences commises sur un agent de l'Education nationale constitueront un facteur aggravant aussi bien dans qu'au-dehors del'école". Par ailleurs, les personnels de directions et d'encadrement recevront une "habilitation pour ouvrir et fouiller les sacs des élèves" et des "équipes mobiles d'agents" seront mises en place auprès des recteurs d'académie.

 
Ces deux dernières mesures avaient elles aussi été présentées par Xavier Darcos, et le ministre de l'Education nationale a précisément annoncé qu'un texte législatif donnant habilitation aux responsables d'établissements scolaires pour la fouille des cartables sera prêt "dans les premiers jours de juillet". Le président a également souhaité jeudi que soit "étudiée" la "possibilité d'ouvrir la réserve civile de la police nationale" (retraités, volontaires) pour des missions de "sécurisation des établissements scolaires et de leurs abords".
 
"Je le dis avec gravité, le 11 mars dernier, en Allemagne, il y a eu 17 morts dans un établissement scolaire. Chacun d'entre nous est donc désormais placé devant ses responsabilités" a rappelé le chef de l'Etat, comme un avertissement à l'intention de tout contestataire à ces mesures.  C'est pourquoi, aussi,  "184 établissements parmi les plus sensibles vont faire l'objet d'un diagnostic de sécurité à l'issue duquel seront adoptées toutes les mesures nécessaires à leur protection contre les intrusions",  a dit le chef de l'Etat.

Lors de son discours, le chef de l'Etat a, par ailleurs, dressé un bilan général de la délinquance en France et annoncé, là aussi, un renforcement des mesures de lutte :

VIDEOSURVEILLANCE
La "vidéo-protection" est un "moyen fondamental de la politique de sécurité", selon le chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy compte mettre en place "75 systèmes municipaux types" et "assurer, là où c'est nécessaire, la protection des établissements scolaires".
 
QUARTIERS DIFFICILES
Nicolas Sarkozy a annoncé une "mobilisation complète des forces de l'ordre" sur la reconquête des quartiers sensibles, d'abord les 25 plus difficiles (21 en région parisienne, 4 en province). "Aucune rue, aucune cave, aucune cage d'escalier ne doit être abandonnée aux voyous". Il prévoit une multiplication immédiate des opérations coups de poing dans les cités. Préfets, procureurs, inspecteurs d'académie doivent se rendre dans ces quartiers "pour y manifester l'autorité de l'Etat". Egalement annoncé, un renforcement des effectifs des forces de sécurité, dont "200 sans délai" en Seine-Saint-Denis.
 
FINANCES, FISC, DOUANES
"Nous devons frapper les trafiquants au portefeuille", a annoncé le chef de l'Etat. "Deux fonctionnaires spécialisés devront être spécialement affectés dans chacun des 25 quartiers les plus sensibles" pour "détecter les signes extérieurs de richesse indue". Les douanes auront une mission prioritaire "sur les cités sensibles". Le ministre du Budget Eric Woerth va réfléchir à une meilleure "appréhension fiscale des sommes provenant d'activités illicites".
 
CAMBRIOLAGES
Un "plan de lutte contre les cambriolages" est annoncé dans "la dizaine de départements concernés", et "1000 officiers de police judiciaire supplémentaires seront formés".
 
COORDINATION
Dans chaque département, "un état-major de la sécurité regroupant les principales autorités concernées" se réunira chaque mois pour définir la politique publique de sécurité.
 
PREVENTION, VICTIMES
Le Premier ministre présentera "dès septembre un plan gouvernemental de prévention de la délinquance et d'aide aux victimes". Nicolas Sarkozy a annoncé les trois réformes qu'il souhaitait mener "rapidement" avec le Premier ministre : donner de "nouveaux outils d'action pour les forces de l'ordre" avec la Loppsi, le "rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur", et "la création avant l'été de la police d'agglomération", les criminels ne connaissant pas les frontières administratives.

Par Alexandra Guillet le 28 mai 2009 à 11:41
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

154 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bernard, le 29/05/2009 à 18h27

    Julien , NON LA VIOLENCE N'A PAS TOUJOUR EXISTée, je suppose que tu dois etre jeune , car dans les années 50, 60 chez nous en banlieue nord (Gennevilliers) dans les classes ont entendaient vraiment les mouches volées (sans jeu de mot) , les classes étaient pourtant de 40 voir 44 éleves de gars. Nous n'étions pas des anges, mais nous avions plusieurs choses que beaucoup ne connaissent plus aujourd'hui , LE RESPECT, L'OBEISSANCE, (mais c'est encore dans les dictionnaires), (un dictionnaire c'est ou il y a des mots et ca dit ce que cela veut dire ) . Nous avions aussi des "disputes". mais pas à l'école car nous nous serions retrouvés vite fait sur le cul pas par l'adversaire , mais par les profs ceux là mème qui nous enseignaient et qui n'étaient HELAS à cette époque jamais absents. Les hlm a cette époque , les ghéttos pour ceux d'aujourd'hui . étaient des paradis , une salle de bain avec une porte qui se ferme, une chambre ou les parents étaient seuls à y dormir.des wc à l'intérieur , pas besoin de sortir dehors. Chez mes parents (mon pére ouvrier à l'entretien cher Thomson) nous avions une cuisine , une salle à mange , une chambre et nous étions 5 (2 garçons, 1 fille ), nous n'avons jamais étés en prison ,nous n'avons jamais volés, nous n'avons jamais été volés , ah par contre quand nous rentrions du cinéma , il était très fréquents d'etre controlé par les hirondelles,c'était pas grave puisque j'avais ma carte d'identité sur moi.Je n'ai jamais eu de vélo , un de mes copains en avait un et il nous le prétait. C'est sur que maintenant quand je vois les gens, la société en général , j'ai vraiment envie de VOMIR. j'ai les boules et que de gachis .

