Photo de famille du gouvernement Fillon 4 © DR |
> Huit nouveaux, huit sortants |
L'ampleur du remaniement annoncé mardi en a surpris plus d'un. A commencer par les membres du PS pour qui, outre la fin de l'ouverture, le bouleversement amené par le gouvernement Fillon IV est aux antipodes de l'ajustement précédemment annoncé. A droite, on souligne surtout la solidité de la nouvelle équipe.
Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a estimé mardi que le remaniement opéré constituait un "nouveau gouvernement" et non "un simple aménagement technique" et nécessitait donc une déclaration de politique générale du Premier ministre François Fillon. "Comme je l'ai demandé depuis plusieurs jours et notamment devant le Congrès du Parlement réuni à Versailles, les socialistes demandent solennellement à ce que le Premier ministre vienne présenter dès la semaine prochaine son programme de gouvernement dans le cadre d'une déclaration de politique générale, suivie d'un débat et d'un vote", a-t-il ajouté.
"Mitterrand est de droite (...) il est tout à fait à sa place"
Michel Sapin, membre de la direction du PS, est revenu lui sur l'absence de nouveaux transfuges au gouvernement. "L'ouverture c'est fini", a déclaré Michel Sapin mardi soir sur LCI, estimant par ailleurs qu'"à défaut" on "essaie de jouer sur les noms de famille", allusion à la nomination de Frédéric Mitterrand au ministère de la Culture. "Comme on ne trouve plus de nom dont on ferait changer les convictions, on cherche des noms qui peuvent laisser place aux apparences". Revenant précisément sur l'arrivée du neveu de François Mitterrand à la Culture, Michel Sapin a estimé que ce dernier "a beaucoup de qualités, est un grand homme de culture qui a toujours pensé à droite et qui est, donc, tout à fait à sa place".
Le député Européen et secrétaire national du PS Harlem Désir estime in fine que Nicolas Sarkozy a "placé ses hommes". Et "en fait d'ouverture, le président de la République continue à placer ses hommes, ceux de l'appareil de l'UMP à tous les rouages, à tous les niveaux de l'Etat", ajoute-t-il. Et de détailler : "Avec l'arrivée au gouvernement de Christian Estrosi, de Pierre Lellouche, de Brice Hortefeux à l'Intérieur, la composition de ce gouvernement est marquée de plusieurs signaux inquiétants de fermeture", estime le député européen qui fustige également la poursuite d'une politique qui a échoué.
"Pas nécessaire d'engager la responsabilité du gouvernement"
Du côté de la majorité, évidemment, le ton est différent. Ainsi, Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre estime mercredi que la nouvelle équipe Fillon était "solide" et "ouverte" et s'est félicité de l'arrivée à la Culture de Frédéric Mitterrand, symbole, selon lui, de "ces hommes et femmes de gauche de coeur plutôt que partisans". Le nouveau ministre chargé des Relations avec le Parlement Henri de Raincourt a de son côté directement répondu mercredi à Jean-Marc Ayrault, déclarant qu'il n'était "pas nécessaire" pour François Fillon d'engager sa responsabilité devant le Parlement après le remaniement du gouvernement. Lors du Congrès du Parlement, "le président de la République nous a délivré notre programme de travail pour la France pour les prochaines années, le débat a eu lieu après", a souligné Henri de Raincourt.
Le ministre de l'Immigration Eric Besson, ex-socialiste devenu secrétaire général adjoint de l'UMP, affirme quant à lui que la politique d'ouverture du président Sarkozy est sortie "intacte" du
remaniement ministériel annoncé la veille.
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