Martine Aubry mercredi soir à Paris © REUTERSQuelques décisions mais surtout... un peu de temps. Deux jours après l'échec aux Européennes, le PS s'est réuni mardi en conseil national (un conseil comme "la dernière station service avant le désert", comme l'a résumé Arnaud Montebourg, jamais avare de bons mots) pour décider de la suite. Décisions donc : bien que battu dimanche, Benoît Hamon reste porte-parole du parti. Deuxième décision : la paix est officiellement signée avec Ségolène Royal, même si elle n'était pas à la réunion même, avec une rencontre préalable au conseil avec Martine Aubry et une nomination à la vice-présidence de l'Internationale socialiste. Comprenez, Ségolène Royal, grâce à sa "force", son "énergie" et sa "stature" ira "porter le message du Parti socialiste français" dans le monde, dixit Martine Aubry.
Pour le reste, pas de nouvel organigramme annoncé ce mardi soir. La "nouvelle gouvernance", ce sera dans "les prochains jours", puis "dans les jours qui viennent, l'engagement de discussions avec l'ensemble de la gauche". Manuel Valls a d'ores et déjà refusé d'intégrer la direction. Et affirmé, à la sortie de la réunion : "il n'y a pas de raison que Vincent Peillon, moi ou d'autres participent à la direction, ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes pas conscients de l'effort qu'il faut faire". Quant au discours de Martine Aubry : "il aurait peut-être fallu faire passer des messages forts mais à l'évidence, ça attendra un peu".
Refondation, refondation, refondation
Car Martine Aubry se donne un délai pour rénover le PS, "six mois pour changer de cap". Avec une première piste donnée par la n°1 des socialistes après "une importante défaite électorale" : une sorte de feuille de route pour trois "refondations" du parti. Mais d'abord, "nous devons en comprendre les causes et en tirer toutes les conséquences", a-t-elle dit en ouverture d'un discours prononcé à huis clos, mais distribué par son équipe à la presse.
Pour la suite du calendrier, il y aura fin août aux Universités d'été à La Rochelle les premiers éléments de lancement du projet, puis avant la fin de l'année "une grande convention sur le nouveau développement social, économique et écologique". Et "s'agissant des régionales, nous devons commencer aujourd'hui", a ajouté la maire de Lille qui "va réunir très vite les présidents de région pour réfléchir". Comme son ex-rivale donc, puisque Ségolène Royal préside la région Poitou-Charentes.
En résumé, "c'est à une profonde refondation de notre parti que j'appelle", a martelé Martine Aubry. "Refondation des idées, refondation à gauche, mais aussi profonde refondation de nos pratiques, nos démarches personnelles et collectives". "Ce dont nous avons besoin c'est d'un véritable sursaut de nature à refonder profondément notre parti."
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