Laurent Fabius, en 2006 © Abacapress.comIl attend son heure depuis plusieurs mois. Ce mercredi, Laurent Fabius va pouvoir utiliser ses qualités de tribun à l'Assemblée nationale. L'ancien Premier ministre va défendre à 15h (en direct sur LCI.fr) la motion de censure déposée par les députés PS contre la politique du gouvernement, en lieu et place du patron du groupe, Jean-Marc Ayrault, dont le dernier discours de censure n'a pas laissé un grand souvenir...
Les députés PS en ont pris l'initiative faute d'avoir obtenu que le Premier ministre François Fillon engage sa responsabilité devant l'Assemblée nationale après le discours du chef de l'Etat devant le Parlement réuni en Congrès de Versailles le 22 juin. "L'intervention du Président de la République devant le Congrès a été le symbole d'un sacre présidentiel que nous réprouvons", dénonce la motion. "Cette motion de censure entend mettre un coup d'arrêt à cette dérive institutionnelle qui permet la concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul", ajoutent les députés PS, qui avaient écouté le chef de l'Etat à Versailles mais boycotté le débat organisé après son départ.
"Le programme présidentiel continue de dépouiller l'Etat"
En second lieu, les élus PS dénoncent "l'abîme qui sépare le discours présidentiel sur la chance du modèle social français et la réalité d'une politique qui le défait". "Du paquet fiscal aux franchises médicales, de la paupérisation des services publics aux plans sociaux à répétition dans l'éducation nationale, de l'assimilation de la solidarité nationale à de l'assistanat, toutes les fondations du modèle français ont été minées", écrivent-ils. "La crise n'y a rien changé. Le programme présidentiel des trois années à venir continue de dépouiller l'Etat et les protections sociales", poursuivent les députés PS en citant "la destruction du droit séculaire au repos dominical" et la possibilité de travailler jusqu'à 70 ans.
Troisième motif avancé : "Jamais depuis plus de 60 ans, la situation économique de la France n'avait été aussi détériorée. Tous les indices sont dans le rouge : la croissance, les déficits, le chômage, l'endettement, le commerce extérieur". Critiquant au passage l'emprunt Sarkozy (une "aumône" demandée aux Français), les socialistes estiment enfin "qu'une autre politique est possible" mais qu'elle "a été ignorée par le gouvernement". Moment toujours solennel de la vie parlementaire, cette troisième motion de censure socialiste depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en mai 2007 n'a pas plus de chance de renverser le gouvernement que les autres, car l'UMP est largement majoritaire. Au coeur de l'été, elle risque même d'être éclipsée par l'autre grande bataille de la semaine menée par l'opposition contre le texte UMP sur les dérogations au repos dominical, qui passionne l'opinion.
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