Martine Aubry sera en tête du cortège parisien le 7 septembre prochain. Image d'archives. © REUTERSC'est un court passage dans une longue tribune sur la gauche publiée par Le Monde mais toute l'attention médiatique se concentre sur quelques lignes. Martine Aubry se dit favorable à des "primaires ouvertes" pour désigner en candidat en 2012. Rien de suprenant puisqu'elle s'était déjà prononcée pour ce système dans la motion D qu'elle avait présentée au congrès de Reims en octobre dernier. En juin, dans un courrier adressé aux militants, la première secrétaire avait réitéré sa position sur ce sujet:
"Réinventer la démocratie, c'est changer profondément les pratiques et les règles politiques au sein de notre parti, notamment sur le non-cumul des mandats et sur l'organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat", écrit la premier secrétaire du Parti socialiste, dans cette tribune dont le site internet du Monde publie des extraits. Martine Aubry, qui devrait officialiser sa prise de position à l'ouverture de l'université d'été du PS, vendredi à La Rochelle, ne précise pas cette notion de "primaires ouvertes". Sur la question des alliances, qui fait également débat au sein du PS, elle reste prudente, assurant que "c'est un PS porteur de valeurs et d'idées, modernisé dans son fonctionnement qui doit s'ouvrir à toute la gauche" et que "le projet précédera les alliances, c'est incontournable". Ces derniers jours, les partisans de primaires ouvertes à toute la gauche ont intensifié leur campagne interne.
Processus "inévitable"
Plusieurs personnalités socialistes sceptiques, voire hostiles jusqu'alors, ont apporté leur soutien à une telle présélection en vue de l'élection présidentielle, un processus déjà utilisé par la gauche italienne. L'ancien Premier ministre Laurent Fabius a jugé ce processus "inévitable" et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, fait partie des premiers signataires de l'appel "à une primaire populaire, ouverte au vote des sympathisants" lancé mercredi par la fondation Terra Nova, un cercle de réflexion socialiste. "La primaire est d'abord un élément de la refondation de la gauche", affirme ce texte. "C'est pourquoi nous, citoyens de gauche, demandons au Parti socialiste, ainsi qu'aux autres partis progressistes, d'adopter un système de primaire populaire pour désigner notre candidat à la présidentielle."
Cette tribune de Martine Aubry intervient au lendemain de la publication d'une longue interview de Manuel Valls au magazine L'Express. Ce dernier estime que "la présidentielle se joue maintenant" et qu'il est "temps que la direction du parti prenne conscience de l'urgence". "Nous sommes à deux ans et demi de l'échéance (présidentielle de 2012, ndlr); or il faut au moins deux à trois ans, parfois plus pour préparer cette élection", fait valoir le député-maire d'Evry. Jugeant que les socialistes ont "perdu la bataille du mouvement en 2007", Manuel Valls considère que "si le PS ne s'ouvre pas à la société, s'il considère toute alliance avec le MoDem comme impossible alors qu'il la pratique localement, le risque de fermeture, sinon de sectarisme le guette". "La gauche, ce doit être le progrès, la justice sociale mais aussi l'ouverture d'esprit", ajoute-t-il.
(D'après agence)
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