Nicolas Sarkozy était l'invité du JT de TF1 mercredi 20 juin © TF1Le CSA a annoncé mardi de nouvelles règles pour "renforcer l'équilibre" des temps de parole à la télévision et à la radio. Il comptabilisera désormais les propos "non régaliens" du chef de l'Etat et ceux de sa majorité et "augmentera mécaniquement" le temps de parole de l'opposition. Ce nouveau "principe de pluralisme" remplacera, à partir du 1er septembre, la règle en vigueur depuis 40 ans dite des "trois tiers", précise dans un communiqué le Conseil supérieur de l'audiovisuel.
Temps de parole : des télés et radios se plaignent au Conseil constitutionnel
Les dirigeants de neuf chaînes de télévision et de radio ont adressé lundi une lettre à Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, demandant d'assouplir les règles de stricte égalité entre les candidats pendant la période électorale.
Publié le 08/02/2012
Le principe de pluralisme, adopté à l'issue d'une consultation des chaînes et radios concernées, vise à prendre en compte les interventions "non régaliennes" du président de la République, conformément à l'arrêt du Conseil d'Etat du 8 avril. Les propos "non régaliens" sont ceux qui relèvent du débat politique national. Les nouvelles règles visent aussi à "renforcer l'équilibre des temps de parole", explique la haute autorité audiovisuelle.
Dorénavant, "les temps d'intervention de l'opposition parlementaire ne pourront être inférieurs à la moitié des temps de parole cumulés du chef de l'Etat et de la majorité présidentielle". Ce temps "sera automatiquement augmenté avec la prise en compte des interventions du président de la République et de ses collaborateurs", précise le CSA. "Actuellement, l'opposition doit avoir au moins la moitié des temps cumulés du gouvernement et de la majorité parlementaire. A partir de septembre, elle disposera de ces mêmes temps, auxquels viendront s'ajouter ceux de certains propos du chef de l'Etat et de ses collaborateurs: son temps augmente donc mécaniquement", a expliqué Marie-Laure Denis, conseillère du CSA.
Plainte des dirigeants socialistes
Le CSA a également voulu simplifier les règles du décompte jusqu'ici fondées sur une égalité du temps de parole entre le gouvernement, la majorité, l'opposition: désormais, les temps de parole de la majorité présidentielle (membres du gouvernement, personnalités appartenant à la majorité parlementaire, collaborateurs du chef de l'Etat), seront regroupés. "La majorité parlementaire devra bénéficier d'un temps d'intervention conforme à son rôle dans la vie politique nationale", ajoute le CSA.
Le 8 avril, à la suite d'une plainte des dirigeants socialistes, le Conseil d'Etat avait invalidé le précédent dispositif de répartition du temps de parole qui ne prenait pas en compte les propos présidentiels. Pour s'y conformer, le CSA avait adopté des règles provisoires fondées sur un système de neutralisation: les radios et télévisions étaient invitées à prendre en compte les interventions du chef de l'Etat relevant du débat politique national. Les réactions à ces interventions n'étaient pas imputées sur le temps de parole des opposants si elles étaient diffusées dans les deux jours suivants. Ce système de neutralisation, qui ne satisfaisait pas le PS, a été jugé "trop compliqué" par les médias audiovisuels et donc abandonné par le CSA.
"Le président n'est pas un acteur au dessus de la mêlée" |
Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, et son collègue spécialiste des médias, Didier Mathus, ont jugé mardi que la décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de rééquilibrer le temps de parole entre président, majorité et opposition leur donnait "raison". "La décision du CSA sur le temps de parole présidentiel nous a donné enfin raison", ont-ils affirmé dans un communiqué. "Le président n'est pas un acteur au dessus de la mêlée. Il s'exprime comme premier responsable de la majorité et doit être pris en compte comme tel dans les médias", estiment les deux députés PS. "En accroissant les possibilités pour l'opposition de lui répondre, le CSA met fin à une anomalie démocratique", ont ajouté M. Ayrault et Mathus. De son côté l'UMP s'est félicitée de ces nouvelles règles, jugeant cette décision "sage et conforme à la République exemplaire voulue par Nicolas Sarkozy". |
(D'après agence)
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