Les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles le 4 février 2008 © TF1/LCIÇa s'agite à l'approche du Congrès de Versailles du 22 juin, lors duquel le président doit présenter aux députés la deuxième phase de réformes de son quinquennat avant un remaniement ministériel prévu dans la foulée rendu nécessaire par le départ des ministres de l'Agriculture et de la Justice, Michel Barnier et Rachida Dati, élus au Parlement européen. Un discours qui sera suivi d'un débat sans vote.
Si les parlementaires PS seront présents à Versailles, ils promettent de rester cois. Ils ne prendront pas part au débat parlementaire organisé après le départ du chef de l'Etat, selon l'entourage du patron des députés PS Jean-Marc Ayrault. "Nous ne resterons pas ensuite pour participer à cette parodie de débat. Dix minutes par groupe ce n'est pas sérieux", a expliqué Jean-Marc Ayrault, alors que le chef de l'Etat peut parler sans limitation de durée. Une stratégie arrêtée mardi matin en réunion de groupe à l'Assemblée nationale "à l'unanimité moins deux voix contre et deux abstentions". Martine Aubry a elle aussi plaidé contre l'idée d'un boycott pur et simple. La Constitution prévoit depuis la révision de l'an dernier que le chef de l'Etat peut s'exprimer devant le Parlement (députés et sénateurs) réuni en Congrès à Versailles et qu'un débat sans vote peut être organisé mais... uniquement après le départ du président de la République de l'hémicycle. Ce qui n'est pas du goût de l'opposition. La décision d'"écouter mais de ne "pas répondre" est en tous cas jugée "extravagante" par Jean-François Copé, patron des députés UMP.
Le PS veut que Fillon engage sa responsabilité devant l'Assemblée
Quant aux sénateurs PS, ils demandent à pouvoir assister au discours et au débat. Sans surprise, les Radicaux de gauche et les parlementaires divers gauche (une trentaine d'élus), dont les voix avaient été déterminantes pour l'adoption de la révision constitutionnelle de juillet 2008, seront présents.
A l'inverse, la cinquantaine de députés et sénateurs PCF ainsi que les neuf parlementaires Verts (quatre députés et cinq sénateurs) boycotteront purement et simplement l'hémicycle de l'aile du Midi du château de Versailles. "C'est un simulacre de démocratie car il n'y aura ni vote, ni débat", a dénoncé le porte-parole des députés PCF Roland Muzeau. Chez les Verts, on dénonce une "mascarade", même si lundi, les députés François de Rugy et Yves Cochet tout comme la sénatrice Dominique Voynet avaient jugé "puéril" un tel boycott, relevant selon eux de "l'antisarkozysme pavlovien".
Avant les différentes réunions de groupe qui ont permis d'arrêter les positions de chacun, le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), avait "souhaité ardemment que tout le monde" soit présent à Versailles. Le président de l'Assemblée a annoncé avoir invité au Congrès les 72 eurodéputés français élus le 7 juin. Il a précisé que François Fillon, accompagné de quatre de ses ministres, serait présent à Versailles mais qu'il ne prendrait pas la parole. Insuffisant, répond le PS qui a demandé que le Premier ministre vienne ensuite devant l'Assemblée et le Sénat faire une déclaration de politique générale suivie d'un vote. Et ainsi "engage sa responsabilité" devant l'Assemblée nationale après le prochain remaniement gouvernemental.
Depuis la création de la Ve République, le Congrès s'est réuni 16 fois dont deux depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, le 4 février 2008 et le 21 juillet 2008. Jusqu'à présent, les convocations du Parlement en Congrès étaient consacrées à des révisions de la Constitution.
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