Le député socialiste Manuel, le 20 juillet 2007 © TF1-LCIAprès la lettre de rappel à l'ordre envoyée par Martine Aubry, Manuel Valls a lui-même pris la plume mercredi pour lui répondre. Dans une lettre adressée à la première secrétaire, le député de l'Essonne affirme : "j'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs". "Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l'aveuglement", écrit-il. "A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti", ajoute M. Valls, qui qualifie le parti "de machine à perdre", pour le regretter. Il déplore le "procès d'intention" qui "relève", selon lui "au mieux de la désinformation, au pire de l'insulte". Affirmant avoir "conscience des difficultés" du rôle de la première secrétaire et de "sa part ingrate", le député-maire d'Evry assure que "beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l'indispensable démarche de rénovation". "Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd'hui d'imposer le silence dans les rangs", poursuit-il.
Manuel Valls toujours critique à l'égard de son parti, le PS
Dans le Parisien de dimanche, le député Manuel Valls affirme que les Français sont "encore sceptiques à l'égard du PS" sur les retraites. Et de remettre en cause le projet alternatif du parti.
Publié le 07/11/2010
Manuel Valls avait reçu mardi soir une lettre sous forme d'ultimatum de la part de la première secrétaire du PS. En trois feuillets publiés par Le Parisien du 15 juillet, Martine Aubry demande en synthèse au bouillonnant quadra d'arrêter ses attaques contre le parti... ou de le quitter. Ni plus ni moins.
"L'insurrection militante"
"Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement", écrit Martine Aubry dans cette lettre. "Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste", poursuit-elle. "Il n'y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n'expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu'il va disparaître et qu'il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t'appuies sur nos règles collectives pour appeler à "l'insurrection militante", lui reproche notamment Martine Aubry.
"On ne peut utiliser un parti pour obtenir des mandats et des succès, en s'appuyant sur la force et la légitimité d'une organisation collective, et s'en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle", poursuit encore la première secrétaire du PS. "Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti socialiste", déplore-t-elle. "Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste", écrit-elle encore, poursuivant : "C'est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d'en assumer toutes les conséquences pour l'avenir." Réponse de Manuel Valls au Monde : "je ne quitterai pas le PS".
"Une initiative surprenante qui peut revenir en boomerang"
Comment cette lettre a-t-elle été accueillie au PS ? Si Laurent Fabius, Harlem Désir ou Michel Rocard l'ont publiquement approuvée, d'autres se montrent plus critiques en privé. "Mais pourquoi faire ça maintenant, sans nous en parler ? C'est un coup de Calgon". L'un des dirigeants du PS présent ce matin à la réunion hebdomadaire du Secrétariat national résume assez bien l'humeur générale. Absente pour cause de déplacement à Avignon, la patronne du PS a du avoir les oreilles qui sifflent. Le royaliste David Assouline a critiqué "le deux poids deux mesures, pourquoi on ne dit rien sur Jack Lang ?", les rocardiens ont souligné "une initiative surprenante qui peut revenir en boomerang" et d'autres n'ont rien dit mais n'en pensent pas moins sur cette démarche sans concertation... Quant à Benoît Hamon, il n'aurait même pas été mis dans la confidence par la 1ère secrétaire, une lettre qu'il devait pourtant défendre face aux journalistes lors d'un point-presse à 11h. Ambiance. Il est temps que les vacances arrivent...
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