Le CSA renforce l'équilibre des temps de parole

le 21 juillet 2009 à 17h58 , mis à jour le 21 juillet 2009 à 19h11

Le CSA comptabilisera les propos "non régaliens" du chef de l'Etat et ceux de sa majorité. Le temps de parole de l'opposition augmentera mécaniquement.

Nicolas Sarkozy était l'invité du JT de TF1 mercredi 20 juinNicolas Sarkozy était l'invité du JT de TF1 mercredi 20 juin © TF1

Le CSA a annoncé mardi de nouvelles règles pour "renforcer l'équilibre" des temps de parole à la télévision et à la radio. Il comptabilisera désormais les propos "non régaliens" du chef de l'Etat et ceux de sa majorité et "augmentera mécaniquement" le temps de parole de l'opposition. Ce nouveau "principe de pluralisme" remplacera, à partir du 1er septembre,  la règle en vigueur depuis 40 ans dite des "trois tiers", précise dans un communiqué le Conseil supérieur de l'audiovisuel.

Plus d'infos

Le principe de pluralisme, adopté à l'issue d'une consultation des chaînes et radios concernées, vise à prendre en compte les interventions "non  régaliennes" du président de la République, conformément à l'arrêt du Conseil  d'Etat du 8 avril. Les propos "non régaliens" sont ceux qui relèvent du débat politique national. Les nouvelles règles visent aussi à "renforcer l'équilibre des temps de  parole", explique la haute autorité audiovisuelle.

Dorénavant, "les temps  d'intervention de l'opposition parlementaire ne  pourront être inférieurs à la moitié des temps de parole cumulés du chef de  l'Etat et de la majorité présidentielle". Ce temps "sera automatiquement augmenté avec la prise en compte des  interventions du président de la République et de ses collaborateurs", précise  le CSA. "Actuellement, l'opposition doit avoir au moins la moitié des temps cumulés  du gouvernement et de la majorité parlementaire. A partir de septembre, elle  disposera de ces mêmes temps, auxquels viendront s'ajouter ceux de certains  propos du chef de l'Etat et de ses collaborateurs: son temps augmente donc  mécaniquement", a expliqué Marie-Laure Denis, conseillère du CSA.

Plainte des dirigeants socialistes

Le CSA a également voulu simplifier les règles du décompte jusqu'ici fondées  sur une égalité du temps de parole entre le gouvernement, la majorité, l'opposition: désormais, les temps de parole de la majorité présidentielle  (membres du gouvernement, personnalités appartenant à la majorité parlementaire,  collaborateurs du chef de l'Etat), seront regroupés. "La majorité parlementaire devra bénéficier d'un temps d'intervention  conforme à son rôle dans la vie politique nationale", ajoute le CSA.

Le 8 avril, à la suite d'une plainte des dirigeants socialistes, le Conseil d'Etat avait invalidé le précédent dispositif de répartition du temps de parole  qui ne prenait pas en compte les propos présidentiels. Pour s'y conformer, le CSA avait adopté des règles provisoires fondées sur  un système de neutralisation: les radios et télévisions étaient invitées à  prendre en compte les interventions du chef de l'Etat relevant du débat  politique national. Les réactions à ces interventions n'étaient pas imputées sur  le temps de parole des opposants si elles étaient diffusées dans les deux jours  suivants. Ce système de neutralisation, qui ne satisfaisait pas le PS, a été jugé  "trop compliqué" par les médias audiovisuels et donc abandonné par le CSA.

"Le président n'est pas un acteur au dessus de la mêlée"

Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, et  son collègue spécialiste des médias, Didier Mathus, ont jugé mardi que la  décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de rééquilibrer le temps de  parole entre président, majorité et opposition leur donnait "raison". "La décision du CSA sur le temps de parole présidentiel nous a donné enfin  raison", ont-ils affirmé dans un communiqué. "Le président n'est pas un acteur au dessus de la mêlée. Il s'exprime comme  premier responsable de la majorité et doit être pris en compte comme tel dans  les médias", estiment les deux députés PS. "En accroissant les possibilités pour l'opposition de lui répondre, le CSA  met fin à une anomalie démocratique", ont ajouté M. Ayrault et Mathus. De son côté l'UMP s'est félicitée de ces nouvelles règles, jugeant cette décision "sage et  conforme à la République exemplaire voulue par Nicolas Sarkozy".

