Nicolas Sarkozy aux Antilles © REUTERSQuatre mois après les violentes grèves de l'hiver, Nicolas Sarkozy s'est efforcé d'accélérer les débats des états généraux de l'outremer, qui doivent déboucher en octobre sur des décisions censées apaiser la crise politique et sociale qui persiste dans les deux îles françaises des Caraïbes. Le chef de l'Etat a conclu vendredi son séjour antillais en annonçant l'organisation d'un référendum sur un éventuel statut d'autonomie pour la Martinique. Sur la question sensible du statut, Nicolas Sarkozy a répondu vendredi matin aux attentes des élus du département-région de Martinique en annonçant qu'il consulterait la population "sur l'évolution institutionnelle de leur territoire, comme la Constitution m'y autorise".
Collectivité unique : c'est oui pour la Guyane et la Martinique
Au lieu d'être gérés par un conseil régional et un conseil général, ces régions seront désormais bientôt gérées par une seule collectivité, avec les mêmes règles juridiques que la métropole. Seul bémol du scrutin: une faible participation.
Publié le 25/01/2010
Martiniquais et Guyanais face aux choix de l'autonomie
Les Martiniquais se prononçaient dimanche par référendum pour ou contre une transformation de la Martinique en une collectivité d'Outre-mer. La Guyane était consultée sur la même question.
Publié le 10/01/2010
Mais le chef de l'Etat a toutefois strictement encadré l'exercice en indiquant qu'il ne cachait pas "un je ne sais quel largage de la République". "Le débat qui est ouvert est celui du juste degré d'autonomie", a-t-il insisté, "tant que je serai président de la République, la question de l'indépendance de la Martinique ne sera pas posée". Le calendrier et les modalités du référendum seront définis "d'ici à fin septembre, début octobre", après consultation des élus martiniquais. Ces discussions permettront également, selon le chef de l'Etat, de répondre à la résolution des élus de Martinique, qui ont demandé le report des élections régionales prévues en 2010 dans la perspective de ce référendum.
Sarkozy met en garde Domota
L'annonce de cette consultation a réjoui les élus locaux. "La Constitution française ne pourra pas rester longtemps insensible aux aspirations de nos peuples", a relevé le député-maire apparenté socialiste de Fort-de-France Serge Letchimy. "Les rapports avec la France doivent être redessinés", a abondé le député indépendantiste Alfred Marie-Jeanne. En Guadeloupe, les élus ont tous demandé vendredi au chef de l'Etat un délai de dialogue supplémentaire de dix-huit mois avant d'évoquer, eux aussi, leur avenir institutionnel. "Si on organise dans la précipitation une consultation référendaire, ce sera un non massif", a plaidé le président PS du Conseil régional Victorin Lurel. "En Guadeloupe, dès qu'on parle des institutions, la population a peur", a confirmé la sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry. "Rétablissons d'abord la confiance, établissons le dialogue", selon elle. Le chef de l'Etat a accepté le délai demandé par les Guadeloupéens et s'est lui aussi exprimé en faveur du dialogue dans l'archipel, toujours agité par les actions musclées du collectif LKP, qui boude les états généraux.
Au mouvement d'Elie Domota, Nicolas Sarkozy a adressé une sévère mise en garde en assurant qu'il serait "très ferme sur le respect des principes républicains". "Le droit de grève est un droit légitime mais il ne peut pas être utilisé comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique", a-t-il menacé lors d'un discours à Petit-Bourg. Venu en Guadeloupe avec la volonté "d'apaiser les choses", le président a toutefois tendu la main en appelant tous les acteurs, y compris les syndicats, à "participer à la construction de cette nouvelle France". "Maintenant, il est temps de regarder plus loin et de bâtir", a-t-il exhorté. A ceux enfin qui lui reprochaient la brièveté de son séjour antillais (à peine plus de 24 heures), Nicolas Sarkozy a répondu efficacité. "Serrer les mains n'est pas le plus difficile. Ce qu'on attend de moi, c'est des décisions", a-t-il plaidé. Avant d'épingler les "discours exotique, dégoulinants de bons sentiments" de ses prédécesseurs.
D'après agence
"Relents de colonialisme" selon le LKP |
Environ 500 personnes ont assisté vendredi soir à Pointe-à-Pitre à un meeting du LKP qui, avec une manifestation prévue samedi dans la même ville, constitue le point d'orgue de la "semaine de mobilisation" décrétée par le collectif. Tous les orateurs, qui se sont exprimés en créole durant plus de trois heures, ont fustigé les "relents de colonialisme", selon eux, du discours prononcé dans l'après-midi par Nicolas Sarkozy lors d'une réunion des états généraux de l'outre-mer à Petit-Bourg. "Tous les élus guadeloupéens sont devenus sarkozystes", a affirmé un syndicaliste paysan, qui avait préalablement fait observer que "le patronat paysan" adhère au LKP, en leur reprochant leur concordance de vues avec le discours du président de la République. Elie Domota, le principal porte-parole du LKP et secrétaire général de la centrale syndicale indépendantiste UGTG, ne s'est pas exprimé vendredi soir. |
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