Brice Hortefeux lors de sa conférence de presse (19 juin 2008) © TF1/LCI 
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Les Français vont-ils devoir, comme les Allemands, travailler jusqu'à 67 ans, au lieu de 60 ans ? Invité de l'émission "Dimanche soir politique" France Inter/Le Monde/I-Télé, le ministre du Travail, Brice Hortefeux, a en tout cas estimé dimanche que le relèvement de l'âge de la retraite étaient une des "pistes" qui seront sur la table lors du prochain débat sur les retraites l'an prochain.
"Comme on sait que si on ne fait rien on va dans le mur, il n'y pas aujourd'hui à ma connaissance 36 solutions, il y en a trois : diminuer les pensions - est ce que vous sentez aujourd'hui dans le pays les gens prêts à cela ? - augmenter la durée de cotisation, reporter l'âge de départ à la retraite comme l'ont fait les Allemands sur une trentaine d'années jusqu'à 67 ans", a expliqué Brice Hortefeux. "Ce sont les trois pistes généralement présentées et il faut naturellement exprimer des choix, et c'est possible qu'il y ait d'autres pistes en dehors de cela. Les partenaires sociaux ont aussi leur rôle à jouer", a-t-il ajouté.
41 ans de cotisation en 2012
Le ministre du Travail a toutefois déclaré à l'AFP que ces pistes "n'engagent en rien le gouvernement". Lors de l'émission, il a également rappelé qu'un rapport du Conseil d'orientation des retraites sera rendu en février 2010. Celui-ci "donnera un certain nombre d'indications, d'orientations, de suggestions", a-t-il précisé. "Il faut attendre ce rapport mais le débat est permanent sur la question des retraites", a conclu le ministre.
La question d'un report de l'âge de la retraite en France n'est pas taboue, a estimé de son côté le Premier ministre, François Fillon, confirmant la relance du débat sur ce thème récurrent lié au creusement des déficits. Pour le chef du gouvernement, la question "mérite un grand débat national (...) dans le cadre d'une élection présidentielle ou d'une élection législative", alors que Nicolas Sarkozy compte mettre le dossier au coeur de la seconde partie de son mandat. "C'est l'un des sujets qui le préoccupent", déclarait samedi dans Le Monde Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée. Le chef de l'Etat aura l'occasion d'aborder le sujet dans son discours devant le Congrès le 22 juin ou lors de la rencontre avec les partenaires sociaux prévue début juillet.
Côté syndicats, le scepticisme l'emporte
Le thème sera de toute façon sur la table en 2010 à l'occasion de la remise d'un rapport d'un comité spécialisé, le Conseil d'orientation des retraites. "On verra ce que les partenaires sociaux nous proposeront", a dit François Fillon. Côté syndicats, le scepticisme l'emporte. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a accusé lundi le gouvernement de jouer le jeu du Medef, le syndicat patronal, alors que lui-même prône une réflexion sur d'autres aspects tels que la prise en compte de la pénibilité du travail. "Je pense qu'il va être très difficile, dans le contexte actuel, d'expliquer aux jeunes générations, 'désolé, il n'y a pas de place pour vous, parce que ceux qui sont au travail vont devoir y rester plus longtemps'", a-t-il dit sur LCI.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est prononcée à plusieurs reprises pour un relèvement à 62 ans, voire 63,5 ans. Lors de la négociation sur les retraites complémentaires, en mars, la délégation patronale avait réclamé un report à 61 ans, avant de consentir au statu-quo jusqu'à 2010. Le patronat met en avant la situation financière délicate du régime des retraites, confronté à l'allongement de la durée de vie. Un équilibre ne serait envisageable en 2020 que dans un scénario très optimiste, notamment de plein emploi, avait estimé l'an dernier le COR (Conseil d'orientation des retraites), qui regroupe experts et partenaires sociaux.
Jusqu'à présent, les réformes successives des retraites, mises en route en 1994 par Edouard Balladur, en 2003 par François Fillon, alors ministre du Travail, et en 2007-2008 par Xavier Bertrand n'ont pas touché à l'âge légal au-dessus duquel il est possible de partir à la retraite, fixé à 60 ans depuis 1982. Ces réformes ont en revanche allongé progressivement la durée de cotisation exigée pour bénéficier d'une retraite à taux plein, de 37 ans et demi avant 1994 à 41 ans en 2012. Jugeant ces mesures insuffisantes pour retarder l'âge du départ effectif à la retraite de la plupart des salariés, le patronat réclame de son côté un relèvement de l'âge légal de la retraite, ce à quoi s'opposent les syndicats. Par ailleurs, l'âge auquel un employeur peut mettre un salarié d'office à la retraite a lui été relevé par le Parlement au 1er janvier dernier de 65 ans à 70 ans.
| Morano : concertation sur "l'évolution" des avantages aux mères |
Le gouvernement va lancer "dans les semaines qui viennent une concertation sur l'évolution" des avantages aux mères de famille pour leur calcul des droits à la retraite, a annoncé lundi la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano dans un intervention devant la presse. "Nous engagerons dans les semaines qui viennent une concertation sur l'évolution de la majoration de durée d'assurance de deux ans par enfant dont bénéficient aujourd'hui les femmes dans le régime général", a déclaré Mme Morano, selon le texte de son intervention devant la presse. La majoration a été instaurée au début des années 1970. Elle est accordée à toutes les femmes ayant élevé au moins un enfant, qu'il y ait eu ou non interruption d'activité pour le prendre en charge. |
(D'après agence)
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