La n°1 du PS a évoqué "la responsabilité de tous les partis" et de Nicolas SArkozy dans le fait que "malheureusement" l’Europe n’ait pas su mobiliser, assurant "prendre surtout toute la mesure de la responsabilité" du mauvais score du PS. © eTF1Déboussolés par leur lourde défaite aux européennes, qui remet en cause leur hégémonie à gauche, les socialistes, s'ils ne réclament pas la tête de leur patronne, Martine Aubry, veulent un changement radical d'orientation politique et de méthode.
L'heure de vérité devait sonner mardi avec la réunion du Conseil national (Parlement du parti) à 17 heures dans un grand hôtel parisien, en principe à huis clos. Des explications de texte au couteau sont attendues. Selon un cadre, "soit la majorité reste soudée et il ne se passera pas grand chose, soit les proches du porte-parole Benoît Hamon, battu dimanche, montent au créneau, décident de quitter la majorité et ça pète !". Benoît Hamon prendra sa décision "collectivement" mardi avec ses camarades de quitter ou non son poste de porte-parole, selon un proche, Razzy Hammadi.
Au-delà, Martine Aubry pourrait proposer de rassembler plus largement le parti. Elle a déjà promis la vice-présidence de l'Internationale socialiste à Ségolène Royal. L'idée d'états généraux a été lancée. "Elle pourrait ouvrir la direction à Vincent Peillon et Pierre Moscovici", selon un haut dirigeant. Pierre Moscovici, lui, propose que "les principales figures du parti dans leur diversité, Ségolène Royal, Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, François Hollande, Bertrand Delanoë", lui-même ainsi que d'autres "quadras" disposent "d'un lieu pour débattre des grandes orientations politiques plutôt que d'être laissés en lisière".
"Ecuries d'Augias"
Les appels fusent en tout cas pour que Martine Aubry donne un coup d'accélérateur : Vincent Peillon réclame des "initiatives fortes". Manuel Valls prévient que si le PS "ne se régénère pas", il serait "en danger". Opposant virulent à Martine Aubry, le maire de Lyon Gérard Collomb appelle même à "purifier" un PS comparé aux "écuries d'Augias". Jugeant que le parti a reçu "une claque méritée", le député Arnaud Montebourg veut "un nouveau parti de toutes les gauches". Les présidentiables -Ségolène Royal, François Hollande, Laurent Fabius- sont quant à eux restés muets.
Six mois après le calamiteux congrès de Reims qui l'a intronisée dans la douleur, Martine Aubry se sent-elle menacée? "Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de candidats", ironise-t-elle. Seul Malek Boutih, proche de Ségolène Royal, a souhaité que le maire de Lille "tire les conséquences" du scrutin, appel implicite à sa démission.
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