La salle du Congrès, à Versailles © LCI |
| Le discours du président de la République est à suivre en direct sur LCI.fr dès 15 heures. |
"C'est un exercice comparable à aucun autre. Le président nous dira : voilà où nous en sommes, voilà ce que nous voulons faire. Ce n'est pas un changement de cap", assure un proche du chef de l'Etat. En-dehors de ces quelques indications, très peu d'informations ont filtré sur la teneur du discours que va prononcer lundi après-midi Nicolas Sarkozy devant le Congrès. Comme prévu à 10h30, le président du Congrès, Bernard Accoyer, a ouvert la réunion à Versailles. Un peu plus tard dans la matinée, les 920 parlementaires (577 députés et 343 sénateurs) ont adopté une modification du règlement du Congrès, formalité pour mettre en oeuvre les modalités de la prise de parole du président de la République.
L'exercice s'annonce d'emblée historique, puisque le chef de l'Etat sera le premier à s'exprimer dans cette enceinte depuis plus d'un siècle et demi. La venue de Nicolas Sarkozy devant l'ensemble des parlementaires a été rendue possible par la réforme de la Constitution, votée le 21 juillet 2008, qui a levé l'interdiction, inscrite dans la Constitution en 1875, faite au président de prendre la parole devant les parlementaires. Avant lui, le dernier au cours de l'histoire de France à l'avoir fait était Charles-Louis Napoléon Bonaparte : c'était en 1848, sous la IIe République. Pour ce rendez-vous historique, le Premier ministre, François Fillon, sera présent mais ne s'exprimera pas. Trois ministres l'accompagneront : Jean-Louis Borloo, seul ministre d'Etat (Ecologie), Michèle Alliot-Marie (Intérieur) et Roger Karoutchi (secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement).
Quelle société pour demain ?
Mais les mots que prononcera le chef de l'Etat seront aussi entendus par les Français puisqu'ils seront retransmis en direct sur les chaînes d'information en continu. Et c'est donc aussi à toute la population que Nicolas Sarkozy s'adressera pour énoncer les "choix stratégiques forts" de son mi-mandat. Ce premier discours présidentiel devant les élus de la Nation - qualifié de "bonne chose" par 56% des Français, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche - sera suivi d'un débat, sans vote. Un débat probablement sans heurts, l'opposition ayant choisi de ne pas participer : socialistes et radicaux de gauche viendront seulement écouter le président, communistes et Verts boycotteront purement et simplement le Congrès.
Nul doute que la crise tiendra une place conséquente dans ce discours. Alors que "le pays est plongé dans une crise d'une violence inouïe, il est important que le président remette en perspective l'action du gouvernement pour les mois à venir", a souligné Luc Chatel, porte-parole du gouvernement. Selon lui, "il ne s'agira pas d'une panoplie de mesures contre la crise, même si cela n'exclut pas un certain nombre de prises de position sur les grands sujets. Il dira d'abord et avant tout quelle est la vision de la société qu'il compte proposer aux Français. Dans le contexte de la crise, il est utile de mieux expliquer ce qu'il veut pour les Français".
Les thèmes attendus
Un responsable de la majorité précise toutefois que le président devrait insister sur la réforme des collectivités territoriales. Le président tient d'autant plus à cette réforme, qualifiée "d'extrêmement difficile" par Edouard Balladur, président du comité pour la réforme des collectivités locales, qu'il la voit comme une source d'efficacité et d'économies substantielles en temps de crise. En annonçant cette réforme, le 25 septembre 2008 à Toulon, Nicolas Sarkozy avait dénoncé "le nombre d'échelons des collectivités locales" et "l'enchevêtrement des compétences". "Si nous voulons une économie compétitive, nous ne pouvons plus lui faire supporter un poids excessif des dépenses publiques", avait-il dit.
Parmi les autres sujets abordés, pourraient figurer l'emploi des seniors, le "cinquième risque" (dépendance) et le port du voile intégral. Nicolas Sarkozy devrait également évoquer le remaniement ministériel, qui pourrait intervenir dès mardi. Conforté par les résultats des élections européennes, qui ont donné la part belle au parti majoritaire, le chef de l'Etat pourrait ne procéder, selon certains de ses proches, qu'à un remaniement a minima.
D'après agence
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