Frédéric Mitterrand aux côtés de Nicolas Sarkozy et Christine Albanel La fin de l'attente est proche. Les ministres seront bientôt fixés sur le sort que leur réserve le chef de l'Etat lors du remaniement qui devrait être rendu public mercredi matin, avant le Conseil des ministres. Alors que depuis plusieurs jours les hypothèses les plus variées ont couru, parmi lesquelles une recomposition complète de l'équipe gouvernementale, l'idée dominante désormais est celle d'un remaniement "a minima", à la satisfaction du Premier ministre François Fillon. Selon un haut responsable de la majorité, Nicolas Sarkozy se sent renforcé par le succès de l'UMP aux européennes et ne voit dès lors pas l'intérêt de procéder à un chamboulement à mi-mandat.
Seule certitude : il devra remplacer deux de ses trois ministres élus à Strasbourg qu'il souhaite voir partir au Parlement, Rachida Dati (Justice) et Michel Barnier (Agriculture). S'en suivrait un jeu de chaises musicales : arrivant à la Justice, Eric Woerth laisserait le budget à Luc Chatel, l'actuel secrétaire d'Etat à l'Industrie dont on ignore s'il resterait porte-parole. Celui-ci a d'ailleurs été reçu mardi matin par le Premier ministre François Fillon, qui a lui-même été reçu à l'Elysée dans la matinée et n'assistera pas mardi après-midi à la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale en raison des consultations nécessaires au remaniement gouvernemental, selon son entourage.
Le pot de départ déjà fait pour Mitterrand
Si Luc Chatel s'est refusé à tout commentaire en sortant de Matignon, tout comme Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'Intérieur et aux Collectivités locales, le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, le ministre de l'Education Xavier Darcos, Michel Mercier, sénateur du Rhône et président du groupe centriste de la Haute Assemblée et Henri de Raincourt, chef de file des sénateurs UMP, également reçus, un autre n'a pas voulu attendre mercredi matin. Frédéric Mitterrand a lui-même annoncé mardi sa nomination surprise au ministère de la Culture où les noms se sont succédés pour prendre la suite de Christine Albanel, fragilisée par les déboires de la loi Hadopi. L'Elysée s'est refusé à tout commentaire, mais un conseiller de Matignon a évoqué "un choix intelligent".
Après Christophe Girard, adjoint de Delanoë à Paris, et Yamina Benguigui, c'est donc désormais Frédéric Mitterrand qui semble tenir la corde. Alors que le site du Point a annoncé qu'il avait déjà fait son pot d'adieu lundi soir à la Villa Médicis à Rome, le neveu de l'ancien président socialiste François Mitterrand a même affirmé, sur France 2, qu'il s'agissait "d'une tâche exaltante et d'un honneur". Et a qualifié ses adieux à la Villa Medicis d'"émouvants".
Mais alors est-il toujours de gauche ? "Je leur laisse le soin de répondre à la question", a répondu Frédéric Mitterrand, ajoutant : "François Mitterrand quand il ne voulait pas répondre ne répondait pas. Je suis pareil (...) "Nicolas Sarkozy a bien été ministre au temps de Mitterrand". Et alors qu'on lui demandait si François Mitterrand approuverait son choix, il a répondu : "Certainement, vous savez, lui, il ne se prêtait pas au droit d'inventaire". Lionel Jospin avait revendiqué le "droit d'inventaire" pour se démarquer de l'action de François Mitterrand.
Darcos et Borloo ne bougeraient finalement pas
Quant à l'Agriculture, elle reviendrait à Michel Mercier, sénateur centriste et trésorier du MoDem. Répondant au souhait présidentiel de poursuivre l'ouverture, l'arrivée de Michel Mercier, ami de François Bayrou, s'ajouterait à celle du radical de gauche Paul Giaccobi, président du conseil général de Haute-Corse, à un poste non encore déterminé, selon des sources au gouvernement et à l'UMP. Du coup, Xavier Darcos (Education), qui briguait la Place Vendôme, resterait finalement à son poste.
Quant à Jean-Louis Borloo (Ecologie), à qui des sources à l'UMP prêtaient le désir d'aller à la Justice, il dément formellement, insistant sur deux grands rendez-vous qui lui tiennent à cœur : le Grenelle de la mer début juillet et le sommet mondial de Copenhague sur le climat à la fin de l'année.
Karoutchi et Boutin ne sauteraient pas
Longtemps donnés partants, Roger Karoutchi (Relations avec le Parlement) et Christine Boutin (Logement), qui bataillent en coulisse pour leur maintien, pourraient finalement rester, peut-être à des postes différents. "Christine Boutin a fait une grosse campagne en interne pour se rendre indispensable et son parachutage à la tête du conseil général des Yvelines a échoué", observe ce conseiller. Quant à Roger Karoutchi, "en faire la seule sortie du gouvernement serait humiliant pour lui, sauf à l'accompagner de celle de quelques secrétaires d'Etat, comme Christian Blanc, qui a terminé sa mission sur le Grand Paris", avance un autre.
Mais si Roger Karoutchi devait finalement partir, le nom qui revient le plus souvent pour le remplacer est celui du député UMP Patrick Ollier, compagnon de Michèle Alliot-Marie (Intérieur). Autre nouveauté, Dominique Perben pourrait entrer au gouvernement pour piloter la réforme des collectivités locales, selon plusieurs responsables de la majorité.
D'après agence
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