Images d'archive: Conférence de presse commune entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy le 6 juin 2009 © TF1/LCI
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L'entretien en tête-à-tête de Barack Obama et de Nicolas Sarkozy était prévu pour durer vingt petites minutes. Un agenda extrêmement serré pour aborder des sujets aussi nombreux et difficiles que la situation du Moyen-Orient, le nucléaire iranien, le cas nord-coréen, les relations avec la Russie, mais aussi la crise économique et les moyens de la combattre, et bien sûr les relations franco-américaines... Les vingt minutes, au final, ont été largement dépassées et même doublées. Et en réapparaissant devant les journalistes pour une conférence de presse commune, les deux présidents ont tenu à afficher leurs convergences de vues sur la plupart des grands dossiers.
Nicolas Sarkozy accordait une importance particulière à cette rencontre en Normandie, symbole de l'amitié franco-américaine, alors qu'affleurent des doutes sur la qualité de sa relation personnelle avec son homologue américain. "Rarement la diplomatie française et la diplomatie américaine ont été autant à l'unisson sur l'ensemble des dossiers", avait-il dit récemment. Il l'a répété presque mot pour mot lors de sa déclaration face aux journalistes en ce 6 juin 2009, affirmant la volonté française "d'aider" les Etats-Unis, et ponctuant son intervention d'un "Barack, bienvenue". Hommage appuyé également du président américain au "dynamisme" de son homologue français, et au rôle nécessaire de la France. Cette volonté d'apparaître sur une même ligne s'est à peine fissurée lors de la séance des réponses aux questions des journalistes sur les grands dossiers en cours :
- prolifération nucléaire : Nicolas Sarkozy a déclaré que "la France et les Etats-Unis sont main dans la main" pour refuser que Téhéran se dote de l'arme nucléaire militaire. "L'Iran est un grand pays, une grande civilisation. Nous voulons la paix, le dialogue" avec l'Iran, "nous voulons l'aider à se développer", mais "nous ne voulons pas de la dissémination de l'arme nucléaire", a-t-il souligné. Par ailleurs, le président Ahmadinejad ayant plusieurs fois nié la réalité de la Shoah, affirmant de nouveau le 3 juin qu'elle était une "grosse tromperie", Nicolas Sarkozy a fustigé ces dernières déclarations : "Nous ne pouvons pas accepter les déclarations insensées du président Ahmadinejad" sur la Shoah ; sur cette question, "l'Europe, la France et les Etats-Unis sont totalement solidaires". Barack Obama a également fustigé les actions "extraordinairement provoquantes" de la Corée du Nord dans le domaine nucléaire.
- dossier israélo-palestinien : sur le processus de paix au Proche-Orient, Barack Obama a souligné qu'il fallait "dépasser l'impasse actuelle" en rappelant que les destins des Israéliens et Palestiniens étaient "liés". Devant Barack Obama, Nicolas Sarkozy a rappelé "combien nous étions d'accord avec lui sur les questions israélienne et palestinienne".
- relations Orient-Occident : Nicolas Sarkozy s'est déclaré vendredi à Caen "totalement d'accord" avec le discours que son homologue américain a prononcé au Caire - "un discours remarquable", a souligné le chef de l'Etat français. "Il y a bien longtemps que nous attendions que les Etats-Unis, première puissance mondiale, prennent toutes leurs responsabilités pour éviter un choc des cultures entre l'Occident et l'Orient", a-t-il souligné.
- questions religieuses et laïcité : c'est parfois une source d'incompréhension entre les Etats-Unis, où l'appartenance religieuse manifestée au grand jour est considérée comme une liberté fondamentale, et la France, dont le concept de "laïcité" reste souvent mal compris outre-Atlantique. Or les propos de Barack Obama en faveur du voile islamique, dans son discours du Caire, ont provoqué l'indignation des féministes en France. S'il a tenu à marquer son accord avec Barack Obama "y compris sur la question du voile islamique", Nicolas Sarkozy a affirmé néanmoins la spécificité française. Aisni, a-t-il souligné, "nous mettons deux limites (...) parce que nous sommes un Etat laïque. La première, c'est qu'aux guichets des administrations, les fonctionnaires ne doivent pas avoir de signes visibles de leur appartenance religieuse (...) La deuxième réserve que nous avons, c'est que les jeunes filles musulmanes (qui) portent le voile, ce n'est absolument pas un problème, à condition que ce soit une décision émanant de leur libre choix, et non pas d'une obligation qui leur soit faite par leur famille ou par leur entourage".
- Turquie et UE : la France et les Etats-Unis n'ont pu masquer leur désaccord sur une intégration de la Turquie dans l'Union européenne, encouragée par Barack Obama et refusée par Nicolas Sarkozy. "Sur l'objectif, on est d'accord (...), c'est que la Turquie puisse jouer tout son rôle de passerelle entre l'Orient et l'Occident", a déclaré le président français. "Là où il y a une différence, c'est sur les modalités. La position traditionnelle des Etats-Unis, c'est l'intégration" dans l'UE, "la mienne, ce n'est pas l'intégration dans l'Union européenne", a-t-il ajouté. Le président américain a reconnu que les Etats-Unis qui "ne sont pas membres de l'Union européenne", ne peuvent donc "dicter les modalités qui s'appliquent à l'entrée dans l'Union européenne". Mais "l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne serait importante", a-t-il toutefois répété, en faisant valoir que Ankara est "un allié extrêmement important au sein de l'Otan".
- relations personnelles entre les deux présidents : "C'est un plaisir de travailler avec Barack Obama (...) il sait que la France est amie des Etats-Unis", a souligné Nicolas Sarkozy lors de son intervention. Interrogé sur la brièveté de son séjour en France, Barack Obama a confié qu'il n'aurait "rien aimé plus que d'avoir une semaine détendue à Paris, marcher le long de la Seine, inviter (sa) femme à un bon repas, pique-niquer au parc du Luxembourg". Néanmoins, "les bons amis ne s'inquiètent pas des symboles, des conventions et du protocole. Les Etats-Unis sont des amis incontournables de la France et vice-versa (...) je considère personnellement Nicolas Sarkozy comme un ami", a insisté le président américain. "Je crois que vous prêtez trop de signification à mon emploi du temps", a-t-il conclu.
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