Daniel Cohn-Bendit à Nîmes le 20 août 2009 © LCIDany en Une de Libé à la cool dans son hamac. Avant les vacances, il était la nouvelle star de la politique française après son carton aux européennes. A peine l'été terminé, il reprend son statut de coqueluche des médias. Au point de faire oublier qu'il existe un parti vert en France, qui faisait traditionnellement sa rentrée lors d'une université d'été. Mais cette année, celle des écologistes est avant tout celle d'Europe Ecologie, cette nébuleuse à succès qui regroupe les amis de Daniel Cohn-Bendit, de José Bové, de Nicolas Hulot et bien sûr les Verts de Cécile Duflot. Sur l'affiche des journées d'été à Nîmes, le logo du vieux parti écolo est tout petit en bas à droite.
Et dans la presse, c'est le député européen franco-allemand qui se charge de porter la bonne parole écologiste et surtout d'éclaircir un peu les objectifs de ce nouveau rassemblement, notamment pour les régionales de mars prochain. Aux dires de certains participants, ce sont en effet les têtes pensantes d'Europe Ecologie qui assurent le message politique de cette rentrée, les Verts n'étant chargés que de la logistique de ces universités d'été.
Europe Ecologie veut-elle grandir indépendamment de la gauche ou de la droite ? Non. Daniel Cohn-Bendit le dit clairement à Reuters : "il faut répondre aux angoisses de la société française pour qu'elle ne se laisse pas toujours attirer par la droite". En clair, les écologistes appartiennent toujours politiquement au vaste camp de la gauche et n'ont pas vocation à faire des alliances avec l'UMP. Et s'ils sont bien décidés à partir seuls au 1er tour dans quasiment toutes les 22 régions françaises, ils sont favorables à des alliances au 2nd tour avec le PS pour continuer à diriger ensemble mais en obtenant le maximum de conseillers régionaux. Une classique histoire de rapport de forces.
Quelle est la finalité politique d'Europe Ecologie ? Cet ovni dans le paysage politique français a pu surprendre mais les créateurs de ce rassemblement ont leur petite idée derrière la tête. Ils sont persuadés, et Daniel Cohn-Bendit le premier, que le PS est aujourd'hui trop malade pour être le seul pivot d'une future majorité alternative à Nicolas Sarkozy. Conséquence, ils veulent faire de l'écologie politique un outil de transformation de la gauche française. "La transformation de la gauche ne passe pas par des accords d'appareil mais par des changements dans le peuple de gauche", estime-t-il. A ses yeux, comme dans le reste des pays européens, ce qui se joue, c'est le passage de la social-démocratie du XXe siècle à l'écologie politique du XXIe siècle.
De quoi doit parler Europe Ecologie ? De tout et pas seulement des problèmes d'environnement. "Aujourd'hui, la droite ne répond pas aux crises, à toutes les crises, mais elle est en phase avec la société. On n'arrivera à changer cela que si la gauche se remet en phase avec toute la société", plaide le député européen. "Europe Ecologie doit répondre aussi bien aux questions d'environnement, d'économie que sur les problèmes de l'immigration, de l'enseignement ou de la sécurité", dit-il.
Comment va s'organiser Europe Ecologie ? Parce que "les solutions ça ne se trouve pas dans les serres", ce rassemblement, dont font partie les Verts, les amis de José Bové et de Nicolas Hulot ainsi qu'une myriade d'associations environnementales, va se structurer. Le principe d'une adhésion au "Réseau Europe Ecologie", jusqu'alors nébuleuse sans structure, a été acté à Nîmes. La double appartenance sera autorisée: les syndicalistes ou les militants des Verts pourront prendre leur carte. Le mouvement lancera des ateliers de réflexion à l'automne en parallèle à la rédaction des projets pour les régionales.
Quel va être le rôle de Daniel Cohn-Bendit jusqu'aux régionales ? " Celui d'animateur", répond-il. "Je ne ferai pas 22 meetings dans les 22 régions (...). Je continue à faire de la politique mais je ne serai plus candidat à rien" a-t-il affirmé à Libération. Et de répéter depuis des mois qu'il n'est pas du tout intéressé par une éventuelle candidature à la présidentielle. "Vraiment ce n'est pas mon truc", confiait-il à LCI.fr en mai dernier dans l'émission "Rendez-vous". J'aime trop la vie".
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