Aubry au milieu des caméras © eTF1Un mois après son cuisant échec aux Européennes, le PS s'est mis au vert mardi en séminaire à Marcoussis (Essonne) pour tenter de ressouder son "pack" très divisé par de longs affrontements et "pousser fort" dans la mêlée et "dans le même sens". Dans les locaux du Centre national de rugby où s'entraîne le XV de France, Martine Aubry, la patronne du parti, a filé la métaphore rugbystique : "dans une mêlée, il faut pousser fort et dans le même sens". "C'est un moment charnière pour notre parti. On n'est pas tout à fait sortis de Reims après Reims", a-t-elle affirmé, en référence au calamiteux congrès de novembre dernier.
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Publié le 04/07/2009
Le séminaire à huis clos qui a réuni quelque 110 membres de la direction, s'est déroulé dans un "très bon climat", a-t-elle assuré aux journalistes, espérant qu'il "n'y aura pas le ou les deux habituels ou autres qui viendront expliquer le contraire". Pour Benoît Hamon, porte-parole du parti, "ces voix existent, on fait en sorte qu'il y ait un processus politique collectif pour que chacun trouve sa place et se sente bien dans la maison commune". "On ne pourra pas construire le rassemblement de la gauche en sautant l'étape du rassemblement des socialistes", a-t-il assuré en se prononçant pour les "relocalisations dans le domaine économique comme dans le domaine politique".
C'est "un point de départ"
Même le maire de Lyon, Gérard Collomb, connu pour sa virulence dans les critiques, a reconnu que ce "débat de fond" était "une bonne base pour reconstruire l'avenir" en remettant "tout à plat pour une fois sans tabou". "Nous sommes tous responsables de nous tous et si certains parient sur l'échec du Parti socialiste, qu'ils sachent une chose, ce sera aussi leur échec, personne ne s'en sortira sans les autres", a prévenu le maire de Lille. Selon le député Christian Paul, responsable de cet événement, ce "moment" se voulait "très fusionnel", dans une "situation assez dramatique" pour un PS qui souffre de "guerre tribale prolongée". Ségolène Royal et Bertrand Delanoë étaient excusés, mais des "royalistes" étaient là, François Hollande aussi, Arnaud Montebourg et Manuel Valls également.
En vue de 2012, il s'agit d'amorcer le "travail trop longtemps différé au PS de la lecture (...) des transformations de la société", résume Christian Paul. Et d'énumérer: "mondialisation, révolution numérique, chocs écologiques, inquiétudes des jeunes". Il assure que la rencontre n'était "pas dictée par le résultat des élections européennes", et la claque d'un 16,48% pour le PS, talonné par Europe Ecologie. C'est un "point de départ", "un déclic, pas du fast-food (...) à consommer dans l'après-midi", "le PS est au travail", martèle le député de la Nièvre. Les socialistes ont voulu se montrer à l'écoute des Français durant ce séminaire, grâce à des enquêtes, des films sur leurs attentes et les analyses de 1.737 contributions adressées principalement par les militants. Il faut "mettre les Français au coeur de notre projet mais aussi qu'ils nous aident à le préparer et à le mettre ensuite en application", a martelé Martine Aubry. Un Tour de France débutera à la mi-septembre, prévoyant onze déplacements pour Martine Aubry. La patronne du PS doit également envoyer une "lettre aux partis de gauche" pour travailler "sur le projet et la réflexion de la stratégie électorale" pour 2012.
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