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Les primaires pour 2012, nouveau casus belli socialiste

le 22 août 2009 à 15h30, mis à jour le 22 août 2009 à 15:48

A quelques jours de la rentrée du parti, les partisans de primaires ouvertes à toute la gauche pour la présidentielle de 2012 donnent de la voix.

Article suivant dans Politique : Au PS, seul DSK évite la baisse
Peillon VallsVincent Peillon avec Manuel Valls, le 5 décembre 2008 © TF1-LCI

Avant la rentrée officielle du Parti socialiste, la question de primaires ouvertes pour désigner  le candidat de la gauche en 2012 divise le PS. Les partisans de ce mode de désignation du candidat du parti aux font pression sur Martine Aubry pour qu'elle en accepter le principe le plus rapidement possible. Or  la dirigeante socialiste n'entend pas discuter de cette question avant les élections régionales, au printemps prochain.
 
Après les défaites de 2002 et 2007, la nécessité d'élargir aux électeurs de  gauche la désignation du champion du parti -pour l'heure confiée aux seuls  militants- a fait son chemin, comme moyen de résoudre la crise du leadership qui  gangrène le parti des éléphants. La première secrétaire Martine Aubry a d'ailleurs confié à Arnaud Montebourg, chargé de la rénovation, le soin d'y travailler, mais son rapport enthousiaste, prônant une consultation ouverte à toute la gauche, est resté dans les cartons. Le calendrier prévu par la direction fixe à juin une Convention où les militants trancheront.
 
Au début des années 70, François Mitterrand avait oeuvré au "programme commun" de la gauche, qui devait contribuer à sa victoire de 1981.  Trente ans, trois présidentielles consécutives perdues et une crise de leadership plus tard, les avocats des primaires estiment qu'un candidat commun à tous les partis est la seule solution pour que la gauche revienne au pouvoir. "Dans ce cycle politique qui commence, c'est la dernière tentative pour nous sauver (...) C'est une question de vie ou de mort", a prévenu Manuel Valls, l'un des orateurs du débat organisé à Marseille par le courant du PS dirigé par Vincent Peillon, l'Espoir à gauche.

"Pas une position réaliste"
 
Au PS, le débat sur les primaires est principalement animé par des anciens partisans de Ségolène Royal lors de la présidentielle de 2007 et des "quadras" soupçonnés de vouloir en faire un instrument pour se débarrasser de la vieille garde. Mais l'engagement, samedi sur RTL, de Bertrand Delanoë, très sceptique jusqu'alors, est venu démentir tout combat de chapelle ou de génération. "Il faut ouvrir les portes et les fenêtres et inviter tous les citoyens de gauche à réfléchir avec nous" à la question du leader, a dit le maire de Paris, qui se prononce pour des primaires ouvertes "le plus rapidement possible" et un travail en parallèle sur le projet de la gauche.
 
"Il y a la tentation de faire des primaires le talisman unique, le sésame de  la transformation de la gauche", avertit cependant le député Christian Paul, relayant le point de vue de la direction. Se disant "profondément partisan des primaires", il s'oppose à un "agenda  surréaliste et forcé" qui "n'entraînerait pas suffisamment d'adhésion et  pourrait finir par tuer une belle idée". Pour désigner le candidat unique de toute la gauche, il faut convaincre les  partenaires. "Personne ne dictera aux Verts le fait de mettre au pot commun avec  les socialistes la désignation de leur candidat", dit l'élu de Nièvre, estimant  qu'il faut travailler à la fois "sur le projet, la question des alliances et les  primaires".
 
Mais certains ne sont vraiment pas convaincus par l'idée de primaires ouvertes, notamment dans l'entourage de Laurent Fabius: "des primaires  générales pour désigner le candidat unique de toute la gauche n'est pas une  position réaliste, parce qu'on voit bien que les autres n'en veulent pas",  souligne l'eurodéputé Henri Weber. "En revanche, faire désigner le candidat socialiste par un collège électoral  plus large que celui des simples adhérents à jour de cotisation me paraît tout à  fait légitime", dit-il en proposant d'ouvrir le scrutin aux électeurs  socialistes. "Faisons des primaires, mais ouvertes aux socialistes". D'autres ténors, comme François Hollande ou Harlem Désir avaient également émis des réserves sur des primaires ouvertes.

 

(D'après agence)

le 22 août 2009 à 15:30
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