Manuel Valls, le 31 août 2007 © TF1-LCIIl aura été le premier à se lancer: Manuel Valls, un des "quadra" du PS socialiste où il occupe une place singulière et qu'il veut transformer du sol au plafond, a officialisé le 16 juin dernier sa volonté d'être candidat à des primaires en vue de la présidentielle de 2012. "Si on ne me prouve pas qu'un autre socialiste peut mieux que moi porter le renouvellement - et pour l'instant je ne vois pas - je porterai ces idées moi-même", avait lancé le député-maire d'Evry au JDD. "Clairement, je serai candidat à des primaires pour représenter les socialistes et la gauche à la présidentielle". Mais il n'entend pas attendre que des primaires s'organisent, peu confiant dans la direction du PS de faire bouger les choses. Ainsi, il a lancé lundi soir un club de réflexion visant à favoriser le débat d'idées et la rénovation de la gauche. Il a tenu dans un théâtre parisien la réunion de lancement, avec des interventions de personnalités de la société civile.
Cet élu de la banlieue sud, qui fut un des soutiens de Ségolène Royal dans la course à l'Elysée et à la direction du PS, a choisi de bousculer son parti et de prendre de vitesse ses "amis" quadras que sont Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg. Alors que la direction socialiste et Martine Aubry continuent à chercher les voies et moyens d'une renaissance programmatique et électorale, et s'interrogent sur l'opportunité de primaires ouvertes pour associer tous les sympathisants de gauche au choix de son champion en 2012, Manuel Valls, qui aura 47 ans en août, trace sa route. Celui que Jean-Paul Huchon, président PS de l'Ile-de-France, appelait son "fils cruel" quand il était son vice-président chargé des finances, l'affirme, comme pour se démarquer des incertitudes de son parti : "maintenant je sais exactement où j'en suis". "Elu de banlieue, je fais partie de ceux qui essayent de réinventer la gauche à partir de la crise du 21 avril 2002", explique-t-il.
"Un colossal effort intellectuel"
Cet aggiornamento, Manuel Valls l'avait déjà réclamé dans un livre paru au printemps 2008, au titre éloquent : "Pour en finir avec le vieux socialisme...et être enfin de gauche". "J'ai voulu expliquer combien réduire notre parole à l'anti-sarkozysme était pour nous une vraie difficulté, que nous avons payée à ces européennes, comme Bayrou l'a aussi payé", explique l'élu socialiste. Le PS, tranche-t-il, "doit faire en trois ans ce que François Mitterrand avait fait en 10": inventer un programme, une alliance, imposer un leadership. C'est "un colossal effort intellectuel qui nous attend" et pour y parvenir, "on ne peut pas reprendre les vieilles recettes d'avant un congrès qui a rassemblé sans rien tranché", selon l'élu, fils d'un peintre espagnol réfugié en France.
Souvent critiqué au sein du PS, parfois qualifié de "droitier", Manuel Valls avait déclaré son ambition présidentielle au moment où des propos qu'il avait tenus à Evry, demandant en riant qu'on rajoute "quelques blancs, quelques white, quelques blancos" dans une brocante, avaient commencé à circuler sur internet. Tenus le 7 juin, ils avaient suscité une semaine plus tard une véhémente protestation de Faouzi Lamdaoui, un membre du conseil national du PS proche de François Hollande, qui avait demandé à la première secrétaire Martine Aubry de les condamner. Mais la polémique s'est éteinte et n'a pas ému plus que cela Manuel Valls qui a décidé de tracer sa route. Une route qu'il sait longue...
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