François Bayrou lors de sa conférence de presse, s'expliquant sur ses propos concernant Daniel Cohn-Bendit (5 juin 2009) © TF1/LCI| > Altercation Bayrou/Cohn-Bendit : les images |
Le clash jeudi soir sur France 2 entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit ternit la fin d'une campagne européenne qui a déjà sérieusement manqué de contenu... Lors d'une conférence de presse organisée vendredi à midi au siège parisien de son parti, François Bayrou a voulu vraiment s'expliquer sur ce qu'il a qualifié de "petit événement mais pas anodin". "Ce fut un affrontement violent, bref, et pas anodin. Ce fut un moment de très grande explosion d'injures. Il arrive après plusieurs mois de mises en cause de la part de Cohn-Bendit, notamment dernièrement sur des questions religieuses". En meeting à Toulouse le 8 avril dernier, l'ex-leader de mai 68 avait affirmé que le président du MoDem, qui "ne pense qu'à la présidentielle", avait "été touché par la Vierge".
Interrogé sur le moment tardif pour attaquer le leader écologiste sur une affaire qui avait déjà fait quelque bruit en 2001, François Bayrou a répondu : " Ecoutez, je vous le dis, je n'avais pas suivi l'affaire en 2001 et lorsque j'ai lu il y a quelques jours le livre de Daniel Cohn-Bendit, je l'ai trouvé odieux, inacceptable. Je suis très sensible, peut-être trop, avec les problèmes de l'enfance, mais ce qui m'a choqué, c'est la revendication, plus encore la théorisation de tout cela (...) d'une approche philosophique de l'enfance ". Interrogé aussi sur l'opportunité de cette attaque pendant le débat sur l'Europe, François Bayrou s'est justifié : "J'avais ça sur le coeur. Ce poids sur le coeur, ou plutôt sur l'estomac, a jailli aussitôt après les insultes de Daniel Cohn-Bendit". Des regrets ? "J'assume, c'est dans ma nature, dans ma manière d'être. Je ne pratique pas la politique des regrets." Dans son entourage en revanche, on ne cachait pas un certain malaise : "c'est un incident de campagne, c'est comme ça, on ne choisit pas le moment".
Cohn-Bendit : "je voudrais calmer tout le monde"
Vendredi matin, Daniel Cohn-Bendit s'était pourtant employé à calmer le jeu après son débat houleux la veille avec François Bayrou, affirmant : "on va discuter de ça après", même s'il a maintenu ses critiques contre "l'obsession présidentielle" du président du Mouvement Démocrate (MoDem). "Il y a eu un moment très dur. On va discuter de ça après", a déclaré sur France Inter Daniel Cohn-Bendit, chef de file d'Europe-Ecologie en Ile-de-France. "Moi je suis quelqu'un de discussion et dans ma vie je me suis engueulé avec beaucoup de gens et j'ai continué à discuter ; et on verra", a-t-il insisté.
"Je voudrais calmer tout le monde, je ne suis pas candidat à la présidence de la République, je ne suis un concurrent pour personne, je suis un Européen, je veux que l'Europe avance, je veux que l'Europe écologique et sociale avance et que tout le monde garde son calme", a-t-il poursuivi. "Ceux qui rêvent de la présidence, il faut qu'ils sachent ce n'est pas le 7 juin, c'est en 2012, on a le temps", a-t-il lancé à l'adresse du président du MoDem. Reconnaissant avoir fait "une remarque" dont on peut "dire qu'elle était méchante, dans un meeting, sur son obsession présidentielle", il a déclaré : "Je m'excuse pour la méchanceté et je garde le contenu".
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