  • Bernard, le 29/05/2009 à 18h26

    Julien , NON LA VIOLENCE N'A PAS TOUJOUR EXISTée, je suppose que tu dois etre jeune , car dans les années 50, 60 chez nous en banlieue nord (Gennevilliers) dans les classes ont entendaient vraiment les mouches volées (sans jeu de mot) , les classes étaient pourtant de 40 voir 44 éleves de gars. Nous n'étions pas des anges, mais nous avions plusieurs choses que beaucoup ne connaissent plus aujourd'hui , LE RESPECT, L'OBEISSANCE, (mais c'est encore dans les dictionnaires), (un dictionnaire c'est ou il y a des mots et ca dit ce que cela veut dire ) . Nous avions aussi des "disputes". mais pas à l'école car nous nous serions retrouvés vite fait sur le cul pas par l'adversaire , mais par les profs ceux là mème qui nous enseignaient et qui n'étaient HELAS à cette époque jamais absents. Les hlm a cette époque , les ghéttos pour ceux d'aujourd'hui . étaient des paradis , une salle de bain avec une porte qui se ferme, une chambre ou les parents étaient seuls à y dormir.des wc à l'intérieur , pas besoin de sortir dehors. Chez mes parents (mon pére ouvrier à l'entretien cher Thomson) nous avions une cuisine , une salle à mange , une chambre et nous étions 5 (2 garçons, 1 fille ), nous n'avons jamais étés en prison ,nous n'avons jamais volés, nous n'avons jamais été volés , ah par contre quand nous rentrions du cinéma , il était très fréquents d'etre controlé par les hirondelles,c'était pas grave puisque j'avais ma carte d'identité sur moi.Je n'ai jamais eu de vélo , un de mes copains en avait un et il nous le prétait. C'est sur que maintenant quand je vois les gens, la société en général , j'ai vraiment envie de VOMIR. j'ai les boules et que de gachis .

  • Bernard, le 29/05/2009 à 18h24

    Julien , NON LA VIOLENCE N'A PAS TOUJOUR EXISTée, je suppose que tu dois etre jeune , car dans les années 50, 60 chez nous en banlieue nord (Gennevilliers) dans les classes ont entendaient vraiment les mouches volées (sans jeu de mot) , les classes étaient pourtant de 40 voir 44 éleves de gars. Nous n'étions pas des anges, mais nous avions plusieurs choses que beaucoup ne connaissent plus aujourd'hui , LE RESPECT, L'OBEISSANCE, (mais c'est encore dans les dictionnaires), (un dictionnaire c'est ou il y a des mots et ca dit ce que cela veut dire ) . Nous avions aussi des "disputes". mais pas à l'école car nous nous serions retrouvés vite fait sur le cul pas par l'adversaire , mais par les profs ceux là mème qui nous enseignaient et qui n'étaient HELAS à cette époque jamais absents. Les hlm a cette époque , les ghéttos pour ceux d'aujourd'hui . étaient des paradis , une salle de bain avec une porte qui se ferme, une chambre ou les parents étaient seuls à y dormir.des wc à l'intérieur , pas besoin de sortir dehors. Chez mes parents (mon pére ouvrier à l'entretien cher Thomson) nous avions une cuisine , une salle à mange , une chambre et nous étions 5 (2 garçons, 1 fille ), nous n'avons jamais étés en prison ,nous n'avons jamais volés, nous n'avons jamais été volés , ah par contre quand nous rentrions du cinéma , il était très fréquents d'etre controlé par les hirondelles,c'était pas grave puisque j'avais ma carte d'identité sur moi.Je n'ai jamais eu de vélo , un de mes copains en avait un et il nous le prétait. C'est sur que maintenant quand je vois les gens, la société en général , j'ai vraiment envie de VOMIR. j'ai les boules et que de gachis .

  • Laure, le 29/05/2009 à 17h29

    A Julien de Murcia, vous avez raison sur beaucoup de choses. Par contre Daudet ne décrit pas des coups de marteau, des agressions à l'arme blanche, des menaces qui parfois passent à l'acte, des dégradations sur les objets personnels (je pense aux voitures), bref des violences d'élèves à adultes, et non pas d'élèves à élèves!...Et même cette dernière est inacceptable!

