Electeurs dans les isoloirs d'un bureau de vote (images d'archives). © TF1/LCICertains circonscriptions vont disparaitre, d'autres vont être créées. Le projet de redécoupage des 577 circonscriptions électorales, le premier depuis 1986, destiné à entrer en vigueur aux prochaines législatives, a été présenté mercredi en conseil des ministres par Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'Intérieur. Le découpage sera présenté sous forme d'ordonnances, qui feront l'objet d'un débat de ratification express début octobre au Parlement. Comme le nombre global des députés est maintenu à 577, et que la population française, depuis le découpage très critiqué opéré il y a plus de vingt ans par Charles Pasqua, est passée de 55 à 64 millions d'habitants, il n'y aura plus qu'un député pour 125.000 habitants, contre un pour 108.000 actuellement.
Trente-trois circonscriptions seront supprimées. Elles seront compensées par la création de 22 dans seize départements et trois collectivités d'outre-mer (Polynésie, Saint-Martin/Saint-Barthélémy, Mayotte), et 11 pour représenter les Français de l'étranger, qui, jusqu'à présent, n'en avaient pas. "Notre but est de réduire les disparités et les écarts entre les différentes circonscriptions", a expliqué Alain Marleix. "Actuellement il y a un rapport allant jusqu'à 1 à 7: 35.000 habitants dans la 2e de Lozère et 220.000 dans la 6e du Var". L'écart démographique maximal sera ramené à 1,7: une moyenne départementale de 65.000 habitants dans les Hautes-Alpes et de 124.700 dans le Puy-de-Dôme, a détaillé le secrétaire d'Etat.
"Découpage scandaleux" pour le PS
Le projet, souligne-t-il, a reçu une double validation, celle de la commission indépendante sur le découpage présidée par l'ancien président du Conseil constitutionnel Yves Guéna, et celle du conseil d'Etat. "Nous avons pris en compte un certain nombre de leurs recommandations", relève-t-il. "Le conseil d'Etat a fait beaucoup de perfectionnisme en appliquant des écarts démographiques de 15% alors que la loi nous fait obligation d'une marge de 20%. Notre travail est cohérent avec la loi d'habilitation votée par le Parlement". Finalement, il n'y aura pas d'écart supérieur à 17%, selon lui.
Sur les 33 circonscriptions supprimées, 18 sont détenues par un député de gauche et 15 par un député de droite. Mais, affirme Alain Marleix, l'opposition tirerait profit de la création de nouveaux sièges. Pour le socialiste Bruno Le Roux, au contraire, "ce découpage reste scandaleux, pour une raison": "demain il faut que la gauche fasse plus de 51,3% pour avoir une majorité à l'Assemblée nationale alors qu'avec moins de 48,7% la droite trouve une majorité", a-t-il expliqué.
Le PS s'est particulièrement indigné du projet à Paris, où trois des 21 sièges vont être supprimés. Le maire Bertrand Delanoë a accusé le gouvernement de tentative de mainmise sur Paris, à travers un "charcutage" électoral. "Ca ne trompe personne", avait-il dit, promettant de se battre "bec et ongles". Par ailleurs, deux départements de moins de 125.000 habitants et qui étaient représentés jusqu'à présent par deux députés vont perdre chacun un élu: la Lozère (70.000 habitants) et la Creuse (122.000 habitants). Le Conseil constitutionnel a en effet censuré la règle d'un minimum de deux députés par département, que le gouvernement voulait initialement maintenir. Dénonçant un redécoupage "partial" et "partisan", le Parti socialiste a d'ores et déjà annoncé qu'il allait utiliser "toutes les voies de recours" pour contester ce redécoupage, à commencer par un recours contentieux devant le Conseil d'Etat.
D'après agence
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