Nicolas Sarkozy à Nancy, le 12 mai 2009 © TF1/LCIEntre 700 et un millier de personnes, selon les sources, ont manifesté mardi à Nancy pour protester contre la réforme hospitalière. La manifestation était organisée alors que le président Nicolas Sarkozy tenait, sous haute protection policière, une réunion sur ce thème dans la ville. Un manifestant, qui aurait tenté de mettre le feu à une poubelle, a été interpellé. Pour disperser les manifestants qui s'étaient rassemblés pour protester contre cette interpellation, les policiers ont fait usage de bombes lacrymogènes.
Les manifestants, essentiellement des personnels de santé, mais aussi quelques salariés de Kléber, ArcelorMittal, des étudiants et des militants de gauche, ont rejoint un groupe d'une quarantaine de soignants qui venaient de débrayer de l'hôpital voisin. Dans le cortège, des drapeaux Sud solidaire, Sud PTT, NPA, Unef, Front de gauche, Confédération nationale du travail, CGT Livre ainsi que des drapeaux appelant à la démission de Nicolas Sarkozy, des pancartes hostiles à la loi LRU sur les universités et des banderoles "Casse-toi pov'con". Nombre de manifestants et d'habitants ont également critiqué l'important quadrillage policier mis en place pour protéger la venue du président. "C'est comme pour l'Otan à Strasbourg", s'est exclamée une photographe. "Tout ça pour un seul homme, je ne sais pas de quoi il a peur", a observé Pascal Debay, responsable fédéral et départemental CGT Santé fédéral, en Meurthe-et-Moselle.
"Un bon équilibre"
Le responsable syndical a également qualifié les mesures d'assouplissement de la loi Bachelot annoncées lundi (lire notre article) de "stratégie médiatique". Même avec les aménagements proposés, "la loi continue de favoriser le secteur privé et l'inégalité d'accès aux soins", a-t-il estimé. La ministre de la Santé, "Mme Bachelot ment quand elle dit qu'il n'y a pas de suppression de poste ni de licenciements : à Nancy, 660 postes vont être supprimés en 2009-10" et il y a 160 suppressions de postes à l'hôpital de Longwy, a-t-il affirmé en évoquant la situation de la Lorraine, "région pilote pour la réforme Bachelot".
Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a défendu le nouveau modèle de gouvernance de l'hôpital retenu par le gouvernement pour l'examen du projet de loi Bachelot au Sénat, estimant avoir trouvé "un bon équilibre". "Nous avons fait du président des médecins le numéro 2 de l'hôpital en le mettant systématiquement vice-président de l'hôpital (...) je crois que nous avons trouvé un bon équilibre, nous n'irons pas plus loin", a-t-il déclaré lors d'une table-ronde. Selon le nouveau schéma proposé par la commission Marescaux, les directeurs des Centres hospitaliers universitaires (CHU) seront désormais entourés, au sein d'un directoire, du président de la communauté médicale d'établissement, du doyen de la faculté de médecine et d'un représentant du secteur de la recherche. Mardi, Nicolas Sarkozy a défendu une nouvelle fois le rôle du directeur comme "responsable" de l'hôpital, se refusant toutefois à utiliser le mot de "patron". "Il faut qu'à l'hôpital il y ait un responsable (...) il faut quelqu'un qui puisse assurer la gestion", a-t-il insisté.
(D'après agence)
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