Nicolas Sarkozy s'exprimant à l'Elysée sur les questions de sécurité (28 mai 2009) © TF1/LCI ![]() |
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Nicolas Sarkozy a promis jeudi matin de lutter "sans état d'âme et sans concession" contre la délinquance, dénonçant au passage "l'angélisme" qui a prévalu pendant des décennies, lors d'un discours sur la sécurité prononcé depuis l'Elysée. Particulièrement attendu sur la question des violences en milieu scolaire, le chef de l'Etat a dénoncé une "nouvelle forme de délinquance du crime voire de la barbarie".
Face à la "banalisation de la présence et de l'usage des armes en milieu scolaire", le chef de l'Etat a semblé plutôt favorable à la proposition de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale d'installer des portiques à l'entrée des établissements. "J'entends les bonnes consciences crier au scandale quand le ministre propose d'installer des portiques (...). Bien sûr qu'il est difficile d'en arriver là, mais comment agir autrement dans un tel contexte ? Faut-il attendre qu'un drame se produise ?", s'est-il interrogé... sans pour autant préciser si l'installation de ces portiques devait avoir lieu.
Estimant les violences envers les professeurs et les élèves "intolérables", il a annoncé une réforme de la qualification pénale des actes commis dans les écoles. Ainsi, "les intrusions dans les écoles seront désormais punies comme des délits" et "les violences commises sur un agent de l'Education nationale constitueront un facteur aggravant aussi bien dans qu'au-dehors del'école". Par ailleurs, les personnels de directions et d'encadrement recevront une "habilitation pour ouvrir et fouiller les sacs des élèves" et des "équipes mobiles d'agents" seront mises en place auprès des recteurs d'académie.
"Je le dis avec gravité, le 11 mars dernier, en Allemagne, il y a eu 17 morts dans un établissement scolaire. Chacun d'entre nous est donc désormais placé devant ses responsabilités" a rappelé le chef de l'Etat, comme un avertissement à l'intention de tout contestataire à ces mesures. C'est pourquoi, aussi, "184 établissements parmi les plus sensibles vont faire l'objet d'un diagnostic de sécurité à l'issue duquel seront adoptées toutes les mesures nécessaires à leur protection contre les intrusions", a dit le chef de l'Etat.
Lors de son discours, le chef de l'Etat a, par ailleurs, dressé un bilan général de la délinquance en France et annoncé, là aussi, un renforcement des mesures de lutte :
VIDEOSURVEILLANCE
La "vidéo-protection" est un "moyen fondamental de la politique de sécurité", selon le chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy compte mettre en place "75 systèmes municipaux types" et "assurer, là où c'est nécessaire, la protection des établissements scolaires".
QUARTIERS DIFFICILES
Nicolas Sarkozy a annoncé une "mobilisation complète des forces de l'ordre" sur la reconquête des quartiers sensibles, d'abord les 25 plus difficiles (21 en région parisienne, 4 en province). "Aucune rue, aucune cave, aucune cage d'escalier ne doit être abandonnée aux voyous". Il prévoit une multiplication immédiate des opérations coups de poing dans les cités. Préfets, procureurs, inspecteurs d'académie doivent se rendre dans ces quartiers "pour y manifester l'autorité de l'Etat". Egalement annoncé, un renforcement des effectifs des forces de sécurité, dont "200 sans délai" en Seine-Saint-Denis.
FINANCES, FISC, DOUANES
"Nous devons frapper les trafiquants au portefeuille", a annoncé le chef de l'Etat. "Deux fonctionnaires spécialisés devront être spécialement affectés dans chacun des 25 quartiers les plus sensibles" pour "détecter les signes extérieurs de richesse indue". Les douanes auront une mission prioritaire "sur les cités sensibles". Le ministre du Budget Eric Woerth va réfléchir à une meilleure "appréhension fiscale des sommes provenant d'activités illicites".
CAMBRIOLAGES
Un "plan de lutte contre les cambriolages" est annoncé dans "la dizaine de départements concernés", et "1000 officiers de police judiciaire supplémentaires seront formés".
COORDINATION
Dans chaque département, "un état-major de la sécurité regroupant les principales autorités concernées" se réunira chaque mois pour définir la politique publique de sécurité.
PREVENTION, VICTIMES
Le Premier ministre présentera "dès septembre un plan gouvernemental de prévention de la délinquance et d'aide aux victimes". Nicolas Sarkozy a annoncé les trois réformes qu'il souhaitait mener "rapidement" avec le Premier ministre : donner de "nouveaux outils d'action pour les forces de l'ordre" avec la Loppsi, le "rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur", et "la création avant l'été de la police d'agglomération", les criminels ne connaissant pas les frontières administratives.
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