(D'après agence)

le 21 juillet 2009 à 17:58
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22 Commentaires

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  • Breton, le 22/07/2009 à 11h38

    Je voulais rajouter que 90% des lois sont votés par l'UMP ET le PS, sans aucune discussion... Alors, le PS, parti d'opposition, je rigole!

  • Phil06, le 22/07/2009 à 10h05

    La gauche toujours la gauche qui veut museler le president, moi je trouve au contraire qu'on ne montre pas assez sur les chaines publiques les discourds du president dans les entreprises ect... qu'on montre pas assez les dicours du president lors des conférences de presse avec les autres chefs d'etats!!ainsi le peuple français pourrait s'apercevoir du travail du president et de son action !je voudrais dire aussi à la gauche que nous payons avec nos impots les missions du gouvernement et du president,et que nous voulons des résultats mais ce qui est sur c'est la gauche qui entrave sans cesse sera responsable de l'echec aussi car elle aura tout fait pour et la sanction sera 2012!

  • John, le 22/07/2009 à 09h20

    Mdr... ouais c'est ça !! Il y a des partis que nous ne voyons pratiquement jamais !!!!!!!!!

  • Natlyon, le 22/07/2009 à 09h13

    Et si la gauche revient au pouvoir un jour, seront-ils aussi contents de cette décision car l'opposition (donc la droite) pourra également s'en donner à coeur joie.

  • Corasis, le 22/07/2009 à 08h56

    à enghien; le ps possède non seulement les médias mais aussi les enseignants et la magistrature; on devrait comptabiliser le temps de parok le des journalistes dans leurs débats , mais aussi celui de leurs invités, triés sur le volet et plus souvent à gauche qu'à droite,

  • JGH, le 22/07/2009 à 08h44

    Il est suréaliste de voir un CSA dont le président est nommé, dorénavant, en conseil des ministres, donc par le président de la république, vouloir réguler, justement, le temps de parole du chef de l'état ! Encore une annonce sans conséquences ..

  • Amélie, le 22/07/2009 à 08h41

    Ok mais alors, que dans les émissions politiques, style riposte, mots croisés,... on donne autant la parole à la majorité qu'à l'opposition ; car en ce moment c'est l'inverse :sur 8 invités,6 sont dans l'opposition et 1 ou 2 défendent Nicolas Sarkozy. Les débats sont complètement déséquilibrés et deviennent des réquisitoires antisarkosistes !

  • Le gaulois, le 22/07/2009 à 07h49

    En réponse à Popeye08 vos arguments sont usés râpés c'est l'éternel refrain de la gauche.Politique rétrograde jusqu'en 2012 et après????, vous ne croyez tout de même pas que le bon peuple de Gaule va vous faire confiance!! sortez de la torpeur de l'été mon ami!!.......

  • Gastonnet, le 22/07/2009 à 07h10

    De quoi se plaint-on , ridicule tout cela , puisque cela nepeut que donner satisfaction à Sarkozy et ses amis,et contenter l'opposition .

  • Jim, le 22/07/2009 à 01h59

    Le PS aura plus de temps d'antenne, le PC et les autres groupes de gauche également - pourquoi pas. Encore faudrait-il qu'ils décident QUI va s'exprimer, les anciens sages du PS?, les jeunes "pas sages" à qui on demande aujourd'hui de se taire?, Luc Melanchon qui s'esprime comme un charretier?, José Bové? (il a fait des progrès depuis les européennes), les vestiges du PC? et ce qu'ils vont dire. Pour l'instant la forme du discours n'est pas claire et le fond du discours reste trouble .... pas très engageant pour les producteurs des chaines de TV, mais du rififi en perspective. Peut être que notre postier de l'ex LCR sauvera la mise!.

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