Le référendum, pas un "largage" de la Martinique

le 27 juin 2009 à 07h40 , mis à jour le 27 juin 2009 à 08h56

Nicolas Sarkozy aux AntillesNicolas Sarkozy aux Antilles © REUTERS

Quatre mois après les violentes grèves de l'hiver, Nicolas Sarkozy s'est efforcé d'accélérer les débats des états généraux de l'outremer, qui doivent déboucher en octobre sur des décisions censées apaiser la crise politique et  sociale qui persiste dans les deux îles françaises des Caraïbes. Le chef de l'Etat a conclu vendredi son séjour antillais en annonçant l'organisation d'un référendum sur un éventuel statut d'autonomie pour la Martinique. Sur la question sensible du statut, Nicolas Sarkozy a répondu vendredi matin aux attentes des élus du département-région de Martinique en annonçant qu'il  consulterait la population "sur l'évolution institutionnelle de leur territoire, comme la Constitution m'y autorise".

  • Collectivité unique : c'est oui pour la Guyane et la Martinique

    Au lieu d'être gérés par un conseil régional et un conseil général, ces régions seront désormais bientôt gérées par une seule collectivité, avec les mêmes règles juridiques que la métropole. Seul bémol du scrutin: une faible participation.

    Publié le 25/01/2010 Collectivité unique : c'est oui pour la Guyane et la Martinique
  • Martiniquais et Guyanais face aux choix de l'autonomie

    Les Martiniquais se prononçaient dimanche par référendum pour ou contre une transformation de la Martinique en une collectivité d'Outre-mer. La Guyane était consultée sur la même question.

    Publié le 10/01/2010 Martiniquais et Guyanais face aux choix de l'autonomie
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Mais le chef de l'Etat a toutefois strictement encadré l'exercice en indiquant qu'il ne cachait pas "un je ne sais quel largage de la République". "Le débat qui est  ouvert est celui du juste degré d'autonomie", a-t-il insisté, "tant que je serai président de la République, la question de l'indépendance de la Martinique ne sera pas posée". Le calendrier et les modalités du référendum seront définis "d'ici à fin  septembre, début octobre", après consultation des élus martiniquais. Ces discussions permettront également, selon le chef de l'Etat, de répondre à la résolution des élus de Martinique, qui ont demandé le report des élections régionales prévues en 2010 dans la perspective de ce référendum.
 
Sarkozy met en garde Domota
 
L'annonce de cette consultation a réjoui les élus locaux. "La Constitution  française ne pourra pas rester longtemps insensible aux aspirations de nos  peuples", a relevé le député-maire apparenté socialiste de Fort-de-France Serge Letchimy. "Les rapports avec la France doivent être redessinés", a abondé le député indépendantiste Alfred Marie-Jeanne. En Guadeloupe, les élus ont tous demandé vendredi au chef de l'Etat un délai  de dialogue supplémentaire de dix-huit mois avant d'évoquer, eux aussi, leur avenir institutionnel. "Si on organise dans la précipitation une consultation référendaire, ce sera un non massif", a plaidé le président PS du Conseil régional Victorin Lurel. "En Guadeloupe, dès qu'on parle des institutions, la population a peur", a confirmé  la sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry. "Rétablissons d'abord la confiance,  établissons le dialogue", selon elle. Le chef de l'Etat a accepté le délai demandé par les Guadeloupéens et s'est  lui aussi exprimé en faveur du dialogue dans l'archipel, toujours agité par les actions musclées du collectif LKP, qui boude les états généraux.
 
Au mouvement d'Elie Domota, Nicolas Sarkozy a adressé une sévère mise en garde en assurant qu'il serait "très ferme sur le respect des principes républicains". "Le droit de grève est un droit légitime mais il ne peut pas être  utilisé comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique",  a-t-il menacé lors d'un discours à Petit-Bourg. Venu en Guadeloupe avec la volonté "d'apaiser les choses", le président a  toutefois tendu la main en appelant tous les acteurs, y compris les syndicats, à  "participer à la construction de cette nouvelle France". "Maintenant, il est  temps de regarder plus loin et de bâtir", a-t-il exhorté. A ceux enfin qui lui reprochaient la brièveté de son séjour antillais (à  peine plus de 24 heures), Nicolas Sarkozy a répondu efficacité. "Serrer les  mains n'est pas le plus difficile. Ce qu'on attend de moi, c'est des décisions",  a-t-il plaidé. Avant d'épingler les "discours exotique, dégoulinants de bons sentiments" de ses prédécesseurs.
 
D'après agence

"Relents de colonialisme" selon le LKP

Environ 500 personnes ont assisté  vendredi soir à Pointe-à-Pitre à un meeting du LKP qui, avec une manifestation  prévue samedi dans la même ville, constitue le point d'orgue de la "semaine de mobilisation" décrétée par le collectif. Tous les orateurs, qui se sont exprimés en créole durant plus de trois  heures, ont fustigé les "relents de colonialisme", selon eux, du discours  prononcé dans l'après-midi par Nicolas Sarkozy lors d'une réunion des états généraux de l'outre-mer à Petit-Bourg. "Tous les élus guadeloupéens sont devenus sarkozystes", a affirmé un  syndicaliste paysan, qui avait préalablement fait observer que "le patronat  paysan" adhère au LKP, en leur reprochant leur concordance de vues avec le discours du président de la République. Elie Domota, le principal porte-parole du LKP et secrétaire général de la  centrale syndicale indépendantiste UGTG, ne s'est pas exprimé vendredi soir.

