Eric Woerth/Image d'archives © AbacaLa Fête de l'Huma ne réussit décidément pas au gouvernement. Dernière recrue de "l'ouverture" chère à Nicolas Sarkozy, Frédéric Mitterrand avait été accueilli samedi à la Courneuve par les huées et les insultes, traité de "vendu" notamment (lire notre article). Rien de tel pour Martine Aubry. A part quelques vagues sifflets et cris réclamant "à gauche, vraiment à gauche", "pas d'union avec le MoDem !", elle a été reçue dimanche avec les sourires de la foule (lire notre article). Est venu le tour du ministre du Budget et de la Fonction publique. Cette fois, pas d'insultes comme pour le ministre de la Culture. Mais de nouveaux sifflets, de nouvelles huées, et une nouvelle réponse d'un ministre venu à la Courneuve.
Arrivé vers 17h, Eric Woerth a été accueilli par une trentaine de militants, dont beaucoup arboraient des autocollants du NPA d'Olivier Besancenot, qui se sont mis à crier "dehors le gouvernement", "dehors la droite", "à bas le gouvernement". Certains ont lancé : "c'est lui qui casse les services public, c'est lui qui privatise La Poste". Un pot de yaourt a été lancé en direction de la tribune, sans atteindre Eric Woerth, resté impassible sur sa chaise.
"Je m'attendais à cela, je ne suis pas déçu du tout"
Eric Woerth est, peu après, apparu à la tribune de l'Agora de L'Humanité pour participer à un débat intitulé "comment sortir de la crise ?". Le débat a été perturbé, les militants continuant à siffler et huer le ministre qui semblait impassible sur sa chaise. "Licencieur, licencieur", criaient-ils. Au premier rang, une militante communiste a assuré : "nous on est communistes, on veut débattre. Si on ne parle pas avec les gens avec qui on n'est pas d'accord, ça ne sert à rien !". A la prise de parole du ministre, les sifflets ont redoublé. Eric Woerth a alors affirmé : "les débats des idées, c'est important. C'est parce qu'on n'est pas d'accord que le débat doit avoir lieu". "Je ne crois pas à la démocratie des sifflets, je crois à la démocratie des urnes et des échanges d'idées", a-t-il poursuivi avant de développer ses arguments sur la lutte contre la crise.
Mais finalement, le débat a été annulé au bout d'une demi-heure après une déclaration de Roland Muzeau, député PCF. "Ce débat, des centaines de militants vont regretter de ne pas l'avoir eu", a-t-il dit, sous les applaudissements de la salle. "Ce n'est pas à votre honneur", a-t-il lancé à l'adresse des dizaines de militants perturbateurs réunis au fond de l'Agora. Eric Woerth a alors "remercié L'Humanité" de l'avoir invité, assurant être "venu dans un esprit ouvert pour débattre". Le débat annulé, les militants, jeunes pour la plupart, se sont mis à entonner L'Internationale.
Devant des journalistes, le ministre a ensuite ironisé sur ces "olibrius" : "je m'attendais à cela, je ne suis pas déçu du tout", "je suis sûr que je les ai convaincus". "On est en face de gens qui n'ont pas envie d'écouter mais c'est très peu de gens, je ne mets pas en cause du tout les invités de L'Humanité", a-t-il conclu, avant de regagner sa voiture. Pas rancunier, Eric Woerth s'est ensuite dit, sur BFM/TV, "prêt à revenir" à la Fête de l'Humanité. "Ça a été un peu difficile", a-t-il reconnu mais "si je suis invité l'année prochaine, je suis prêt à revenir".
| Record d'affluence avec 600.000 personnes en 3 jours |
La Fête de L'Humanité qui s'achève dimanche après trois jours de débats et de concerts, avec en vedette le très engagé Manu Chao, a battu un "record" d'affluence avec 600.000 personnes, a indiqué le directeur du journal communiste, Patrick Le Hyaric. L'an dernier, 500.000 personnes s'étaient rendues sur le site de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). |
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