Daniel Cohn-Bendit au Zénith lors du meeting d'Europe Ecologie (3 juin 2009) © TF1/LCI"C'est un magnifique plateau, jamais nous n'avions réussi à réunir autant de monde dans une salle". Noël Mamère avait de quoi s'enthousiasmer mercredi soir : premier à prendre la parole au Zénith lors du meeting d'Europe Ecologie, il s'exprimait devant plus de 2500 personnes. Et devant ce parterre de choix, Daniel Cohn-Bendit et ses colistiers ont célébré une campagne qui a vu les listes écologistes dépasser sur le fil le MoDem de François Bayrou pour se placer en troisième position, derrière le Parti socialiste et l'UMP au niveau des sondages. De l'altermondialiste Jové Bové à l'ancienne juge Eva Joly, les chefs de file du rassemblement ont estimé que le 7 juin au soir pouvait constituer "un tournant de l'écologie politique", qui prône une Europe sociale et politique.
En réponse aux critiques, Daniel Cohn-Bendit a souligné que depuis cinq mois, les écologistes étaient les seuls à porter "un vrai projet pour l'Europe et une pédagogie pour l'Europe". Alors que ses listes sont créditées de 11 à 13,5% des intentions de vote, le député européen a répondu par l'ironie à François Bayrou, qui aurait mis en doute son engagement européen. "Quand j'ai lu que je n'avais jamais parlé d'Europe, je suis allé voir mon psychanalyste. Je dois avoir un dédoublement de personnalité", a-t-il dit aux journalistes. "Dans cette campagne, on a le droit de dire n'importe quoi". Daniel Cohn-Bendit a rejeté sur le même mode l'idée colportée par certains de ses concurrents selon laquelle il "roulerait pour Nicolas Sarkozy ou pour (Silvio) Berlusconi" en persiflant : "J'ai toujours été un traître. En mai 68, déjà, le Parti communiste me traitait de traître".
"On a constitué une vraie cordée"
Ses colistiers ont souligné la cohésion de leur rassemblement, présenté au départ comme le mariage "de la carpe et du lapin" et qui a "ringardisé", selon eux, nombre de "dinosaures". "On a constitué une vraie cordée, dont nous sommes fiers", a dit Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Et pour faire mentir les rumeurs selon laquelle elle boudait la campagne, l'ancienne dirigeante des Verts Dominique Voynet, maire de Montreuil, a rejoint les candidats à la tribune.
Eva Joly, révélation de cette campagne, a expliqué avoir compris dans ses enquêtes contre la corruption la nécessité du combat contre les injustices. "La terre est malade, mais elle n'est pas simplement malade d'un réchauffement de la température", a-t-elle dit. "Elle est aussi malade de l'injustice, de l'injustice entre le Nord et le Sud mais aussi dans notre pays".
D'après agence
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