Aubry et Royal en meeting à Rezé © LCIAprès le score calamiteux obtenu par le Parti socialiste aux élections euro péennes, Martine Aubry est attendue au tournant de la "refondation" lors d'un Conseil national qui s'annonce mouvementé mardi soir. Coupant l'herbe sous les pieds de ses détracteurs et forte du soutien affiché de Ségolène Royal, le premier secrétaire doit prendre la parole au début de la réunion du parlement du parti, qui se déroule à huis clos dans un grand hôtel parisien. Elle devrait annoncer le lancement d'"états généraux de la refondation" qui passent par une nouvelle organisation de sa direction et la préparation du futur projet présidentiel. Des "ambassadeurs du projet", issus de la société civile seront chargés de réfléchir au programme pour 2012 lors de rencontres en province, explique un de ses proches, Jean-Christophe Cambadélis, qui parle de "primaires du projet".
Pour la direction, l'idée consiste à créer des équipes de travail autour des secrétaires nationaux déjà en place, comme dans un ministère, doté de secrétaires d'Etat. Les pôles économie et social devraient être renforcés. "Martine Aubry veut des gens qui travaillent, pas seulement qui parlent", prévient le député parisien, dont la gestion de la campagne européenne est attaquée de toutes parts. Dimanche, le PS a recueilli 16,48% des suffrages, son deuxième plus mauvais score depuis 1979, se retrouvant pratiquement à égalité avec le mouvement Europe Ecologie 16,28%). Parmi les nouvelles têtes, les noms de Pierre Moscovici, de Manuel Valls et de Vincent Peillon circulentt. Martine Aubry confirmera également la nomination de Ségolène Royal à la vice-présidence de l'Internationale socialiste, un poste que l'ancienne candidate présidentielle convoitait.
Hamon reste porte-parole
Après un coup de téléphone dimanche, les deux dirigeantes se sont rencontrées dans la matinée. "Elles ont décidé de se consulter régulièrement, et en direct, pour agir dans l'intérêt de leur famille politique", dit un communiqué "royaliste" qui ne mentionne pas les résultats des élections européennes. "Ségolène Royal a dit à Martine Aubry qu'elle pouvait compter sur son soutien complet pour toutes les initiatives qu'elle prendra pour la transformation radicale" du PS, souligne le texte.
Si le premier secrétaire ne risque pas sa tête mardi soir, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent toutefois contre la direction de la campagne, aux mains d'un tout petit groupe -- "les dix personnes qui font la pluie et le beau temps" au PS, selon les mots du maire de Lyon, Gérard Collomb. "Du vote sanction au bulletin de vote, on a eu tout faux pendant cette campagne", déplore l'ancien numéro deux du PS François Rebsamen dans un entretien à Mediapart. Il demande une "vraie organisation collective" et une meilleure association des militants à la vie du PS. Dans l'entourage de Benoît Hamon, la colère gronde également. "C'est quand même impensable que les généraux qui ont mené l'armée à la déroute tirent les marrons du feu alors que ceux qui ont fait une bonne campagne envisagent de partir", explique un proche du porte-parole. Mais ce dernier garde finalement son poste.
Pour Martine Aubry, qui dirige le PS grâce à une majorité composite formée d'anciens ennemis et d'alliés de circonstances, l'enjeu est double. Non seulement le quadragénaire est l'un des visages de la rénovation dont elle avait fait l'un de ses chevaux de bataille mais, s Benoît Hamon quitte finalement ses fonctions, il peut le faire collectivement, privant la majorité de stabilité et l'équipe d'une douzaine de secrétaires nationaux.
(Avec agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





