Nicolas sarkozy devant le Congrès, à Versailles (22 juin 2009) © TF1/LCIRÉACTIONS POLITIQUES
Xavier Bertrand, UMP : un discours "fort" qui "prend toute la mesure de la crise"
Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a estimé lundi que le discours du président de la République devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles était "particulièrement fort". Selon lui, "ce n'est pas un discours comme les autres. Il prend toute la mesure de la crise et il indique aujourd'hui ce qui est maintenant interdit. Dépenser n'importe comment, c'est interdit. Le statu quo en matière de collectivités territoriales, c'est interdit. Il a indiqué que le modèle français a de l'avenir. Il faut le réformer pour qu'il soit toujours d'actualité. C'est un vrai message de volontarisme politique et le volontarisme politique est plus que jamais d'actualité".
Martine Aubry, PS : Sarkozy "dépassé par les enjeux"
"Le président de la République laisse les Français seuls face à leurs problèmes et face à la crise", affirme dans un communiqué la patronne du PS. "Du président de la République, on attendait qu'il soit à la hauteur du moment et du lieu. Le moment, une crise d'une gravité exceptionnelle, exigeait une vision. Le lieu, la convocation à Versailles des représentants du peuple dans un faste sans pareil, imposait des solutions. Le discours présidentiel nous plonge dans la consternation : le chef de l'Etat paraît dépassé par les enjeux", ajoute-t-elle. Selon la maire de Lille, "au-delà de formules attrape-tout et d'incantations que plus personne ne croit, tant elles ne sont jamais suivies d'effets, ce discours démontre malheureusement une absence de cap économique et confirme qu'il y aura bien un sévère tour de vis social".
Laurent Fabius, PS : "faible et décevant"
L'ex-Premier ministre socialiste a jugé "faible et décevant" le discours du chef de l'Etat devant le Congrès. "Le président s'exprime comme s'il n'était pas au pouvoir", a déclaré à la presse Laurent Fabius. "Pas un mot sur les problèmes de justice sociale. J'ai trouvé cela très, très court. J'ai trouvé cela assez faible et décevant".
Jérôme Cahuzac, PS : un discours "cher payé"
"500.000 euros euros pour entendre ce que l'on vient d'entendre, je trouve cela très cher payé", a déclaré le député PS Jérôme Cahuzac sur le coût supposé du Congrès, après le discours du Président. "Rien de nouveau, rien que nous ne connaissions déjà, sinon que l'endettement du pays va se poursuivre", a-t-il ajouté.
Cécile Duflot, Verts : "une compilation d'annonces déjà vues"
"Après l'écoute du discours de Versailles, il est légitime de se demander s'il était nécessaire de bousculer la Constitution et de dépenser près d'un million d'euros pour assister à une compilation d'annonces déjà vues", a déclaré la secrétaire générale des Verts, Cécile Duflot dans un communiqué, alors que les neuf parlementaires Verts (4 députés, 5 sénateurs) ont boycotté le Congrès de Versailles. "Sur la forme, l'allocution de Nicolas Sarkozy avait tout d'un discours de campagne électorale. Sur le fond, il y avait peu d'annonces précises et nouvelles", a-t-elle jugé. "Il ne suffit pas de proclamer le changement pour qu'il ait lieu. Quand Nicolas Sarkozy évoque la crise écologique, on peut se demander pourquoi, près de deux ans après le Grenelle, la loi Grenelle I n'est toujours pas définitivement votée par le Parlement", a notamment relevé Cécile Duflot. Elle a toutefois indiqué que "sur la taxe carbone, les Verts restent bien sûr ouverts à une discussion sur la contribution énergie-climat ou sur la réforme, indispensable, vers une fiscalité écologique".
Jean-Luc Mélenchon, Front de gauche : "voix mielleuse" et "discours de combat"
"Une voix mielleuse, un discours de combat : le président a inauguré son nouveau pouvoir de parole sans réplique en faisant un réquisitoire contre le modèle social républicain. A mi-mandat, après tant de coupes claires, c'est une nouvelle feuille de route libérale qui est promulguée. Avec un manque total d'imagination mais une agressivité nullement entamée, Nicolas Sarkozy a enfilé les perles classiques du néolibéralisme : moins d'Etat, moins de fonctionnaires, moins d'élus, moins de retraite, le marché partout et pour tous".
PCF : "la manipulation est grossière"
"L'intervention de Nicolas Sarkozy annonce l'aggravation d'une politique dont les Français n'ont déjà que trop souffert. Comme à son habitude, Nicolas Sarkozy a d'autant plus rendu hommage au modèle français qu'il a annoncé une nouvelle étape de sa démolition. Concernant la retraite, la manipulation est grossière. Il veut amadouer le mouvement social. Le chef de l'Etat a pris moins de précaution pour attaquer frontalement les collectivités. Quant à l'Etat lui-même, il veut faire débattre de ses priorités tout en programmant son effacement".
RÉACTIONS SYNDICALES
FO souligne des contradictions
"Force ouvrière relève des contradictions dans le discours du président de la République, entre un rappel marqué aux principes et valeurs républicains et certaines pistes qui peuvent remettre en cause ces mêmes principes", écrit la confédération dans un communiqué. "Force est de constater que les salariés sont toujours les victimes de la crise et que les pistes avancées ces derniers jours sur la retraite, les arrêts maladie, le travail du dimanche, l'absence de coup de pouce au Smic risquent d'accroître fortement les inégalités", poursuit Force ouvrière. "La politique économique esquissée et confirmée risque ainsi d'aggraver le fossé entre les valeurs républicaines et la réalité sociale".
Une ambition affichée... mais la CFTC a des doutes sur les moyens
"Le président propose une sortie très claire du système capitaliste et on a envie de le prendre au mot", a déclaré le président de la CFTC Jacques Voisin. "Il a dit qu'il fallait tirer les leçons de la crise (...) il y a une ambition affichée mais il reste beaucoup de doutes sur les moyens. Le président a beaucoup évoqué l'investissement sur l'avenir, évidemment on ne peut qu'acquiescer (...) il a aussi évoqué le fait qu'il ne voulait pas d'une politique de rigueur, mais la grande question de la fiscalité reste posée, notamment celle du transfert des charges des entreprises. M. Sarkozy a aussi parlé de l'investissement social (...) en disant le bon déficit c'est celui qui finance l'amortisseur social et l'investissement productif, mais tout cela reste concrètement à faire".
D'après agence
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