Nicolas Sarkozy devant le Congrès (22 juin 2009) © TF1/LCILes parlementaires de droite ont longuement applaudi, debout, Nicolas Sarkozy lundi à l'issue de son discours devant le Congrès du Parlement à Versailles. Certains députés et sénateurs de la majorité ont sorti des appareils-photos pour immortaliser l'instant. Ceux de gauche au contraire, tout comme François Bayrou, sont restés ostensiblement assis au moment où il quittait l'hémicycle. Le voisin du chef du MoDem, le président du PRG Jean-Michel Baylet, lui a glissé un mot à l'oreille avant de se lever. Mais si François Bayrou a hésité un instant, regardant autour de lui, il a finalement décidé de rester sur son siège.
Images symboliques d'une "première" institutionnelle pour la Ve République, boudée par l'ensemble de l'opposition, alors que le gouvernement au complet a assisté au discours du chef de l'Etat. Le débat qui a suivi a été écourté faute de combattants, les socialistes venus écouter le discours du chef de l'Etat ayant décidé de ne pas participer à un exercice qu'ils dénoncent. Ils s'étaient vainement opposés le matin au nouveau règlement du Congrès, qui a permis le discours du président devant les parlementaires. Le texte a été validé à main levée, puis déclaré conforme par le Conseil constitutionnel.
"Et si on restait jusqu'en 2012 !"
La nuée de parlementaires, sauf les communistes et les Verts qui ont boycotté Versailles, s'est ensuite dispersée dans les couloirs à damiers du domaine de Louis XIV, chacun retrouvant son groupe pour établir le mot d'ordre de la journée. Celui de l'UMP était de dénoncer "le silence et l'absence de l'opposition, incompréhensible et extravagant". "C'est un moment historique, je suis désolé que nos collègues de l'opposition ne prennent pas le train de la modernité", a dit le président du groupe UMP au Sénat, Henri de Raincourt.
Les socialistes se sont offert une promenade jusqu'à la salle du Jeu de Paume, devant laquelle ils ont fait le serment de lutter contre la "dérive présidentialiste du régime". Le symbole a été soigneusement choisi pour faire écho à la Révolution française de 1789. "Ici, des députés du tiers état ont bravé le pouvoir royal. Ils ont pris le risque de quitter les états généraux pour se constituer en assemblée nationale", a expliqué le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault. Et de réclamer de pouvoir s'exprimer devant le Premier ministre, à défaut de pouvoir le faire devant le chef de l'Etat. "Si le Premier ministre ne donne pas suite à notre demande de présenter un discours de politique générale après lequel nous puissions avoir un débat et un vote, alors nous aurons la vraie lecture de la réforme constitutionnelle de l'an dernier : un lent glissement vers un régime hyper-présidentiel de type plébiscitaire et un président de la République qui pense qu'entre lui et le peuple, il n'y a rien", a-t-il dit.
La visite du Jeu de Paume a donné à chacun l'occasion de prendre des photos devant Bailly prêtant serment et de découvrir les noms des lointains prédécesseurs, envoyés de Dordogne, de Poitou ou d'ailleurs pour participer aux états généraux. "Et si on restait jusqu'en 2012 !", proposait un élu. Mais pour le député socialiste Daniel Goldberg, "cette journée, c'est une conférence de presse à 400.000 euros aux frais des contribuables", mais aussi des parlementaires (25 euros le repas) et des journalistes (10 euros le menu avec sandwich). Un buffet avait été installé à l'Orangerie pour les élus, mais d'autres ont préféré chercher une table dans Versailles.
D'après agences
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