Vincent Peillon avec Manuel Valls, le 5 décembre 2008 © TF1-LCIChez les socialistes actuellement, on joue "que mille fleurs fleurissent". Mieux vaut avoir un bon petit chez soi quand le parti est malade. Frappé par "l'atonie" du PS, refusant de "mourir à petits feux", le député Manuel Valls qui s'est déjà porté candidat, a lancé lundi soir, son mouvement dans un théâtre parisien, se rêvant "maire d'Evry" succédant en 2012 à l'ancien maire de Neuilly. Pierre Moscovici, après avoir initié en janvier à Alfortville son courant "Besoin de gauche", réunit samedi à Taillan (Gironde) des militants pour plancher sur le renouveau du PS, ses stratégies, ses alliances. Sur cette floraison d'initiatives, dont Ségolène Royal a été la précurseure avec ses "Désirs d'Avenir", l'ancien ministre juge que "tout ça est nécessaire et tout ça est néfaste". "On est, dit-il, dans une phase de désordre créateur, mais il faut que chacun soit capable de se maîtriser, de se réguler, y compris dans son ambition".
Le courant "L'Espoir à gauche" réunira quant à lui ses premiers ateliers d'été, à Marseille les 21 et 22 août, avec le Vert Daniel Cohn-Bendit et Marielle de Sarnez (MoDem), avec trois maîtres-mots: "projet", "ouverture" et "rassemblement", a annoncé son leader Vincent Peillon mercredi à Paris. Se revendiquant comme le "premier courant dans le parti", "L'Espoir à gauche", issu de la motion défendue au Congrès de Reims par Ségolène Royal, représente le "tiers du Parti" avec 30 fédérations et veut "accoucher d'une nouvelle gauche", selon Vincent Peillon. Avec plus de 1.000 inscrits, ces ateliers accueilleront également certains qui n'ont pas voté pour la motion Royal, et "beaucoup de responsables", assure l'eurodéputé à la presse à Paris, au côté du sénateur François Rebsamen et de Patrick Mennucci, coordinateur des ateliers.
"Accoucher d'une nouvelle gauche"
La question des primaires, de la stratégie politique et des alliances sera au coeur de ces deux journées auxquelles sont également invités le radical Jean-Michel Baylet, l'ex-patron PCF Robert Hue et Jean-Pierre Chevènement (MRC). Candidat aux primaires, Manuel Valls qui a lancé lundi son club, animera des débats. "Membre éminent" de "L'Espoir à gauche", il a "toute sa place avec nous", a commenté M. Peillon. En revanche, la présence de Ségolène Royal est incertaine. "Ségolène, si elle veut ou si elle peut venir, est la bienvenue", a indiqué M. Rebsamen.
"L'Espoir à gauche" veut "accoucher d'une nouvelle gauche", a assuré M. Peillon. "On veut que se fédère une nouvelle gauche socialiste, radicale, cologique, citoyenne et républicaine", a renchéri M. Rebsamen. M. Peillon qui s'affirme "pleinement" dans le PS, juge que le parti "doit se transformer". Car, prévient-il, "tant que ce parti n'aura pas décidé de se transformer et de prendre des décisions de fond sur le projet, les alliances et les primaires, nous continuerons comme nous l'avons fait". "Nous en avons assez de l'hypocrisie" sur les alliances, a lancé M. Peillon, taclant la direction du PS qui dit "aux présidents de région +faites ce que vous voulez, parfois même des accords de premier tour+, et à la tribune +jamais le MoDem+. Nous n'en sommes pas". Pour François Rebsamen, ce courant qui "porte le plus d'unité" et "attirera comme un aimant", veut s'ouvrir "aux démocrates en opposition à la politique de Nicolas Sarkozy - je parle clairement du MoDem", regrettant qu'"au PS, on n'ose pas dire le mot".
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