le 27 juin 2009 à 07:40
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31 Commentaires

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  • Benedicte, le 15/10/2009 à 23h19

    Un réferendum? mais lequel? une autonomie? une seule assemblée? saint bart a déjà son autonomie. et pourquoi pas une réféundum au plan national comme en nouvelle -calédonie ( les accords de matignon de rocard) et la polynésie française qui a aussi une autonomie avec une assemblée territoriale Mari Pasoula, j'ai eu la chance d'y aller c''st magnifique. une autonomie est la solution (et non l'indépendance) et poourquoi pas ce modèle pour la métropole pour les collectivités territoriales sur le modèle de l'Alsace-Moselle? l'autonomie n'est pas l'indépendance. mais en Guyane, quelle sera le statut de Kourou? au niveau européen une autonomie popur que la France est une place en Amérique; pourquoi la France ne s'est jamais servi de ces territoires pour développer une politique stratégique et des partenariats en caraibes et avec le brésil pays émergent comme la france a su le faire dans l'espace indo-pacifique avec la polynésie et la nouvelle calédonie. alors que tout le monde sait que le développement économique et politique n'est pals dans la vielle europe mais en amérique latine et dans l'espace pacifique. On pose question affective et trop administrative et non pas politique au sens fort du terme. Où est la décentralisation en France? elle n'existe pas; un rééférendum pour savoir si il faut une seule assemblée territoriale ? si la réponse est non; il y aura un deuxième vote ; une seule assemblée mais sans rôle élargie. tout le monde parait d'accord sur une assemblée. alors pourquoi un vote en deux temps.Et tout ceci avant les élections régionales! et la Guadeloupe? il n'y a pas de débat sur quel avenir pour ces territoires. comment régir la vie ensemble . il faut supprimer la superposition de deux assemblées; il faut une rationalisation

  • Emilial, le 19/08/2009 à 21h19

    Sans l'outre-mer française de Gaulle aurait été bien ridicule pour donner sa liberté au français. Respecté au moins l'outre-mer pour ça.

  • Gekko, le 28/06/2009 à 20h29

    Ce que les antilles retiennent du passage de sarkosy????, c'est qu'il est encore plus balaise que Mickael Jackson en moon-walk, il arrive à faire croire qu'il avance alors qu'il recule..........

  • Candale, le 28/06/2009 à 14h43

    Michel vous faite koi de l'opinion des antillais de metropole c'est aussi leurs iles josée martiniquaise qui veut rester française

  • Phil, le 28/06/2009 à 13h29

    Quand je désire postuler un emploi aux DOM-TOM,on m'explique que ces emplois doivent être réserver à la population autochtone.Je suis d'accord.Quand je désire postuler un emploi en FRANCE,on me dit qu'il faut attribuer un pourcentage d'emplois aux ressortissants de ces DOM-TOM sous peine de discrimination.Respectons donc les idées des intellectuels de ces DOM-TOM,tels que le regretté AIMÉ CÉSAIRE.Accordons leur enfin l'indépendance !!!

  • Ravach, le 28/06/2009 à 11h54

    "Le respect des principes républicains !" Lequel , celui qui passe outre les votes de ces citoyens (mais apparament le citoyens aime ça)?Celui qui fait passer et repasser les lois qu'y les arrangent?Celui qui met a dans ces prison des prisonniers politiques (ou terroristes...)?Celui qui exploite encore les richesses de pays du sud pour que les bons petits citoyens puissent avoir de l'esence et de l'électricité a pas cher?Celui qui exporte c'est usine pour polluer ces memes pays?Celui qui envois ces jeunes se faire tuer a l'autre bout de la planete pour je ne sais qu'elle liberté ? Bah , les Français non jamais mérité les Antilles.

  • Viviane, le 28/06/2009 à 00h22

    Laissons Obama s'occupait des USA , il n'est pas français que je sache. Quant à l'outre mer français DOM TOM , il ne faut pas oublier que la majorité de ses habitants sont français et veulent le rester. Que ceux qui ne connaissent pas l'Outre mer se taisent . On donne son avis sur un sujet que l'on connaît. Si Bovet demandait l'indépendance de l'Aveyron ou du Lot que diriez vous ? Viviane de Nouméa

  • Max, le 27/06/2009 à 23h38

    Les Martiniquais sont des français citoyens depuis 1848(abolition de l'esclavage)les colons étaient dédommagés tandis que le peuple saisissait sa liberté.Jusqu'à aujourd'hui la mise a niveau des droits par rapport aux départements de metropole se fait a petits pas,aussi les descendants de certains colons sont toujours très puissants ici, ce qui entraine ce sentiment d'exclusion de la population Martiniquaise.Mr Sarkosy a décoré nos anciens combattants cette semaine c'était inespéré ,merci Mr Sarkosy. Il y a tant de choses a mettre en ordre.Ceux qui demandent l'independance chez nous le font par rancoeur ou sont puissants .Merci de me publier.

  • Michel, le 27/06/2009 à 22h12

    Je pense que l'idée ne va pas assez loin, il faudrait faire voter nos DOM.TOM et uniquement ceux qui y habitent depuis au moins 4 ans pour savoir s'ils veulent ou non l'indépendance et ensuite respecter leur choix. Au moins le résultat serait le reflet de la volonté des habitants , ensuite on n'y revient plus avant 30 ans.

  • Le gaulois, le 27/06/2009 à 19h15

    Madame Catty Belleme: le balbutiement d'Obama c'est comme le sursaut de Martine Aubry!!

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