François Bayrou à la Mutualité, le 3 juin 2009 © LCIFrançois Bayrou a terminé jeudi soir à Strasbourg sa campagne des européennes sur de virulentes attaques contre Daniel Cohn-Bendit et les "manipulations" des sondages, qui montrent un Mouvement Démocrate talonné, voire dépassé, par Europe Ecologie. Pour le "troisième homme" de la présidentielle et son tout jeune parti, officiellement créé il y a un an et demi, l'enjeu est de taille : cette élection est censée lui permettre de s'affirmer comme troisième force politique française avant les régionales de 2010 et, surtout, la présidentielle de 2012.
Or, un sondage TNS-Sofres-Logica, a placé jeudi pour la première fois les listes emmenées par Daniel Cohn-Bendit devant celles du MoDem, avec 13,5% d'intentions de vote (+2,5) comparé à 11% (-2) pour le parti orange. Ipsos a placé les deux formations à égalité à 11%, mais en raison d'un recul d'un point du MoDem. Opinionway-Fiducial a crédité les listes bayroutistes d'un demi-point d'avance sur les écologistes, mais l'écart était précédemment de trois points. Ces derniers jours déjà, le MoDem paraissait en perte de vitesse, cédant de 0,5 à 1 point, à 11-13% dans les sondages alors que jusqu'à la semaine dernière, il semblait sur une pente ascendante. Une enquête TNS Sofres Logica du 28 mai l'avait même mis à cinq points seulement du PS.
Haute tension entre Bayrou et Cohn-Bendit
En France, "beaucoup de gens considèrent les sondages comme des techniques, non pour rendre compte de l'opinion, mais pour manipuler l'opinion", a commenté François Bayrou à son arrivée devant les journalistes à Strasbourg en début de soirée. "Il y a des moments où les sondages deviennent des armes, et ceux qui sont puissants ont plus de facilité à manier ces armes", a-t-il dit, dénonçant le "climat délétère" de la vie politique française actuelle. Le matin sur France Inter, il avait été encore plus explicite. "S'il y a au pouvoir ou proches du pouvoir des gens qui sont les organisateurs de tout cela, alors il va falloir qu'on regarde de près et que la démocratie se défende". Des accusations qualifiées "d'outrancières" par le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand.
Le coude-à-coude dans les sondages entre Verts et MoDem a également contribué jeudi à une nouvelle escalade dans les attaques entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit, qui avaient pourtant fait estrade commune pour défendre le oui au référendum européen de 2005. L'eurodéputé Vert a accusé depuis plusieurs semaines le leader centriste de "dérailler" en mêlant les thèmes nationaux et sa virulente critique du sarkozysme, à la campagne européenne. François Bayrou l'a pour sa part accusé de jouer "directement dans le jeu de Sarkozy". Jeudi, lors d'un débat audiovisuel, les deux hommes en sont même venus aux insultes.
Lors d'un point de presse improvisé à Strasbourg, François Bayrou est encore longuement revenu sur la question, appelant Daniel Cohn-Bendit à "assumer ses écrits" dans lesquels "il raconte des pratiques qui sont pour moi insupportables". Devant plusieurs centaines de militants réunis à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg, François Bayrou a ensuite soigneusement évité ces sujets qui auraient pu assombrir la fête. Il a préféré faire un vibrant plaidoyer pour le maintien du Parlement européen dans la "capitale parlementaire de l'Europe", afin que "la voix des peuples ne soit pas fondue à l'intérieur du chaudron des institutions bruxelloises".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





