Jack Lang sur TF1 le 22 juillet 2008 © TF1Il était resté jusqu'à présent discret sur la crise qui secoue furieusement le PS. Mais l'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand est sorti de sa réserve : dans une interview au Parisien, Jack Lang s'exprime à son tour... dans des termes cruels quoique policés. "Force est de constater que le PS est devenu un arbre sec depuis trop longtemps" estime-t-il. Bien qu'annonçant son "soutien personnel et amical à Martine Aubry", le député du Pas-de-Calais lui demande : "on rêverait surtout que l'équipe dirigeante soit là à plein temps. Que nous ouvrions enfin les portes et les fenêtres à une nouvelle génération".
Pour ce faire, il préconise de "faire entrer des dizaines de milliers d'adhérents en baissant radicalement le prix des cotisations : 1 euro pour les jeunes par exemple". Au passage, il annonce qu'en "fin politique, Nicolas Sarkozy a su s'emparer de certains sujets qui façonnent l'imaginaire collectif et que le PS laisse en jachère".
"Changer ou mourir"
Avant Jack Lang, Arnaud Montebourg avait évoqué lundi un "parti tombé dans le formol". Quant à Manuel Valls, il décoche de nouvelles flèches ce mardi. "Les organisations politiques sont mortelles et si nous ne nous sommes pas capables de nous dépasser, de faire un effort intellectuel, politique sur nous-mêmes, alors oui nous risquons un jour de disparaître", a déclaré l'élu de l'Essonne sur France 2. "Plus la crise au Parti socialiste s'accentue, plus il faut un changement profond, un dépassement, une autre formation".
Des propos prolongeant une tribune publiée le même jour et par le même Manuel Valls dans le Financial Times, dans lequel il affirme que "le Parti socialiste français est aujourd'hui en danger de mort" et que la gauche "s'est progressivement enfermée dans une vision dépassée du monde". Sa tribune, intitulée "Changer ou mourir : le dilemme de la gauche française", est parue en Grande-Bretagne une semaine après la mise en demeure que lui a adressée la Première secrétaire du PS, Martine Aubry. Elle l'a sommé de cesser ses critiques contre son parti ou de le quitter, un ultimatum aussitôt rejeté par le député. "Trois tentatives présidentielles malheureuses et la récente sévère défaite aux européennes prouvent que le parti traverse une crise profonde", analyse-t-il dans le Financial Times. "Le Labour britannique a décliné au pouvoir, les socialistes français ont fait de même dans l'opposition".
Selon lui, il est faux de dire que l'effondrement du PS français est la conséquence de la réussite de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, citant les déficits records de la France, la montée du chômage et une politique fiscale avantageant les plus favorisés. "S'il ne suffit pas de dénoncer les insuffisances de la présidence actuelle, je suis convaincu que l'anti-sarkozysme par réflexe n'entame que la crédibilité de la gauche", estime-t-il. Manuel Valls se dit convaincu que la gauche doit réinventer une doctrine qui lui permettra de poursuivre plusieurs buts à la fois: étendre le choix individuel, protéger les biens publics et "parvenir à une plus grande justice puisqu'il s'est avéré impossible de parvenir à l'égalité". Pour toutes ces raisons, il réitère sa candidature à la présidentielle de 2012 "parce que je veux que la gauche regarde la réalité en face" et répète qu'il faut changer le nom du PS, avouant toutefois qu'il n'a pas encore trouvé d'alternative.
D'après agence
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