Xavier Darcos remettant les prix du concours "un cartable léger et solide" au Salon de la maroquinerie (2 février 2009) © TF1/LCIIl n'est plus ministre de l'Education, mais fait tout de même une annonce de taille, qui ne manquera pas de provoquer la colère. Une colère que récupèrera et devra gérer son successeur, Luc Chatel... Le ministre sortant de l'Education (nommé mardi soir ministre du Travail : lire notre article), Xavier Darcos, annonce, dans un entretien à La Tribune que le quotidien publie ce mercredi, que le budget 2010 prévoira 16.000 suppressions de postes dans l'Education, la quasi-totalité étant les postes de stagiaires supprimés par la réforme de la formation des enseignants. "J'ai proposé de ne pas renouveler 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite", a déclaré Xavier Darcos.
"Il s'agit de 600 postes d'agents administratifs et de 14.000 postes d'enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l'enseignement privé (à hauteur de 1.400)", a-t-il ajouté. Au total, 34.000 postes de fonctionnaires seront supprimés dans le budget 2010, avait déjà annoncé auparavant le ministre du Budget Eric Woerth. La réforme de la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que les futurs enseignants seront recrutés au niveau "master 2" (bac +5) et que la formation incombe aux universités, et non plus aux IUFM. Du coup, pour la première année d'application de la réforme, à la rentrée 2010, les étudiants qui auront réussi le concours d'enseignants ne seront plus affectés en IUFM, mais directement en classe, ce qui permettra d'économiser à cette rentrée-là les 15.400 postes de fonctionnaires stagiaires cités.
Les lettres plafond fixant les crédits et les effectifs dont disposeront les ministères doivent être dévoilées mercredi aux parlementaires, selon le ministère de l'Education. Dans La Tribune, Xavier Darcos a ajouté que "le nombre de postes mis au concours en 2010 sera au moins égal à celui de la session 2009, dans le premier degré comme dans le second degré". Au ministère de l'Education, on fait remarquer que, hormis les suppressions de postes de fonctionnaires stagiaires qui sont la conséquence directe et déjà connue de la réforme de la formation des enseignants, il n'est pas prévu en 2010 d'autres suppressions de postes de professeurs. Ces suppressions ont été de 13.500 en 2009 et de 11.200 en 2008.
| Chatel devra "rompre" avec la politique de Darcos, dit le Snuipp |
Le nouveau ministre devra "rompre avec la politique éducative menée ces derniers mois", a réagi mardi soir dans un communiqué le Snuipp-FSU, premier syndicat d'enseignants du primaire. "Après des mois de tensions et de mépris envers les enseignants des écoles, après les suppressions de postes en Rased ou les propos blessants concernant l'école maternelle, le gouvernement ne peut se contenter de belles paroles", a-t-il ajouté. Le syndicat du primaire demande à rencontrer Luc Chatel "le plus rapidement possible" et souhaite des "mesures urgentes comme le retrait des décrets sur la formation des enseignants et la recherche d'une solution pour les dizaines de milliers de personnels EVS dont les contrats s'achèvent le 30 juin". "Il est urgent de prendre des mesures pour, dès la rentrée, faire face à la hausse des effectifs dans les écoles élémentaires et maternelles, ce qui impose de revenir sur les suppressions" de postes, a aussi écrit le SNUipp. |
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