"Dany" dimanche après l'annonce des résultats © REUTERSAprès leur succès aux élections européennes, les dirigeants d'Europe Ecologie, qui se retrouvent jeudi à Nîmes, se rêvent en force politique durable, une ambition dont le succès sera mesuré lors des régionales de 2010. En juin dernier, le mouvement rassemblant les Verts, les proches de José Bové, de Nicolas Hulot et une myriade d'associations écologistes est arrivé en troisième position, derrière l'UMP et le PS, avec qui il a fait quasiment jeu égal. "On a l'avantage d'être dans une configuration assez positive", estime le nouveau député européen Yannick Jadot pour qui le mouvement né en 2008 est face à un triple défi en 2010. "Il faut maintenant confirmer la dynamique, conforter le rassemblement et travailler à l'élargissement" au sein de la gauche, souligne l'ancien dirigeant de Greenpeace.
A Nîmes, les Journées d'été des Verts, qui se déroulent de jeudi à samedi, ont été rebaptisées "Journée de rassemblement de tous les écologistes". Le dossier de presse qualifie d'ailleurs Europe Ecologie d'"objet politique non identifié en devenir". Pendant l'été, toutes les composantes du mouvement ont discuté de la suite à donner à l'aventure et capitaliser sur les 16,28% des suffrages récoltés lors du scrutin européen. Conclusion temporaire de la réflexion, selon Daniel Cohn-Bendit, figure de proue de la vague verte de juin: "Il faut être à la hauteur de nos désirs".
Pour le chef de file d'Europe Ecologie, interrogé mercredi sur France Inter, la priorité est à la construction d'une structure politique nouvelle, un processus qui durera au moins un an, plus qu'à la préparation des régionales de 2010. "C'est un rendez-vous mais ce n'est pas le seul", a déclaré le député européen, citant comme autre échéance le sommet de Copenhague sur les changements climatiques, en décembre.
Une identité politique différente
Aux européennes, Europe Ecologie, force politique nouvelle ne parlant que d'enjeux européens, a réussi à agréger les déçus du PS et des centristes du MoDem autour du noyau dur du vote écolo. Pour les régionales, dernière élection intermédiaire avant la présidentielle de 2012, l'affaire risque d'être plus compliquée, notamment en raison du mode de scrutin, la proportionnelle à deux tours. Noël Mamère, l'un des quatre élus Verts à l'Assemblée nationale, pense d'ailleurs que cette élection arrive trop vite pour Europe Ecologie, qui n'a pas encore atteint sa maturité. "On va tout faire pour transformer l'essai, mais rien ne dit que chacun ne retournera pas à sa chapelle. La défense d'un siège n'est pas forcément inspirée par les meilleures intentions politiques à long terme", explique l'élu d'Aquitaine.
Les listes seront soumises au vote lors d'une convention d'Europe Ecologie cet automne et seront présentes au premier tour dans toutes les régions. Car, au-delà des régionales, le mouvement écologiste revendique un rôle de premier plan dans la recomposition de la gauche, s'agaçant des velléités "hégémoniques" du PS. Depuis les européennes, "notre poids relatif au sein de la gauche est plus lourd", prévient Yannick Jadot. "La 'gauche plurielle' telle qu'elle existait ne peut plus fonctionner", estime de son côté Daniel Cohn-Bendit. "On n'est pas contre les autres mais on veut affirmer une identité politique différente", a-t-il dit sur France Inter.
Avant la fin du mois, le député européen sera la vedette de plusieurs rencontres socialistes. Samedi, il parlera d'alliance électorale à Marseille à l'invitation de Vincent Peillon, partisan d'une coalition allant des communistes au centre-droit. Cécile Duflot, dirigeante des Verts, assistera de son côté à l'université d'été du Parti socialiste, à La Rochelle la semaine prochaine.
(Avec agence)
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