  • Janie, le 29/05/2009 à 14h25

    Réponse à Juliien de Murcia Je suis moi-même fille d'immigrés polonnais et j'ai toujours été élevée dans le respect de l'autre. Cela ne me choque pas d'être fouillé à l'école, il m'est arrivé de ll'être dans les années 50 et on ne trouvait pas cela anormal., et en plus lorsque je faisais une bêtise à l'école, mon père rajoutait une couche de punition à;la maison.C'esr ce qui manque aujourd'hui, et que l'o'n ne me parle pas d'illétrisme, car mes grands-parents ne savaient ni lire ni écricre mais savaient se faire respecter. .(l'autorité n'a rien à voir avec l'instruction) ENFIN, Sarko réagit (et cela aurait dû être fait depuis 1962, mais nos ex-présidents ont toujours laisser le bébé au suivant).Si les gens concernés ne sont pas satifaits, ils retournent dans leur pays d'origine (Nous sommes en démocratie et chacun est libre) Pour ma part , je suis très satifaite d'être en France.(et je tiens à conserver la FRANCE propre et digne)

  • Alex, le 29/05/2009 à 12h45

    Le bâton, toujours le bâton. On se croirait revenu en 2002, en pleine campagne présidentielle. "La peur au bide" jai cru lire dans un commentaire... Notre gentil président va donc s'occuper des gens gentils comme lui et les protéger des gens méchants qui terrorisent les gentils. J'appelle de ça de la politique de surface, venant d'un homme sans relief.

  • Nono, le 29/05/2009 à 11h02

    Aurore et Fred, vous avez entièrement raison, et je me joint à vous le laxisme est passé par là.Aujourdhui, bon nombre de personnes en charge de l'enseignement sont systématiquement "accusés" pour tel ou tel autre acte. Ils ne sont plus respectés, alors de grace qu'il essaient d'abandonner le tutoiement qui soit disant les rapproche de la jeunesse (des élèves). cela serait le premier pas. La justice indépendante. hélas ! c'est vrai, l'on se demande,si elle ne suis pas l'idée du jour, tout comme ce manifestant croisé dans un train, avec une pancarte vièrge de toute écriture, et qui à la question, que faite vous avec votre pancarte toute blanche ? répond sans ambiguité, je ne sais pas quel est le thème de la manif, je verrais cele sur place. HOUPS c'est du vécu entre béziers et montpellier à 7 heure du matin.

  • Julien, le 29/05/2009 à 09h46

    Et bien oui, il faut bel et bien chercher les causes de ces violences: Il y a de celà quelques décénnies, on a parqué les immigrés et les gens à bas revenus dans des véritables ghéttos en dehors des villes, les excluant, les isolant, les condamnant à vivre au quotidien dans un environnement qui avec le temps se fait de plus en plus hostile. Lá où l´on arrive en 2009, c´est le résultat d´un long procésus d´une bonne cinquantaine d´années. Et maintenant en plus de celà ce sont eux les coupables??????? Sortez donc un peu de votre petite vie tranquille et voyez un peu plus loin que le bout de votre petit nez bien savonné, et sachez ouvrir les yeux, réellement. "La meilleure des préventions, c´est la sanction" nous a dit ce brillant philosophe qu´est Sarko. Voyez donc la stupidité de ces propos, sortis d´un homme qui préside notre nation. Alors après la marchandisation de l´école, qui définit les élèves comme des clients, voici qu´on dramatise lécole comme un nid à crapules, où l´on veut y insérer des flics et des portiques! Mais où va t-on?? Je concluerai par deux choses: Premièrement, il faut se méfier de l´influence néfaste des médias quelque fois et de la dramatisation systématique de tels faits. L¨Etat s´est aussi fait maitre dans la manipulation des médias et ainsi de l´opinion publique. Ca c´est un fait. Enfin, si l´on regarde un peu plus loin, n´oublions pas que la violence scolaire A TOUJOURS EXISTË, et qu´avec les flics ou non, elle existera toujours. On a tous fait des bêtises étant plus jeunes non?? Mon grand père déjà se faisait racketter son goûter, et mon arrière grand-père aussi. Et les ptits diables qui font suer les profs existaient aussi il y a plus d´un siècle si vous lisez l´expérience d´Alphonse Daudet. Alors quoi, réflechissons, et apprenons un peu à penser par nous même, pardi!

  • Gekko, le 29/05/2009 à 09h46

    Pour ne pas avoir à faire le desastreux bilan de sa politique, il nous ressort le vieil épouvantail sécuritaire, c'est pitoyable.......

  • Jean-baptiste, le 29/05/2009 à 08h28

    Pour pierre de paris, si vous faites cela, la situation sera encore pire qu'avant ! Je trouve cette mesure scandaleuse ! Bientôt, on interdira les ciseaux, les compas et les rapporteurs ... no comment

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience