Martine Aubry et Cécile Duflot, à La Rochelle le 29 août 2009 © TF1-LCILa vedette n'était pas socialiste samedi à l'université d'été du PS à La Rochelle, au lendemain du bouquet d'annonces faites par Martine Aubry (lire notre article). La grande vedette du jour, c'était Cécile Duflot. Il n'y en avait que pour la secrétaire nationale des Verts qu'il fallait bichonner. Et qui en a profiter pour... ne pas bichonner ses "amis" socialistes. Après un tête-à-tête avec Martine Aubry, alors que les Verts s'apprêtent à avoir des listes autonomes aux régionales, Cécile Duflot a lancé, devant une salle pleine de militants, dont Martine Aubry, au premier rang, un cinglant : "vous dites : ‘de toute façon, c'est pas grave les Européennes, demain vous serez là, parce que c'est bien les écologistes mais c'est pas crédible pour gouverner voire même pour présider des régions" (voir la vidéo). Voilà pour ces socialistes trop dédaigneux pour elle. Puis est venu le tour de Ségolène Royal.
Duflot dérape sur le "négationnisme" climatique et se rattrape
La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a dénoncé dimanche "le négationnisme climatique" avant de corriger son propos, "sûrement maladroit".
Publié le 15/11/2009
Cécile Duflot a dénoncé les dirigeants politiques qui contestent la fiscalité écologique, visant indirectement Ségolène Royal. Puisque la présidente du Poitou-Charentes a demandé, vendredi lors de son discours d'ouverture de l'université d'été, le retrait de la future taxe carbone dont l'entrée en vigueur est prévue en 2010, un impôt selon elle "absurde, injuste et historiquement décalé dans le temps". Point du tout, répond vertement Cécile Duflot.
Royal isolée sur la taxe carbone
"Toutes celles et tous ceux qui s'aventurent à critiquer dans son principe et dans ses fondements la fiscalité écologique ne sont que des démagogues déconnectés de la réalité", a-t-elle lancé, là encore devant les militants socialistes. "Cette Contribution climat-énergie doit être la première pierre d'une nouvelle redistribution, d'un nouveau partage des risques parce que ceux qui polluent le plus ce ne sont pas les plus démunis", a-t-elle ajouté.
La position exprimée par Ségolène Royal tranche avec celle du Parti socialiste, qui a soutenu, quoique du bout des lèvres, les conclusions de la commission Rocard chargée de jeter les bases de la Contribution climat-énergie. "Nous sommes totalement favorables et nous demandons une taxe climat énergie qui touche toutes les formes d'énergie, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui dans ce que prépare le gouvernement", a d'ailleurs expliqué samedi le Premier secrétaire du PS. "Comme les Verts, nous pensons qu'il ne suffit pas de sanctionner fiscalement, même s'il faut le faire, mais il faut surtout mettre en place des politiques qui permettent de consommer différemment", a-t-elle ajouté après la sortie de Cécile Duflot.
Le camp Royal se rebiffe
Aux accusations de Cécile Duflot, l'entourage de Ségolène Royal répond en démentant toute démagogie ou erreur stratégique et rappelle que dans son "pacte présidentiel" de 2007, Ségolène Royal posait des conditions pour soutenir la taxe carbone. Elle exigeait notamment que le produit de cette taxe soit affecté au développement des transports en commun. "Je n'ai jamais pensé que l'écologie devait se défendre par la punition", avait redit vendredi l'ancienne candidate à la présidentielle, en réclamant que la priorité soit donnée au développement des technologies propres, comme la voiture électrique. "De quel droit un gouvernement va-t-il assommer d'impôts des familles alors qu'elles n'auront même pas le libre choix de rouler propre ?", avait-elle demandé.
"Ségolène Royal n'a pas de leçons d'écologie à recevoir", a répondu la député Delphine Batho. "On peut être viscéralement écologiste sans être pour l'impôt Sarkozy qui ne correspond pas du tout à la fiscalité écologique que la gauche et les écolos appellent de leurs vœux depuis longtemps", a ajouté l'élue des Deux-Sèvres. "Cette taxe est inacceptable et dans cette affaire l'écologie est un prétexte."
Selon nos informations, la n°1 du PS tranchera dans le débat qui agite La Rochelle en faveur de la taxe énergie climat et le dira lors de son discours de clôture dimanche. La direction du PS souhaite compléter cette taxe par des mesures de redistribution, notamment en faveur des ménages modestes. Cela pourrait être sous la forme de "chèque vert".
| Pour Cohn-Bendit, Royal est "à l'est" |
Daniel Cohn-Bendit a qualifié dimanche de "ridicule" et "aberrant" le point de vue de Ségolène Royal sur le projet de taxe carbone, qualifiée vendredi par la présidente PS de Poitou-Charentes d'"impôt injuste". "Elle est à l'est avec ce qu'elle a dit !", a lancé le leader d'Europe-écologie sur Europe 1. Il a averti que cela pourrait être un obstacle à une participation de son camp aux primaires : "Si voter pour les primaires c'est dire : la contribution climat-énergie, on n'en veut pas, c'est complètement idiot, on ne peut pas y participer", car "nous croyons que la fiscalité écologique est une nécessité, une urgence", a poursuivi Daniel Cohn-Bendit. "C'est Ségolène Royal qui pendant toute la campagne électorale nous a dit : l'ordre juste, avec les punitions nécessaires et qui aujourd'hui, se fait le chantre d'un néo-libéralisme du comportement ! C'est aberrant. Il faut une réglementation", a-t-il poursuivi. La position de Ségolène Royal n'interdit cependant pas, aux yeux du leader Verts, un accord avec elle aux régionales. Mais "ça veut dire qu'en Poitou-Charentes, il faut qu'Europe-écologie soit très forte, pour imposer une autre manière de voir la chose". |
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