Le Premier ministre a estimé lundi que repousser l'âge légal de la retraite à 67 ans "n'est pas une question taboue" et que le sujet "mérite un débat national". © TF1/LCILe Premier ministre a une nouvelle fois fait passer le message. Cette fois-ci, devant les cadres de l'UMP, François Fillon a réaffirmé samedi qu'il "n'y a pas d'autre solution pour sauver nos régimes de retraite que de travailler plus longtemps". Mais le chef du gouvernement a estimé qu'il faudrait auparavant "évaluer les résultats des réformes successives depuis maintenant une quinzaine d'années" en matière de retraites.
Mi-juin, M. Fillon avait déjà estimé que repousser l'âge légal de la retraite "n'est pas une question taboue" et que le sujet "mérite un débat national". "Autour de nous, dans tous les pays européens, on a repoussé l'âge légal de la retraite," avait-il alors déclaré, souhaitant un "débat national" sur la question après une polémique suscitée par Brice Hortefeux, alors ministre du Travail. Ce dernier avait énuméré trois "pistes" sur la question des retraites: "diminuer les pensions, augmenter la durée de cotisation, reporter l'âge de départ à la retraite jusqu'à 67 ans". Le Premier ministre avait souligné qu'un débat du Conseil d'orientation des retraites était prévu en 2010, selon la réforme qu'il avait lui-même impulsée en 2003. "Nous allons voir ce que les partenaires sociaux vont nous proposer en 2010 comme solution pour améliorer le système des retraites français, mais rien n'est tabou," avait-il dit, soulignant que "tous les sujets sont sur la table".
"Deux inquiétudes importantes"
Cette dernière déclaration a d'ores et déjà été jugée "aventureuse" par la CFTC. "Nous avons deux inquiétudes importantes : le salarié qui a tous ses trimestres de cotisations doit pouvoir partir sans malus, et celui qui atteint 65 ans, qu'il ait obtenu ou pas tous ses trimestres, doit pouvoir partir également", a souligné Pascale Coton, secrétaire générale adjointe du syndicat, chargée de la protection sociale.
Les réformes successives des retraites, mises en route en 1994 par Edouard Balladur, en 2003 par François Fillon (alors ministre du Travail) et en 2007-2008 par Xavier Bertrand n'ont pas touché à l'âge légal au dessus duquel il est possible de partir à la retraite, fixé à 60 ans depuis 1982. Ces réformes ont en revanche allongé progressivement la durée de cotisation exigée pour bénéficier d'une retraite à taux plein, qui était de 37 ans et demi de cotisations avant 1994 et qui sera de 41 ans en 2012. Par ailleurs, l'âge auquel un employeur peut mettre un salarié d'office à la retraite a été relevé par le Parlement au 1er janvier dernier de 65 ans à 70 ans.
D'après agence
| L'inquiétude des Français |
Les trois quarts des Français sont inquiets pour le financement de leur retraite mais aucune des réformes le plus souvent évoquées en ce domaine ne recueille l'assentiment d'une majorité, selon un sondage IFOP à paraître dans Dimanche-Ouest France. L'apport de fonds de pension rencontre l'accueil favorable d'une moitié d'entre eux (contre une majorité il y a un an), le report de l'âge légal ou l'allongement de la durée de cotisation le soutien d'un peu plus d'un tiers, l'augmentation des cotisations l'approbation d'un quart. La baisse du niveau des pensions est refusée par neuf sondés sur dix. Le financement de leur retraite inquiète 75% des personnes interrogées (30% "très inquiets" et 45% "plutôt inquiets") contre 83% en 2007 et 74% en 2002, selon des précédents sondages IFOP. 14% ne sont "plutôt pas inquiets" et 11% ne le sont "pas du tout". "Compléter le système de retraites par répartition au moyen de fonds de pension" recueille 50% d'avis favorables (7% "tout à fait" et 43% "plutôt") contre 57% en 2008 et 61% en 2003. A l'inverse, 28% y sont "plutôt" et 19% "tout à fait" défavorables (3% sans opinion). "Allonger la durée de cotisation" suscite 38% de réactions favorables (7% "tout à fait" et 31% "plutôt") contre 44% l'an dernier et 36% en 2003. De leur côté, 33% des sondés y sont "plutôt" et 29% "tout à fait" défavorables. "Reculer l'âge du départ à la retraite au delà de 60 ans" serait approuvé par 36% (10% "tout à fait" et 26% "plutôt" favorables), contre 38% en 2008 et 30% en 2003. Cette option se heurte à 31% d'avis "plutôt défavorables" et 33% "tout à fait défavorables". (Sondage réalisé par téléphone du 25 au 26 juin auprès d'un échantillon de 961 personnes, représentatif de la population française adulte). |
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