François Fillon, le 24 juin 2009 sur France 2 au lendemain du remaniement © France2 
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Pose sur le perron de l'Elysée, premier Conseil des ministres en forme de consignes de travail mais aussi de bonheur du président (lire notre article), passations de pouvoir au ton souvent léger et baptême à l'Assemblée nationale en observant les ministres plus "expérimentés" (voir la vidéo)... Pour les nouveaux du gouvernement, leur première journée aura été plutôt détendue. Une journée en forme de rentrée des classes en somme. Mais cela ne va pas durer longtemps. A J+1 du remaniement, François Fillon a annoncé mercredi soir sur France 2 que dimanche ne serait pas chômé pour le nouveau gouvernement. Le Premier ministre a en effet convoqué tous ses ministres à Matignon en fin d'après-midi pour "fixer ses priorités".
Des priorités qui seront financées par l'emprunt national annoncé lundi dernier par Nicolas Sarkozy devant le Congrès réuni à Versailles pour le financement de secteurs stratégiques. A ce sujet, le gouvernement envisage de placer "pour une part" auprès des particuliers ce grand emprunt, a précisé François Fillon. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, s'était elle aussi prononcée mercredi matin pour un emprunt mixte particuliers-marchés.
François Fillon a aussi déclaré qu'il recevrait avec Nicolas Sarkozy "les syndicats et les partenaires sociaux" le 1er juillet. "Et ensuite le Parlement dans les semaines suivantes sera amené à prendre des décisions sur les priorités." A la suite de quoi, le Parlement, "dans les semaines suivantes", prendra des décisions sur les priorités d'investissement. Exemples cités par le Premier ministre : "les biotechnologies, l'énergie du futur, les véhicules électriques, un certain nombre de secteurs dans le domaine alimentaire ou dans le domaine de la santé, l'éducation en général".
"L'ouverture, ça dure et ça marche"
Quant aux reproches de la gauche sur le remaniement, soulignant notamment que "l'ouverture, c'est fini" (selon les mots de Michel Sapin) aucune personnalité de gauche n'ayant fait son entrée dans une nouvelle équipe, selon eux, recentrée sur l'UMP, l'ouverture à gauche du gouvernement "ça dure et ça marche", a répondu le Premier ministre. "Je veux dire par cela que les ministres qui incarnent l'ouverture dans mon gouvernement et qui pour l'essentiel viennent de la gauche ne sont pas partis de mon gouvernement. Ils n'ont pas été remplacés", a-t-il précisé.
"Ce que nous avons cherché à faire avec le président de la République, c'est à poursuivre l'effort de représentation de la diversité de la société française en allant chercher des compétences comme celle de Frédéric Mitterrand, un grand professionnel de la culture, Nora Berra (Secrétaire d'Etat aux Aînés) ou Marie-Luce Penchard (secrétaire d'Etat à l'Outremer) ou des jeunes", a poursuivi François Fillon. Autrement dit : "l'ouverture n'est pas seulement une ouverture vers la gauche, c'est une ouverture vers la société française".
Et puis, "ce n'est pas un remaniement aussi considérable que je l'entends dire. (...) C'est vrai qu'on a changé quelques titulaires de poste, un gouvernement il faut que ça respire", a-t-il encore argumenté. Mais pour le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, il s'agit bien d'un profond remaniement. Il a donc a indiqué mercredi que si le gouvernement Fillon n'engageait pas sa responsabilité devant l'Assemblée (ce que le Premier ministre a exclu mercredi après-midi devant les députés, car il n'y a "pas un changement de politique"), le PS pouvait toujours déposer une motion de censure.
Pourquoi le poste de Rama Yade a disparu
Le Premier ministre est aussi revenu sur la disparition du secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme, occupé jusque là par rama Yade, envoyée aux Sports et non remplacée. C'est que ce portefeuille spécifique des n'était "pas extrêmement efficace", a-t-il indiqué. "En réalité il (le portefeuille des droits de l'Homme) n'est pas supprimé, c'est le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui a en responsabilité désormais la fonction qui était celle de Rama Yade." "On fait des essais, on peut parfois se tromper. On est arrivé avec Bernard Kouchner et avec Rama Yade à la conclusion que c'était difficile pour une personne d'occuper seulement ce poste là, très très compliqué. Ca n'était pas au fond extrêmement efficace, donc on a préféré remettre cette fonction dans le portefeuille de Bernard Kouchner qui le défendra avec beaucoup de talent", a-t-il assuré.
Selon le site de Matignon, le titre de Bernard Kouchner est "ministre des Affaires étrangères et européennes". Selon le site du ministère des Affaires étrangères, il a le même titre, flanqué d'un secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes et d'un secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie.
Quant à sa propre place, "je ne ronge pas mon frein à Matignon", a assuré François Fillon, démentant une énième fois son effacement supposé face à l'"hyperprésidence" de Nicolas Sarkozy. "Je pense que c'est un débat qui intéresse 300 personnes à Paris. Est-ce que vous pensez un seul instant que les Français attendent que le Premier ministre s'oppose au président de la République ?"
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