Image d'archives © TF1/LCICondamné au mutisme lundi à Versailles, François Fillon réunit dimanche son gouvernement fraîchement remanié pour un séminaire visant à programmer l'utilisation qui sera faite de l'emprunt national annoncé par Nicolas Sarkozy. "Avant de lancer l'emprunt, on va d'abord définir les vraies priorités stratégiques", a expliqué le Premier ministre, qui juge "essentiel que pas un euro ne soit utilisé à des dépenses qui ne seraient pas des dépenses utiles". Le séminaire ne devrait toutefois pas déboucher sur un catalogue précis. "Il s'agit d'explorer des pistes", notamment en "demandant aux ministres quels sont les besoins", et ensuite "définir la méthode pour les trois mois qui viennent", a souligné Matignon.
Parmi les secteurs stratégiques qui pourraient être retenus, le Premier ministre a livré plusieurs indices, évoquant notamment vendredi "le numérique, qu'il s'agisse des nanotechnologies ou du logiciel, qui irrigue d'une manière croissante tous les secteurs industriels". Il a aussi mentionné "les biotechnologies, pour répondre aux défis de l'accroissement des dépenses de santé et du vieillissement de la population", "les écotechnologies, pour répondre au défi du réchauffement climatique" et à la "prise en compte de l'activité humaine sur l'environnement", ou encore "la voiture du futur". Il a également insisté sur la notion de "pôles de compétitivité".
"Consultation balisée"
Sur le niveau global de l'emprunt, aucun montant n'a été officiellement évoqué. Mais la presse a parlé de 80 à 100 milliards d'euros. Un chiffre mirobolant dans un contexte marqué par un assombrissement constant des finances publiques. "A répéter que les caisses sont vides, il ne faudrait pas accréditer l'idée - paradoxale - qu'elles sont inépuisables", a mis en garde le président de la Cour des comptes Philippe Séguin. Soucieux de ne pas écorner son image de défenseur de la rigueur budgétaire, François Fillon a répété que la lutte contre les déficits était "un objectif auquel (il) ne renoncerait jamais".
Reste également à définir les modalités de l'emprunt: savoir si l'Etat fera appel à la fois aux Français et aux marchés financiers, ou seulement aux uns ou aux autres. Christine Lagarde a fait connaître sa préférence pour cette solution "mixte", alors que selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche et M6, 82% des Français n'ont pas l'intention d'y souscrire. Une concertation est prévue pour définir ces priorités, de juillet à septembre, qui débutera mercredi par une consultation à l'Elysée des syndicats, qui formulent d'ores et déjà de grosses réserves sur la méthode. La CGT observe ainsi que "cette consultation est déjà étroitement balisée" par des orientations gouvernementales responsables de pertes de recettes pour l'Etat: maintien du bouclier fiscal et des exonérations de charges patronales, suppression de la taxe professionnelle. Quant à François Chérèque (CFDT), favorable à "tout ce qui va dans le sens de l'écoute et de la concertation", il juge aussi qu'"on ne peut pas aborder" la question de l'emprunt et de son affectation "sans avoir une fiscalité plus juste".
D'après agence
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