Serge Dassault/Image d'archives © DRSerge Dassault, sénateur-maire UMP de Corbeil-Essonnes, et confronté à un recours en annulation des élection municipales déposé devant le Conseil d'Etat, a porté plainte contre dix personnes ayant produit des attestations l'accusant d'achats de voix - attestations qu'il juge "mensongères". Cette contre-attaque a été révélée par l'avionneur et patron de presse de 84 ans dans un courrier du 3 juin adressé au Conseil d'Etat, révélé par lepoint.fr.
Lors de la séance du 22 mai, le rapporteur public, chargé de dire le droit, avait préconisé l'annulation des élections et l'inéligibilité pour un an de Serge Dassault. Il avait, selon le sénateur-maire, "fondé ses conclusions essentiellement sur dix attestations qui avaient pourtant été rejetées par le tribunal administratif (en première instance ndlr) qui les avait jugées non circonstanciées et indirectes". Trois attestations de témoins "directs", contre lesquels Serge Dassault avait déjà porté plainte, avaient été écartées par le rapporteur public, selon l'entourage du sénateur-maire, qui n'avait jusqu'alors pas jugé utile d'attaquer les dix attestations indirectes. Mais, poursuit l'élu dans cette lettre, "le rapporteur public a clairement opéré une distinction entre les attestations contre lesquelles j'avais déposé plainte, qu'il a écartées de sa démonstration et les autres témoignages". D'où cette décision d'attaquer à leur tour les autres attestations.
Témoignages et rétractations
Le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative, est saisi d'un recours en annulation des élections municipales par Bruno Piriou, principal opposant de Serge Dassault, battu au second tour avec 170 voix d'écart... et lui-même menacé d'une inéligibilité d'un an pour n'avoir pas intégré dans ses comptes de campagne la location d'une salle qu'il croyait gratuite. Bruno Piriou voit dans ces plaintes "une cartouche de dernière minute", qui n'aura, selon lui, "pas d'incidence" sur la décision, laquelle doit être rendue lundi matin. Ce qui ne devrait toutefois pas clore l'affaire : si cette décision lui était défavorable, Serge Dassault saisirait la Cour européenne des Droits de l'Homme pour "violation de la présomption d'innocence et condamnation sans preuve", selon son entourage.
Quelques jours avant une première audience devant le Conseil d'Etat le 25 mars, Bruno Piriou avait adressé un mémoire complémentaire comprenant cinq témoignages, pour la plupart des habitants du quartier sensible des Tarterêts, affirmant avoir distribué de l'argent pour appeler les gens à voter pour le maire sortant. Le rapporteur public s'était appuyé sur ces témoignages. Serge Dassault avait ensuite porté plainte contre leurs auteurs. Selon l'entourage de Serge Dassault, ces témoins se sont rétractés, affirmant avoir menti pour "faire plaisir à M. Piriou", qui leur aurait promis "un travail dans la nouvelle municipalité".
D'après agence
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