La nouvelle carte électorale sur les rails

le 29 juillet 2009 à 10h03 , mis à jour le 29 juillet 2009 à 17h25

Le projet de redécoupage des circonscriptions électorales a été présenté mercredi matin en Conseil des ministres. La gauche parle de "découpage scandaleux".

Electeurs dans les isoloirs d'un bureau de vote (images d'archives).Electeurs dans les isoloirs d'un bureau de vote (images d'archives). © TF1/LCI

Certains circonscriptions vont disparaitre, d'autres vont être créées. Le projet de redécoupage des 577 circonscriptions électorales, le premier depuis 1986, destiné à entrer en vigueur aux prochaines législatives, a été présenté mercredi en conseil des ministres par Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'Intérieur. Le découpage sera présenté sous forme d'ordonnances, qui feront l'objet d'un débat de ratification express début octobre au Parlement. Comme le nombre global des députés est maintenu à 577, et que la population française, depuis le découpage très critiqué opéré il y a plus de vingt ans par Charles Pasqua, est passée de 55 à 64 millions d'habitants, il n'y aura plus  qu'un député pour 125.000 habitants, contre un pour 108.000 actuellement.
 
Trente-trois circonscriptions seront supprimées. Elles seront compensées par la création de 22 dans seize départements et trois collectivités d'outre-mer (Polynésie, Saint-Martin/Saint-Barthélémy, Mayotte), et 11 pour représenter les Français de l'étranger, qui, jusqu'à présent, n'en avaient pas. "Notre but est de réduire les disparités et les écarts entre les différentes circonscriptions", a expliqué Alain Marleix. "Actuellement il y a un  rapport allant jusqu'à 1 à 7: 35.000 habitants dans la 2e de Lozère et 220.000  dans la 6e du Var". L'écart démographique maximal sera ramené à 1,7: une moyenne départementale  de 65.000 habitants dans les Hautes-Alpes et de 124.700 dans le Puy-de-Dôme, a détaillé le secrétaire d'Etat.
 
"Découpage scandaleux" pour le PS
 
Le projet, souligne-t-il, a reçu une double validation, celle de la commission indépendante sur le découpage présidée par l'ancien président du Conseil constitutionnel Yves Guéna, et celle du conseil d'Etat. "Nous avons pris en compte un certain nombre de leurs recommandations", relève-t-il. "Le conseil d'Etat a fait beaucoup de perfectionnisme en appliquant des écarts démographiques de 15% alors que la loi nous fait obligation d'une marge de 20%. Notre travail est cohérent avec la loi d'habilitation votée par le Parlement". Finalement, il n'y aura pas d'écart supérieur à 17%, selon lui.
 
Sur les 33 circonscriptions supprimées, 18 sont détenues par un député de gauche et 15 par un député de droite. Mais, affirme Alain Marleix, l'opposition tirerait profit de la création de nouveaux sièges. Pour le socialiste Bruno Le Roux, au contraire, "ce découpage reste scandaleux, pour une raison": "demain il faut que la gauche fasse plus de 51,3%  pour avoir une majorité à l'Assemblée nationale alors qu'avec moins de 48,7% la  droite trouve une majorité", a-t-il expliqué.
 
Le PS s'est particulièrement indigné du projet à Paris, où trois des 21  sièges vont être supprimés. Le maire Bertrand Delanoë a accusé le gouvernement  de tentative de mainmise sur Paris, à travers un "charcutage" électoral. "Ca ne  trompe personne", avait-il dit, promettant de se battre "bec et ongles". Par ailleurs, deux départements de moins de 125.000 habitants et qui étaient représentés jusqu'à présent par deux députés vont perdre chacun un élu: la  Lozère (70.000 habitants) et la Creuse (122.000 habitants). Le Conseil  constitutionnel a en effet censuré la règle d'un minimum de deux députés par département, que le gouvernement voulait initialement maintenir. Dénonçant un redécoupage "partial" et "partisan", le Parti socialiste a d'ores et déjà annoncé qu'il allait utiliser "toutes les voies de recours" pour contester ce redécoupage, à commencer par un recours contentieux devant le Conseil d'Etat.
 
D'après agence

le 29 juillet 2009 à 10:03
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12 Commentaires

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  • Aphrodite, le 01/08/2009 à 20h00

    Heureusement que la droite est au pouvoir en ces jours de crise car les socialistes, avec leurs querelles internes interminables, n'arrivent pas à faire surface et l'unique chose qu'ils savent très bien faire, c'est de contester inlassablement et s'opposer à tout. De toute manière, il y a trop de députés qui ne font rien pour leur département et c'est nous qui les font vivre chaque mois. Il n'y a aucune magouille là-dedans, il faut bien qu'un jour, le ménage se fasse, les temps changent et la gauche ne veut pas changer. Nous souffrons tous de la crise et c'est trop facile d'en vouloir aux "riches"... Heureusement que ces riches sont là pour dépenser leur argent et qui investissent pour le bien de la France. Alors, continuez à râler, vous ne faites que ça à longueur de temps.

  • Le baron, le 30/07/2009 à 10h03

    "bec et ongles" Prout Prout, O la la !

  • JGH, le 30/07/2009 à 09h52

    Il y a lieu de voir également le côté positif: de ce redécoupage L'augmentation de la population aurait pu conduitre à une augmentation proportionelle du nombre de députés ( il n'y a toutefois pas non-plus eu de supression de mandats, ce qui aurait constitué un symbole fort dans le cadre des économies budgétaires !) ... Cet acte devrait être l'occasion d'améliorer la représentation de la polutation au niveau du pouvoir, sans pour autant favoriser l'une ou l'autre tendance politique et de faciliter une alternance démocratique ( et pourquoi pasl'accés à de nouveaux partis, non représentés à ce jour,alors qu'ils sont soutenus par un partie non -négligeable des électeurs).. Hélas on peut toujours rêver !

  • Loulou30, le 29/07/2009 à 14h09

    Charles Pasqua avait déjà procédé à un redécoupage éléctoral. On se souvient encore des hurlements de la gauche qui, déjà à cette époque, hurlait au scandale, au charcutage en faveur de la droite, etc..,etc.. Ce charcutage n'a pas empéché la gauche de revenir au pouvoir en 1997 et elle s'est bien gardé de changer quoique ce soit à cette nouvelle carte électorale pendant qu'elle était aux affaires, sachant très bien que celle-ci ne lui était pas défavorable. Aujourd'hui, même situation et même hurlements. La gauche trouve là un nouveau sujet qui la fédère pour quelques temps, temps qu'elle va mettre à profit pour vociférer, trouvant ainsi un bon motif pour ne rien fairte de constructif et établir un projet. Le chien aboie et la caravane passe....

  • LeRaleur, le 29/07/2009 à 12h31

    La gauche elle défend Julien Dray ?

  • Liloune83, le 29/07/2009 à 12h13

    Il faut bien préparer 2012!!

  • Bruno, le 29/07/2009 à 12h10

    A part tirer la couverture vers elle,diviser la France, pratiquer la régression sociale, mener un guerre idéologique contre les services publics,favoriser les plus riches, que fait la droite ?

  • Philippe, le 29/07/2009 à 11h42

    Faut bien s'adapter à la nouvelle démographie, c'est normal.

  • Brice, le 29/07/2009 à 10h35

    Depuis que cette droite arrogante est aux affaires, c'est magouilles à tous les étages. Alors, une de plus...

  • Rp, le 29/07/2009 à 10h31

    Bertrand se battra bec et ongles! attention a ton vernis!

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