Martine Aubry sur la scène du Zénith de Lille pour le dernier grand meeting de la campagne européenne du PS (4 juin 2009) © TF1/LCIUltimes efforts pour mobiliser, jeudi soir lors du dernier meeting de campagne du PS à Lille : dans son fief, Martine Aubry s'est entourée des "poids lourds" Laurent Fabius et Bertrand Delanoë, devant plus de 2000 personnes qui avaient pris place dans le Zénith lillois avec drapeaux rouges du PS et blancs du Mouvement des jeunesses socialistes. Et par vidéo interposée, Jacques Delors, figure tutélaire de l'Europe, et père de la Première secrétaire du PS, a lancé un appel à voter pour les sociaux-démocrates en Europe et les socialistes en France. Il faut donner au mouvement socialiste "les moyens de gagner au Parlement européen qui a des pouvoirs croissants", a-t-il exhorté, assurant qu'il voit naître un "nouvel espoir", heureux que les partis socialistes des 27 pays se soient "unis sur un programme dynamique face à la crise, une réaction immédiate puis un projet à long terme". Message envoyé par courriel à plus de 600.000 soutiens.
Laurent Fabius, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon, porte-parole du PS et candidat dans la région-capitale, ont fait une entrée très applaudie, suivis de Martine Aubry, veste blanche, souriante, avec deux leaders européens, le Belge Rudy Demotte, ministre-président de la région wallonne et le Danois Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE (Parti socialiste européen).
"Nous pouvons tout, nous les socialistes rassemblés"
"Seuls, égoïstes, abîmés par des arrière-pensées personnelles, nous ne sommes rien. Courageux, avec de l'élan, mêlant nos ambitions, nous pouvons tout, nous les socialistes rassemblés", a lancé le maire de Paris. Il a rendu un hommage appuyé à sa "chère Martine" et à "la magnifique réussite" de son travail à Lille, déclarant que les socialistes "ne peuvent avoir qu'un seul chef : je suis ici pour que le rassemblement des socialistes se fasse dans la solidarité en épaulant notre Première secrétaire". Le maire a taclé Daniel Cohn-Bendit, qui, avec sa liste Europe Ecologie, talonne le PS en Ile-de-France : "un député qui est pour l'Europe sociale et a voté avec la droite et le centre droit la possiblité de privatisation des transports ferrorviaires, ca pose quand même un problème !"
L'ex-premier ministre Laurent Fabius a ensuite galvanisé les troupes socialistes en désignant l'adversaire, soulignant le risque que Nicolas Sarkozy présente un succès UMP aux européennes comme "un référendum" en faveur de sa politique. "Trois jours pour aller à l'essentiel : un face-à-face entre la droite, l'UMP et le Parti socialiste", a lancé le député de Seine-Maritime. Fustigeant en Nicolas Sarkozy le président "du pouvoir d'achat de ses amis, oui, mais pas des Français", il a lancé : "toute élection à laquelle il participe est une tentative d'imposture". D'où l'enjeu du scrutin du 7 juin : "l'Europe sera socialiste ou ne sera pas" et "tous les socialistes français sont partisans de l'Europe", a affirmé celui qui, avec d'autres socialistes, avait défendu le "non" au référendum constitutionnel européen.
Martine Aubry, pour sa part, a attaqué Nicolas Sarkozy sur le chapitre turc : "nous n'acceptons pas qu'on nous fasse peur en nous parlant de la Turquie", a-t-elle lancé, jugeant le président de la république "gonflé" car lorsqu'il était président de l'Europe, "il a ouvert deux champs de négociation avec la Turquie. Nous, nous disons, socialistes, cet engagement a été lancé. La Turquie doit remplir 35 obligations sur les droits de l'homme, la reconnaissance de Chypre, du génocide arménien, du droit des femmes, etc. Laissons faire ce mouvement. Dans 10 ou 15 ans, on verra où ils en sont, et alors on posera la question".
D'après agence
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