Christine Boutin à l'Assemblée en janvier 2009 © LCILe rapprochement entre Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers suscite toujours des remous au sein de la majorité. Le chef de l'Etat, qui se prépare déjà à l'échéance présidentielle de 2012 et oeuvre aux régionales de 2010, a obtenu le ralliement du président du Mouvement pour la France (MPF), ainsi que des chasseurs du parti de Frédéric Nihous, Chasse Pêche Nature et Traditions (CPNT). Philippe de Villiers, connu pour ses positions fermes contre l'Europe de Bruxelles ou sur l'immigration, va rejoindre le comité de liaison de la majorité présidentielle aux côtés des ex-socialistes Eric Besson et Jean-Marie Bockel ou du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin. L'alliance MPF-CPNT a remporté 4,8% des suffrages lors des élections européennes du 7 juin et ce réservoir de voix est un atout pour Nicolas Sarkozy.
Mais cette alliance tactique n'est pas du goût de Christine Boutin."Vouloir mélanger l'eau et le feu, en général, ça ne marche pas très longtemps", déclare-t-elle dans un entretien au Parisien. "Je pense qu'il y a des limites aux choses. A force de tendre la corde, elle finira par rompre", estime la présidente du Parti démocrate-chrétien. "La dimension sociale, qui est très forte chez nous, ne se retrouve pas chez les nouveaux venus. Je suis par exemple favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne suis pas certaine que Villiers le soit", dit-elle. L'ex-ministre du Logement pose ses conditions : "Je n'accepterai pas de ne pas avoir au moins 40 élus aux régionales".
"Rancoeur"
Jean-Claude Gaudin, président du comité de liaison de la majorité, s'est dit surpris mardi par le mouvement d'humeur de Christine Boutin "puisqu'elle assisté à la première réunion constitutive" de ce forum. "Il ne faudrait pas que la rancoeur de ne plus participer au gouvernement pour l'instant fasse prendre des positions qui nous soient globalement hostiles", a-t-il dit sur France Info. "M. de Villiers représente dans le pays une tradition, une position politique qui est intéressante pour nous, et les chasseurs aussi", a expliqué le sénateur-maire UMP de Marseille. "M. de Villiers n'est pas de l'extrême droite, il a toujours été très net vis-à-vis du Front national", a-t-il ajouté, assurant que la majorité présidentielle n'empiéterait jamais sur l'extrême droite.
Le MPF de Philippe de Villiers et le CPNT de Frédéric Nihous siégeront aux côtés du Nouveau Centre d'Hervé Morin, du Parti radical de Jean-Louis Borloo, des Progressistes d'Eric Besson et de la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel. Ce dernier, qui avait estimé la semaine dernière que le ralliement du MPF n'était "ni anodin ni facile", a souhaité mardi sur Europe 1 que l'élargissement de la majorité présidentielle ne se réduise pas à un travail de sape contre l'opposition socialiste. "Je suis favorable à l'élargissement de la majorité, je pense que c'est une bonne idée, mais cet élargissement doit se faire non pas 'contre', contre le Parti socialiste par exemple, mais doit se faire 'pour', pour des propositions, pour une politique de réformes", a dit le secrétaire d'Etat à la Justice et aux Libertés.
(Avec agence)
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